There’s no way out, only a way through

29 août 2010 à 17:33

Je refuse de dire que j’ai vu le dernier épisode de Persons Unknown ; j’ai vu le dernier épisode de la première saison, voilà tout. Non, on ne me fera pas dire que c’était la fin. N’y comptez pas. Je sais que les choses ne sont pas forcément bien engagées pour la série, mais j’ai l’intention de vivre dans le déni encore quelques temps. Après tout c’est la spécialité d’ABC de me laisser tomber, pas de NBC…

Le parcours de Persons Unknown a été compliqué depuis son démarrage en juin, et moi-même je n’ai pas toujours été des plus convaincue. Pourtant, les éléments intéressants que j’avais perçus m’ont persuadée de rester, et je trouve que j’ai bien fait. C’est sur le long terme que Persons Unknown joue sa plus grande carte. La série est pensée sur du long terme. Et avec du recul, c’était finalement évident depuis le début.

Il y a eu, naturellement, des maladresses, et je suis la première à le reconnaître, à plus forte raison que j’en ai moi-même soupiré une fois ou deux. Mentionnons entre autres, mais certainement pas à des fins d’exhaustivité, les tests de personnalité du début, qui disparaissent sans raison, l’enquête des journalistes qui semble n’avancer que par à-coup, le langage conspirationniste employé par plusieurs personnages destiné à en dire le moins possible… Ces choses-là m’ont énervée comme vous !

Mais ces maladresses ne changent rien au fait que le concept de la série, son fil conducteur, ses personnages, ses thèmes, et sa réalisation, sont épatants.

Et surtout, un certain nombre d’éléments décousus trouvent une raison d’être à la fin. Cet épisode un peu étrange où Joe se fait épingler comme un papillon sur une table ? Bah oui mais si. Ce passage où on a voulu nous faire croire qu’on allait éliminer les participants parce que ça a dégénéré ? Bah oui mais si. Toutes ces fois où on nous a répété l’importance de Janet alors qu’il n’y a pas plus transparent qu’elle ? Bah oui mais si.
En fait, tout a un sens, une raison d’être, ça n’a peut-être pas été bien dit, ça a pu sembler lourd, ça a pu mettre des plombes à sortir, mais en dépit de tout ça, ce n’était pas juste pour nous balader. Il y avait quelque chose au bout.

Du coup, ce qui n’a pas encore été expliqué, je peux commencer à m’en faire une idée. Il n’y a pas toutes les réponses à la fin de la saison, mais il y en a suffisamment pour que je n’aie pas l’impression qu’on m’a bourré le mou, arrivée au terme de ces 13 épisodes, je suis sûre et certaine qu’il y a une idée directrice et que les choses qu’on voudra m’expliquer, on me les expliquera en temps voulu.
Si le Dieu de la Téléphagie nous en laisse le temps à tous, naturellement.

Certaines scènes semblent destinées uniquement à dégager une atmosphère particulière, et c’est ce qui donne l’impression de longueur, voire, quand on est de mauvaise humeur, de remplissage. Je suis passée par là ! Par ces soupirs et ces fois où j’ai levé les yeux au ciel ! Au final, cette atmosphère, c’est que j’aime le plus. Entre envie de faire confiance et suspicion. Entre envie de sortir et envie de tout déballer. Entre espoir et désespoir.

Je ne cherche pas à dire que Persons Unknown est une série parfaite. Mais elle est meilleure que ce qu’on pourrait penser, et elle devrait avoir le droit à un peu de temps pour accomplir ce qu’elle semble avoir en tête. La saison 2, si elle devait se faire, devrait exister sous conditions (probablement qu’avoir un horizon fixe allègerait les doutes des scénaristes sur ce qu’on peut faire trainer ou non, par exemple), et je serais NBC, j’exigerais en échange du précieux sésame vers une nouvelle saison qu’il y ait un effort de régularité et de consistance. Mais ce serait aussi incroyablement dommage de jeter le bébé avec l’eau du bain, car Persons Unknown relève de toute évidence d’un projet qu’il faut voir avec une vue d’ensemble. Et puis, Christopher McQuarrie n’est pas coutumier de la télévision, non plus, et je pense que ça joue, même s’il s’est bien entouré.

Du temps. C’est tout ce que je demande.
Je suis prête à négocier.

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2 commentaires

  1. Nakayomi dit :

    « Je refuse de dire que j’ai vu le dernier épisode de Persons Unknown ; j’ai vu le dernier épisode de la première saison, voilà tout. »

    Je sais que je suis un peu en retard, mais les 13 épisodes n’ont pas été diffusé, non ? (D’ailleurs, je crois même avoir vu que l’épisode 11 n’avait pas de date diffusion, contrairement aux autres).

    […]

    Ah bah c’est qu’ils ont diffusé les 12 et 13 hier donc (je viens de le voir, mais toujours pas de trace du 11ème a priori).

    Mais c’était de toute manière prévu pour que ça ne dure qu’une saison cette série (un peu comme Harper’s Island) il me semble ?

    En attendant, à trois ou quatre épisodes de la fin, je dois dire que je suis pas mécontent d’enfin arriver au bout… C’est devenu très chiant à suivre à partir du quatrième épisode (et dieu que je trouve le temps long à chaque fois que je regarde un épisode maintenant). Alors peut-être que ça se décantera quand j’aurai vu ces fameux derniers épisodes (non, une saison 2, ça me dit vraiment pas plus que ça à ce stade, merci), mais je dois dire que c’était la grosse déception quand même pour le moment. Les personnages ont du mal à être passionnant et l’histoire ne vient pas vraiment modifier la donne. Le seul point qui m’intéresserait bien un peu, c’est le côté spécial de truc-muche (mais si, la fille là… Celle qui intéresse Joe qui est prêt à tout plaquer pour elle parce qu’elle est spéciale -tiens, y’en a qui ont trop regardé Dollhouse au passage ! -)

  2. KNIGHT dit :

    Pas mal d’accord avec ta review, Lady T. La série a pu être énervante et sembler manquer de direction en donnant l’impression de manger à tous les rateliers (comprendre piocher à droite et gauche des choses vues ailleurs), mais elle promettait beaucoup, à la façon d’un nouveau LOST. Et de toutes les séries faisant du « Prisonnier », elle était fort réussie.

    Pour la fin, je ne sais même pas comment il faut la prendre. Un gros doigt d’honneur du genre  » on vous a bien eu, fallait pas trop en demander, de toute façon on savait pas comment finir  » ? Ou des éléments pour une saison 2 flamboyante, touffue, poursuivant le jeu de pistes ?

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