Heureusement qu’il y a la colère

11 novembre 2007 à 21:09

Le cafard s’arrête ce soir. C’est décidé et je n’y reviendrai pas ! Je vais pas me laisser miner par une rupture, il est fini ce temps-là.

Clairement, j’ai passé mon week end à essayer de m’occuper l’esprit pour ne pas déprimer, et en général chaque phase où je m’occupe est précédée d’une autre pendant laquelle j’essaye de trouver quelque chose à faire. Ce qui se résume souvent ainsi : « Et si je regardais quelque chose à la télé ? …oh non, ya rien qui soit dans le ton. Et si je faisais une news sur mon site ? …oh non, ya pas de chanson dans l’ambiance à écouter en ce moment. » Etc. J’ai donc perdu pas mal de temps à cafarder ce week end, à essayer de trouver quelque chose qui soit dans la même humeur que moi pour pouvoir m’y défouler, mais rien à faire. Et quand on est démotivé, c’est encore plus dur de trouver l’inspiration, d’ailleurs je suis sûre que des séries ou des chansons qui soient à la fois désespérées et pleines de rage, il doit y en avoir, y compris dans les sorties récentes, simplement je n’ai pas l’énergie de chercher, voilà tout.

Je décrète donc qu’à partir de demain, j’arrête tout ça. Je m’endurcis un peu (comme promis), j’envoie paître toute cette histoire, je tourne la page et je passe à autre chose. Lorsque mon contrat actuel sera fini la semaine prochaine, il est absolument hors de question que cette histoire me bouffe la vie.

Je suis tombée sur un mec avec une queue mais pas de couilles ? Et alors, genre c’est le premier !
Ils sont tous comme ça. Ils veulent vivre leur vie de leur côté mais aussi avoir une petite amie. Ils veulent une poupée gonflable qui parle. Qu’on peut ranger dans l’armoire et puis ressortir lorsqu’on en a marre d’être seul. Et puis surtout, se dire qu’il y a du sentiment derrière pour ne pas trop se dégoûter soi-même. La belle affaire, comme si c’était le premier de cette espèce.
On va pas y passer la nuit. Je refuse de me laisser bouffer une fois de plus par des histoires de coeur.

De toutes façons c’est bien simple, il y a tellement de colère et de déception dans mon coeur que j’ai même pas envie de pleurer. C’est ça qui est bien dans cette rupture, c’est qu’il n’y a pas que de la tristesse : il y a le sentiment de trahison et tout ce qui s’en suit, c’est super pratique pour ne pas se laisser démonter.

Du coup au lieu d’être super triste et de passer mon temps à chialer, je suis furieuse et ça se passe drôlement mieux pour moi. Je bouillonne de colère, et c’est sans doute aussi la raison pour laquelle j’ai du mal à trouver une activité, le week end, où je puisse à la fois laisser exprimer cette colère en même temps que ma tristesse. Mais bon, à choisir, ça vaut mieux que de se morfondre. J’aime mieux que ça se passe comme ça plutôt que les fois précédentes où j’étais complètement défaite, démontée, déglinguée, vous voyez le tableau.

Evidemment, en dépit de ma rage, je ne suis évidemment pas dans un état idyllique, la tristesse, la déception et tout ça, ça n’a évidemment pas disparu. Mais ça passe quand même beaucoup mieux que s’il n’y avait pas la colère pour jouer les cache-misère. Je me demande comme il le prend… s’il a envie qu’on en reparle pour poser les choses à plat et essayer de conserver un semblant d’amitié, ou s’il a des regrets, ou s’il veut qu’au contraire on parachève le travail et que je disparaisse définitivement de sa vie.

En même temps, j’arrête pas de me dire que c’est moi qui ai rompu, mais que c’est lui qui est parti. Dans le fond, il n’arien fait pour qu’on reste ensemble. C’est donc un signe de ce qu’il veut. Il doit finalement très bien le vivre, et peut-être même être bien content que j’ai eu le cran de rompre alors que lui n’a pas eu les couilles de le faire. Evidemment il n’aura plus de copine pour les rares fois où ça l’arrangeait d’en avoir une, mais bon qu’est-ce qu’une copine comparée au confort de n’avoir plus d’attache ? Il voulait son indépendance, c’est exactement ce qu’il a eu, il doit être ravi. Un peu retourné que j’aie été virulente au téléphone, sans doute, mais dans lefond, ravi et soulagé, oui, c’est comme ça que je l’imagine.

La colère me permet de le détester pour ce comportement qu’il a eu, plutôt que de m’en vouloir, me détester de n’avoir pas fait ce qu’il fallait pour lui donner envie de rester, ou toutes les conneries que j’ai pu me dire pour mes ruptures précédentes. Je devrais peut-être me remettre en question et me dire que j’aurais dû ci ou ça, mais non, je l’ai fait les fois précédentes et j’ai appris une chose : ça me fait souffrir mais ça ne m’aide pas à affronter les ruptures. Au contraire ça prolonge la douleur pour moi ! Donc merde, quoi. Je vais pas me prendre la tête pour cette rupture comme je l’ai fait pour les autres.

A une époque, la colère prennait le pas sur tous les sentiments chez moi : la surprise, la déception… Je pensais que c’était un défaut. C’en était un par rapport aux autres. Mais dans le cas présent, ça me sauve de la noyade.

Ouais, heureusement qu’il y a la colère. C’est sans doute elle qui me permettra de refaire surface demain, même si le week end a été pourri. Le seul bémol, c’est que ça n’empêche pas encore la tristesse, mais c’est quand même déjà mieux que la détresse dans laquelle je pourrais être plongée.

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