Les dessous de Veronica

20 février 2007 à 22:58

J’avais été charmée, ravie, enchantée par le pilote de Veronica Mars lorsque je l’avais vu. Le personnage m’a plu, l’intrigue m’a plu, bref, je me pensais acquise à la cause. Et d’ailleurs je l’ai été assidûment lorsque j’ai regardé les, disons, douze premiers épisodes ? Quelque chose comme.

Et puis, le drame s’est produit : j’ai été dans l’impossibilité (technique) de regarder la suite pendant plusieurs mois. Et comme on s’y attend, lorsque j’ai pu le faire, l’envie m’en était totalement passée. D’autres séries étaient arrivées depuis certes, mais surtout, bien que ne revenant pas sur les qualités que je lui avais trouvées, Verocynica ne m’attirait plus tellement. Je n’ai jamais rattrapé vraiment mon retard. Comme 24 ou LOST, cette série est sans doute perdue pour la cause à présent que j’ai décroché, ce ne sera plus jamais pareil. Je n’essaye même pas de recoller les morceaux, je sais que c’est peine perdue.

Il y a trois mois environ, j’ai quand même dépoussiéré mes archives pour montrer le pilote à mon homme. Il n’était pas spécialement enthousiaste. Ironiquement, je n’ai pas compris comment il a pu ne pas en exiger un second épisode et se contenter d’un « ouais, pas mal », puis passer à autre chose. Mais je n’allais pas insister, vu que moi-même, je n’étais plus capable d’en penser autre chose à présent.

Pourtant aujourd’hui, le voilà qui saute sur ses deux pieds à 18h50 tapantes « eh, ya le second épisode de Veronica Mars ! ». Moi, circonspecte : « euh, c’était pas ya une heure ? ». Puis : « tu te rappelles du pilote au moins ? ». Mais il a insisté. Et c’est vrai que c’est sympa. Mais la magie est partie.

Je vois à présent la série sous un autre angle. Regarder cette pauvre Veronica, réduite en esclavage par son père qui lui donne des missions sans la rémunérer, à effectuer sur ses heures de cours, en plus, voilà un exemple flagrant que la magie m’a lâchement abandonnée ! On est quand même en train de cautionner le travail des enfants, d’une certaine façon ! Alors oui, à partir de 16 ans, les jeunes font des petits boulots, vaut mieux être détective privé que serveuse au fast food, mais là encore, j’insiste, elle touche pas un rond, la petite ! Et pour être détective privé, faut quand même un certain nombre d’accréditations, tout ça… Mouais, finalement, elle est pas claire, cette série !

Ca ne me dérangerait pas de regarder les épisodes suivants, mais je crois que la diffusion de M6 est à l’image de la consommation que j’en ferais : regarder régulièrement, oui, mais il n’est plus question pour moi de ressentir tellement d’enthousiasme à propos de la série et d’en faire un rendez-vous majeur de ma téléphagie. C’est assez dramatique parce que la plupart des gens qui regarderont Veronica Mars en quotidienne sur M6 n’auront pas déjà vu la série auparavant… j’espère donc que tout le monde n’aura pas le même regard désabusé que moi sur ce « petit divertissement » sympathique, mais sans plus, regard que la diffusion actuelle n’aide pas à changer. Certes, la VF est à classer parmi les ratées du genre (voix mal choisies, notamment pour le rôle titre et son pater, doublage extrêmement peu rythmé, impression de vide que n’avait pas la VO…) mais ça n’est pas tout.
Y a-t-il ou aura-t-il des spectateurs capables de s’enflammer pour Veronica Mars dans ce contexte ? Pour tomber sous le charme de la série et ne manquer aucun épisode, follement intéressé par les répliques cinglantes, essayer de comprendre le meurtre de Lilly Kane, de rire des enquêtes souvent bizarres menées par l’agence Mars ? (j’ai encore en mémoire celle qui se déroulait dans une secte…) J’avoue que je ne sais pas trop comment c’est possible. J’ai oublié comment on fait. Pourtant je sais que ç’a été mon cas à un moment…

En tous cas, mon conseil : ne laissez pas passer un épisode. Vous risqueriez de descendre du train en marche.

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

3 commentaires

  1. Scarlett dit :

    C’est vrai que la diffusion quotidienne à 18h50 est selon moi un mauvais choix pour une série de ce genre où on sent bien que si on manque un épisode, on risque de louper un truc important pour l’intrigue de fond…

    Oui, car les téléspectateurs n’ont pas toujours la possibilité d’être chez eux tous les jours à 18h50 !

    Imaginez que 24 ait été diffusé comme ça ! Impensable !

  2. Nakayomi dit :

    C’est un peu dommage ce désenchantement vis à vis de la série (même si j’avoue que la vision ironique qu’on peut en avoir est excellent) parce que finalement, elle possède un certain charme, un fond travaillé et une intrigue qui tient en haleine…

    Après, la diffusion quotidienne est à double-tranchant. Vous aurez toujours des personnes ravies de pouvoir suivre rapidement cette saison (et peut-être pourquoi pas la seconde)… Et je crois que si je ne l’avais pas déjà vue, j’aurai été content (pas de risque de trop perdre le fil des choses finalement), après, c’est aussi un sacerdoce (je le sais, j’ai suivi Jeremiah de cette manière sur France 4 !).

  3. Skywalker dit :

    Dommage en effet d’autant que la résolution du meurtre de Lily t’aurait sans doute enchanté lady.

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