Faire mien

21 janvier 2009 à 18:44

Il y a quelques jours, j’ai parlé de deux-trois séries qui vont prochainement débarquer sur les écrans, ou qui viennent de le faire : United States of Tara, et Lie to Me et The Beast (n’hésitez pas à utiliser les tags pour aller voir ce que j’en dis, d’ailleurs). Et avez-vous remarqué ce que j’ai fait ? Si-si, au moins l’un d’entre vous a remarqué… J’ai comparé.

N’est-ce pas là une habitude détestable ? Mais pourtant, il est très difficile d’y résister, avouez-le. Lorsque nous découvrons une série, invariablement (mais certaines fois moins consciemment que d’autres), nous essayons de comparer avec des séries que nous connaissons déjà. 

C’est assez normal, quelque part. Lorsqu’on présente une série qui, a priori en tous cas, n’est pas connue des lecteurs, on se sent obligé de donner des références, qu’on espère communes, pour situer les choses. Si compare le ton de la série A que vous n’avez pas encore vue, à la série B qui fait les heureux primetime de deux chaînes françaises, vous allez tout de suite comprendre quel est le ton de la série dont je parle. Et nous partons sur une meilleure base pour discuter de la série avant même que vous n’en ayez expérimenté ne serait-ce qu’un seul épisode.

Mais ça va probablement plus loin que la seule fin de communiquer autour d’une série que tout le monde n’a pas forcément vue. Ces comparaisons me sont utiles, même à moi qui ai vu les deux, et sais ce que j’en pense.

Parce que comparer une série que je connais avec une autre que je découvre, cela me permet de m’approprier la seconde. Je sais que j’aime, mettons, je vais dire n’importe quoi hein, Roswell, donc si je trouve des points communs avec Dollhouse, cela me donne des repères. Et lorsque je vais commencer à regarder Dollhouse (ce que nous allons tous plus ou moins faire dans moins d’un mois), ce sera plus facile pour moi d’intégrer Dollhouse à mon univers… et vice-versa.

Combien vous en connaissez, des exemples de téléphages qui commencent par dire « j’attends avec impatience que Dollhouse commence, c’est la nouvelle série de Joss Whedon ! ». Traduction : j’ai aimé Buffy et Angel, j’ai hâte de découvrir un univers qui m’en semblerait proche ! Avec, bonus non-négligeable, une actrice qui y a figuré, un bonheur ne venant jamais seul.
Quand les premières reviews interviendront, et qu’un petit malin dans mon genre jugera bon de dire « plus sombre que Buffy, la série offre cependant des personnages moins développés », ce même genre de téléphages va commenter, comme piqué au vif : « mais ça n’a rien à voir, les personnages de Buffy essayaient d’être eux-mêmes alors que les personnages de Dollhouse sont toujours quelqu’un d’autre ! » Vous avez vu ce qui vient de se passer ? En ayant vu le moins possible de la seconde série, mais avec l’aide de plusieurs saisons de la première, le téléphage vient d’établir des comparaisons et il a déjà l’impression de bien connaître Dollhouse. Et juste comme ça, parce qu’il a pu faire des parallèles, il s’est de lui-même mis dans la catégorie des amateurs de Dollhouse. C’est facile comme ça, de devenir fan. Parce que vous pouvez comparer, vous investissez la série plus rapidement. Surtout si vous pouvez comparer avec des séries que vous aimez.

Une nouvelle série (en tous cas, nouvelle pour celui qui la regarde) débarque, et on fait des comparaisons, pour se sentir dans un univers moins inconnu.

Mais ça permet aussi de très vite placer la nouvelle série sur une échelle de valeurs : je connais bien X-Files, je regarde Fringe, j’y retrouve beaucoup de choses de X-Files, le second arrive plus de 15 ans après le premier, il vaut donc moins que le premier… Fringe est donc un sous-X-Files.
Cette manie de comparer nous conduit très souvent à des syllogismes plus ou moins bancals, d’ailleurs.

Il faut bien l’avouer : si la tentation est si grande de comparer les nouveautés avec les séries que nous connaissons déjà, c’est parce que c’est intellectuellement rassurant et que ça donne plus de prise sur les contenus qu’on commence à peine à aborder.
Je ne sais pas s’il serait possible d’aborder le pilote d’une série inconnue sans faire au moins une fois un parallèle avec autre chose. Vous pensez que c’est possible ? J’ai comme un doute.

par

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

2 commentaires

  1. freescully dit :

    A moins de se réveiller d’un coma suite à un accident de voiture et de souffrir d’amnésie, difficile de ne pas comparer même inconsciemment avec ce que l’on connaît déjà, et ce n’est pas valable uniquement dans le domaine des séries (oups, je crois que je viens de faire une comparaison… )

  2. Nakayomi dit :

    Et Firefly, alors, elle pue ? ^_^; (Non, parce que c’est bien aussi Firefly… Et ça risque d’être un peu le même cas que pour Dollhouse… Arrêtée trop tôt pour être totalement convaincante -non, je ne pars pas du tout pessimiste-… Cela dit, je remercie la Fox d’avoir pensé à mon Anniv’ avec un jour d’avance… )

    Sinon, ben je crois qu’on est un peu tous d’accord… La comparaison est inévitable…

    Je viens de faire une petite expérience en regardant ma rubrique Pilototest et ma foi… Très rare sont les posts où il n’y a pas une petite référence à une autre série, même si c’est pour resituer uniquement certaines choses… Ca reste bien pratique… Et ça permet d’ordonner…

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