Quand je serai grande, je serai télévisionnaire !

29 juin 2007 à 19:21

Tout téléphage qui se trouve être dans le circuit depuis un bon bout de temps (la location d’un local où stocker ses enregistrements, l’acquisition d’une troisième télé ou une tendance au savoir encyclopédique comptant parmi les symptômes les plus courants) finit, un jour ou l’autre, par se surprendre à rêver de sa propre série télé, qu’il s’agisse d’un spin off, d’une continuation d’une série tombée au combat, d’une variation sur sa franchise favorite ou encore d’un histoire totalement neuve.

Ca peut commencer par hasard. Un personnage que vous aimez bien prend une décision complètement stupide et dénuée de sens, et vous commencez à caresser l’idée d’une trajectoire alternative. Ou bien en regardant un téléfilm complètement quelconque en faisant votre ménage, un point bien particulier du scénario vous semble plutôt prometteur. Ou encore, votre second couteau favori est au chômage depuis trop longtemps à votre goût et vous fantasmez sur une façon de le réintroduire dans la vie trépidante des stars de séries… Les opportunités sont multiples et si je continuais à les énumérer, on en aurait pour des heures.
Cela dit je ne connais pas un téléphage assidu (un vrai, pas une victime de la mode tel est son nom de code, ni un kikoolol de la télécommande) qui n’y a pas songé ne serait-ce qu’une fois, qui n’a pas un petit synopsis dans un coin, ou le début d’une fan fiction sur un cahier écorné, ou encore une petite liste de nom pour un cast idéal…

Le premier mouvement est souvent de vouloir prolonger l’effet qu’une série a eu sur nous : soit en reprenant des recettes identiques, soit en la prolongeant purement et simplement (pourquoi plagier quand on peut faire autrement ?). Par la suite, la frustration de ne pouvoir réellement réaliser ce fantasme de téléphage, ainsi qu’une bonne habitude des grilles, permet de s’émanciper de cette idée. Oui, écrire Dawn the Vampire Slayer, ça peut être sympa, mais Michelle Trachtenberg ne va pas s’arrêter de grandir tandis que vous lui écrirez sempiternellement une sortie d’adolescence houleuse (elle devrait avoir honte de ne pas attendre pour grandir que vous trouviez les appuis nécessaires à la réalisation de ce projet !!!). Et puis de toutes façons, sauf cas très exceptionnels, ce genre de spin offs est simplement invendable à une chaîne qui aurait toute sa tête.

Il vient alors de lui-même, ou vous vous mettez à sa recherche assidûment : LE concept original est alors votre plan B. La technique a changé, puisque vous testez vos idées sur vos interlocuteurs, même s’ils ne sont pas téléphages (surtout !!! plus on touchera d’audience, mieux c’est !!!). Il vous arrive de passer vos heures dans les transports, le matin, le soir, souvent les deux, à imaginer votre générique (le CD tourne en ce moment-même sur votre lecteur iPod), ou trouver le mots justes pour votre dialogue d’ouverture. Une scène d’esposition, on n’a la chance que d’en faire une par série, attention…

Evidemment, bien que vous y mettiez de l’ardeur, que vous pensiez à tous les détails y compris sur le plan du budget et dur marketing (Jack pourrait adorer appeler sa mère, ça permettrait à une marque de téléphones portables de subventionner le show parce qu’on verrait sans arrêt le portable à l’écran !), que vous soyiez particulièrement attentif à écrire votre Bible en français ET en anglais, ça n’arrivera jamais. Déjà, vous n’êtes pas né dans le bon pays, autant regarder la réalité en face. Ensuite même en ayant vu le jour outre-Atlantique, ce ne serait pas gagné non plus : comme souvent, beaucoup d’appelés et peu d’élus dans ce domaine.

Néanmoins, régulièrement, des articles, des interviews, des séries faisant leur apparition çà et là, entretiennent ce rêve fou d’un jour, écrire votre propre série grâce à quelques épatantes success stories.
Faut-il se résoudre à ce que Patrick, Benoît et Caroline ne paraissent jamais à l’écran ? Les Pussycat Dolls n’auront-elles donc pas la chance de décrocher un contrat pour le générique d’une série dramatique ? HBO devra-t-elle se passer de vos services ? Ce serait terriblement dommage. Ce serait terriblement déprimant. Ce serait terriblement probable.

En France, on se demande régulièrement ce qu’on peut faire pour améliorer la qualité des séries françaises. Encourager chaque téléphage sentant germer en lui la graine du scénarisme est peut-être un début…
Bon alors, du coup, évidemment, vous ne trouverez nulle part dans ce post un indice sur mes brouillons à moi (même si, je crois, il en reste une trace quelque part dans les fins fonds du net). Pas folle la guèpe… on sait jamais, des fois que la roue tourne !

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2 commentaires

  1. Heather dit :

    Je ne sais pas si le problème en France vient réellement de la culture séries des scénaristes. Souvent, dans les interviews qu’ils donnent, ils parlent des restrictions imposées par les chaînes. Je pense que les scénaristes sont plus avancées sur le plan de l’appréhension des fictions que les chaînes qui diffusent leurs programmes, peut-être plus frileuses, plus hésitantes…

    Sinon, dans ta description, je reconnais mes vieux carnets à spirales cornés d’une autre époque, les trames scénaristiques des épisodes que j’ai toujours rêvé de voir dans telles ou telles séries mais que personne n’a jamais concrétisé, des scènes reécrites ou des univers inconnus qui s’esquissent timidement.
    Mais l’ère de la technologie a rompu cette communion entre le papier et le crayon, les multiples ratures et la gomme qui passe et repasse sur un texte éternellement perfectible : tout est sur ordi portable désormais…

  2. Shopgirl dit :

    C’est tellement juste que j’en ai le sourire jusq’aux oreilles !

    Des idées nées de moments de rêverie, des éclairs de génie notés sur papier pour une éventuelle fan fic…

    On a tous eu notre idée de génie. Avec le cast et la musique.

    On a tous réecrit une scène dans notre tête, refait les dialogues.

    C’est une folie douce qu’être sériephile mais c’est si bon …

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