Suprême félicité

28 mars 2007 à 17:06

Parfois on tombe sur un pilote par le plus grand des hasards. Il y a moins de 24h, je ne savais même pas que j’aurais sous la main le pilote de Felicity, que j’avais loupé à l’époque de la diffusion sur TF1, prenant le train en cours de marche la semaine suivante.

Pour moi, jusqu’à il y a donc quelques heures encore, Felicity représentait avant tout la découverte du très consommable Scott Foley (je suis toujours contente de le retrouver depuis, ailleurs… même dans le daubesque The Unit, si-si, il a le droit de se nourrir ce petit !), celle dans une moindre mesure de Jennifer Garner (dont je me rappelle, lors de l’épisode où elle est apparue pour la première fois, celui de Thanksgiving pour autant que je me souvienne, avoir pensé « eh c’est pas la petite inconnue qui était fan de billard dans Le Caméléon ?! »… le temps a passé !), et enfin un générique que j’affectionne toujours, de par sa simplicité et son élégance. C’était aussi, bien-sûr, cette série estropiée par TF1 qui un beau soir, nous a brutalement balancé, à la fin d’un épisode, sans prévenir : « la semaine prochaine, découvrez Dawson, la série qui a réveillé l’Amérique » (pour l’Amérique, je sais pas trop, mais sur moi cette série a plutôt eu l’effet inverse ; ‘comprendrai jamais)… et sur TF1, plus jamais on n’a revu notre petite frisée. Vous voyez, il m’en restait un petit quelque chose. Mais pas l’essentiel.

Car oui, Felicity, c’est bien-sûr aussi des intrigues amoureuses : Ben ou Noel ?
Eh oui mais Ben n’est pas vraiment open. Et Noel est bien gentil, mais il est pris.

Mais fort heureusement et surtout, c’est l’histoire d’une jeune fille qui devient une jeune femme, parce que sans le savoir elle a fait le choix d’avancer dans la vie, en partant ainsi à l’autre bout du pays pour suivre un garçon auquel elle n’a parlé qu’une fois pendant tout le lycée. La décision la plus dingue qu’elle ait pris de toute sa vie (la seule, d’ailleurs, selon elle) est certainement la meilleure qu’elle pouvait prendre. Sauf que, oui, la route est dure, la route est longue, mais vu là où elle mène, c’est sans conteste le meilleur choix.

Là où nombre de saisons ou séries finissent sur une cérémonie de remise de diplômes, Felicity, au contraire, s’ouvre sur cet évènement. Là où dans chaque série passée par ce moment de la vie des ados (c’est dire si elles sont nombreuses) nous promet que ce n’est le début alors qu’on sait pertinemment qu’on sera séparés des personnages pendant minimum trois mois (ou carrément définitivement), Felicity tient cette promesse : les choses ne font réellement que commencer. Non seulement la série commence, mais l’éveil de Felicity est là, au bout de cette cérémonie qui la laisse de marbre, il est dans quelques mots que Ben, l’obsession amoureuse de sa vie d’adolescente, va écrire dans son livre-souvenir,  et il la conduira jusqu’à New York pour qu’elle se révèle à elle-même.

Oscillant entre teenageries (rappelez-vous, c’était ça qui alimentait le budget des chaînes à l’époque !) et moments de grâce, Felicity est un peu comme nous tous lorsque nous avons commencé à grandir : une quête un peu malgré nous, un peu à cause de nous, un peu parce que nous y aspirions.

Notre Felicity a fait quelques milliers de kilomètres mais elle est déjà très loin de celle qu’elle était quelques mois plus tôt : la fin du pilote montre le dîner avec ses parents, sûrs que ce n’était qu’une phase et que leur fille va comprendre qu’ils avaient raison. Leur condescendance (tu as fait une bêtise, nous allons tout régler et ça rentrera dans l’ordre) n’est pas armée de mauvaises intentions, mais elle met la jeune fille face à elle-même : c’est risqué de prendre une telle décision, elle a sans doute été prise sur le vif et sans trop réfléchir, mais c’est la bonne, et surtout, c’est la sienne et tout ce qu’elle fera à présent sera bien à elle.

Notre héroïne au beau regard limpide est encore réservée, mais quelque chose dans son regard s’allume au moment où elle comprend que sa vie ne peut lui appartenir que si elle fait ce choix un peu étrange, un peu risqué, et un peu inquiétant, de changer du tout au tout et de se faire à sa nouvelle vie d’étudiante à New York.

On a beau ne plus être ado, et ne plus en passer par là, on ne peut tout de même qu’être touché par les possibilités d’un tel parcours. Et touché par la douceur, la gentillesse, la pureté de Felicity. Et on ne peut qu’avoir envie de suivre un peu de son chemin.

C’est quand même vachement ironique que je tombe sur le pilote de Felicity et en apprécie ces qualités précises, après avoir vu le si négligeable October Road pas plus tard qu’hier. Ou bien il y a un Dieu des séries télé qui veille sur nous, quelque part ?

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

2 commentaires

  1. Nakayomi dit :

    Cut

    C’est marrant parce que je n’ai jamais lu de choses attirantes sur la série… Tout ce que je connais d’elle, c’est l’affaire Keri Russell qui a fait trembler toutes les coupes de cheveux féminines des stars de séries… Quelque part, tu rétablis la balance cosmique (même si pour le coup, ça me donne pas plus envie d’y jeter un oeil… lol).

  2. Shopgirl dit :

    Oh my god, encore un choc !

    Je me souviens avoir regardé les débuts de la série mais TF1 a bien vite stoppé la diffusion de ce qui aurait pu être de mes séries préférées.

    Je me souviens même avoir eu un roman de la série où Felicity tenait un journal faut que je le retrouve …

    Merci pour cette douce plongée dans le passé .

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