On s’en fout, on n’y va pas…

28 juillet 2009 à 21:49

J’étais là, à mon bureau. Journée fatigante, mais il y a eu pire. Un beau soleil, un peu de vent pour moi qui n’aime pas avoir chaud. Mon patron, des plus adorables, m’avait offert son dîner.
J’ai considéré ma fourchette et son taboulé au curry et à l’anis. J’ai soupiré.

Et si je ne rentrais pas chez moi ce soir ?

C’est vrai quoi, tu dois être à nouveau ici dans 12h, dont 3 consacrées aux transports, alors qu’en fait, bah, ce serait plus simple de dormir ici !
Le délire n’a duré qu’une demi-seconde. Ou bien ?

J’ai fini par prendre le chemin du bus. Il faisait beau, un ciel sans nuage ou si peu. Sur mon portable, une découverte musicale qui remonte seulement à dimanche et qui s’accorde si bien à la saison. Je marche lentement. Des bus passent au bout de la rue, mais je m’en fiche. Je ne suis pas pressée du tout. Je souris, un peu sans raison, un peu parce que je reviens de loin. En toute honnêteté, je souris surtout parce que je ne pense même plus au fait que je reviens de loin. J’ai mangé à ma faim et je n’ai plus peur de crever la dalle. Pas aujourd’hui en tous cas. Je souris parce que c’est mon miracle à moi : manger. Et bien, en plus.

Dans le bus pourtant, les larmes me viennent. Mes yeux dévorent l’autre côté de la vitre, la ville, ses rues, ses bâtiments, ses passants. Je suis au cœur de Paris et le mien bat plus fort. Et il saigne, aussi. Il commence à se déchirer de savoir où le bus me conduit.
Déjà, le terminus. Je ne veux pas descendre. Passées les portes, il y a la gare, le train, une heure avant de descendre.

Et si je ne sortais pas du bus ce soir ?

Allez tu restes là, tu circules dans tout Paris jusqu’à l’aube, transport pour transport, tu t’en fous, tu trouveras bien quelque chose, t’y retournes pas !
Le délire est donc finalement tenace.

J’ai envie de pleurer. Je ne veux pas y aller, je veux rester chez moi. J’en ai marre de retourner en exil tous les soirs.
J’ai des problèmes de riche, me dis-je dans le train.
Ça me consolera jusqu’à demain soir.

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