La vérité, ou le bonheur…

16 janvier 2009 à 18:43

Très petite, et pour des raisons sur lesquelles ni vous ni moi n’avons envie que je m’étende, j’ai pris l’habitude de mentir à tout un tas de gens, et mes meilleurs clients étaient bien évidemment mes parents. C’est ma mère qui me l’a appris, en m’y encourageant, et c’est mon père qui m’y a perfectionnée, en me tombant dessus chaque fois qu’il pressentait que je mentais. C’est comme ça qu’on devient plutôt bon, et qu’on apprend à « bien » mentir.
C’est un peu triste mais c’est une histoire vraie (ou ptet pas, vous ne saurez jamais).

Aussi la découverte des premières minutes de Lie to Me m’ont-elles donné une étrange sensation de déjà vu, mais pas tout-à-fait la sensation de déjà-vu qu’on a quand on découvre le pilote des Experts Reykjavik, 792e spin-off très original où un vieux, un plus jeune, une nana et un geek mènent des enquêtes scientifiques. Non, on ne se dit pas en voyant Lie to Me : « quoi, encore ?! ». L’impression de déjà-vu, c’était surtout parce que j’étais en milieu connu.

Vous voyez, premier mensonge (ou second, vous ne saurez jamais) : en fait Lie to Me est la riposte de la Fox envers The Mentalist. C’est bien simple, tout y est.
Mais en plus agréable, j’ai envie de dire.
Le personnage qui a la clé pour déchiffrer les gens et comprendre la vérité (et Simon Baker est moins subtil que Cal Lightman à ce petit jeu), la petite nana bien roulée (et qui osera soutenir que l’actrice Kelli Williams n’est pas suprêment plus jolie que Robin Tunney ?), les rapports entre collègues (et franchement, l’équipe de chez Lightman est beaucoup plus fun, même si en échange il faut apprendre à se passer du très ornemental Owain Yeoman), et puis évidemment les enquêtes (dans le pilote, il y en a deux : une criminelle et l’autre non), vraiment, tout y est.

Le gros tort de Lie to Me, c’est surtout de manquer de finesse dans sa démonstration. Le concept, je le rappelle, c’est que Cal Lightman décèle un mensonge grâce au langage non-verbal de son interlocuteur, et ça, pourquoi pas. On se rappellera qu’Angela’s Eyes s’y est cassé les dents il y a pas si longtemps, mais pourquoi pas.
Sauf que chaque fois qu’un personnage ment, ce n’est pas avec un petit clignement d’oeil, ou un vague tressautement des lèvres, non, c’est avec une mimique à effrayer les petits enfants. On pourrait penser que c’est un problème qui vient du choix des acteurs, et c’est peut-être en partie vrai, mais c’est aussi une question de réalisation, parce que sincèrement, a-t-on besoin que la caméra se colle au type qui passe à l’interrogatoire, je réponds que non. Ce manque de subtilité énerve parce que, finalement, Lie to Me avait deux options : soit se la jouer série intelligente qui ne prend pas son public pour un troupeau de gnous, soit se la jouer plus-petit-dénominateur-commun. Ce problème dans la réalisation est ce qui empêche de pleinement profiter de ce pilote qui, sur le reste, s’avère très convaincant.

Et je ne parle pas que du personnage principal, auquel il était assez prévisible qu’un certain soin soit apporté.
Par exemple, la relation entre Lightman et Foster équilibrée : elle ne lui sert pas de faire-valoir et le spectateur n’a pas l’impression d’assister, impuissant, à un remake des premières saisons de New York Section Criminelle, où un équivalent pénible de Goren aurait été le seul à avoir un cerveau fonctionnel. Et elle ne passe pas non plus son temps à gober les mouches en soupirant et roulant béatement des yeux, comme le fait l’agent Lisbon de The Mentalist (enfin, comme elle le faisait la dernière fois que j’ai regardé, en tous cas). C’est un personnage solide, qui a de la répartie, et j’ai beaucoup apprécié son apport tant à l’ambiance de la série qu’aux intrigues.

De la même façon, les seconds couteaux ont aussi quelque chose à apporter : le petit Will Loker, qui passe son temps à dire la vérité telle qu’elle est et même si ça ne se fait pas, est un ajout intéressant et rafraîchissant. C’est probablement grâce à ses façons qu’il a eu le poste, et on a l’impression que Lightman le trouve très reposant, quelque part. Et puis la petite nouvelle (il en faut une !), miss Torres, qui joue les dures mais qui a un don, semble également prometteuse.
Ca fait toujours du bien quand on entoure le vieux de la vieille d’une plus jeune, d’une femme et d’un geek intéressants. Ca change des castings habituels.

Ah, vous m’avez découverte, nouveau mensonge : je ne pense en effet pas que le casting soit original. Mais je maintiens que les personnages le sont quand même.

La question qu’un esprit désaxé comme le mien se pose est : les affirmations sur le langage non-verbal lancées à plusieurs occasions dans l’épisode sont-elles scientifiquement vraies ? Par exemple, j’ai toujours entendu dire que le regard sur la gauche était une façon d’aller chercher le mensonge, et non de faire appel à la mémoire. Mais si Lie to Me dit la vérité à ce sujet, je pourrais bien décider de m’éduquer hebdomadairement à son contact. Sinon, en toute sincérité, il n’y a pas beaucoup plus de raisons de la suivre que pour toute autre déclinaison de la série d’enquêtes qu’on nous sert depuis plusieurs saisons, et dont on attend avec impatience que la mode se tasse.

Quant à savoir à quel moment j’ai menti dans ce post… à vous de deviner.

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