Nos voisins les Canada

5 septembre 2010 à 23:42

On revient en des terres que nombre de téléphages ont déjà foulées, avec cette semaine, le Canada. Mais malheureusement, la plupart d’entre nous ne se souvient pas des premières séries canadiennes qu’il a vues, pour la bonne raison que dans beaucoup d’esprits (y compris le mien), le Canada et les Etats-Unis ne forment qu’un seul fournisseur de fiction.

C’est, d’après mes recherches et les questions posées autour de moi, un problème récurrent. Il faut, comment dire ? Un certain niveau de raffinement téléphagique pour savoir que telle série n’est pas américaine, mais bel et bien canadienne. Un raffinement qui implique l’envie de savoir, l’envie de s’intéresser, l’envie de lire les petites lignes.

Caribous dans la brume : la télévision canadienne pour les nuls

Pourquoi, au juste, pourrait-on se demander, est-il important de distinguer la fiction canadienne de la fiction US ? Du moment que la série est bonne, on s’en fiche !

Certes. C’est tout à votre honneur de donner la priorité à la qualité d’une série. Mais les choses ne fonctionnent pas toujours comme ça. On l’a vu pour la fiction australienne il y a quelques semaines : l’absence de reconnaissance est un véritable problème, parce que sans elle, le choix proposé, l’exposition des séries importées, reste minime.

Pourtant, j’ai eu il y a quelques jours une très intéressante conversation avec un scénariste canadien anglophone, Tim Stubinski, avec qui je converse depuis quelques mois maintenant (merci Twitter et ma timeline en anglais, finalement…). Il me parlait de l’un de ses projets, dont il espère qu’il va pouvoir être acheté par une chaîne… y compris étasunienne. En substance, la conversation donnait ça :
« Mais, euh, wow, les States ! Ça doit pas être facile de faire acheter sa série par une chaîne US !
– Non, c’est le plus dur, en fait.
– Le plus dur… à part les financements.
– Ah non, ça, une fois qu’on a la chaîne, ça va tout seul, on reçoit des aides du gouvernement.
– Mais le gouvernement canadien, ça doit pas lui plaire que vous alliez travailler à l’étranger avec ses aides.
– Oh non, pas du tout ; au contraire. »
Comme dirait Brenda (une autre canadienne) : « Keuwaaah ? Mais commin ?! »

Eh bien oui, le gouvernement canadien a bien compris qu’il avait tout intérêt à ce que ses professionnels se forment aux USA, pourvu de revenir plus tard au bercail et faire fonctionner la machine.

Alors bien-sûr, ça ne résout pas le problème de la reconnaissance de la fiction hors de ses frontières, ni même de la création à l’intérieur d’icelles (car une fois arrivés aux États-Unis, les producteurs, scénaristes et acteurs à revenir au bercail ne sont pas légion, ou alors juste une fois au nom du bon vieux temps et s’ils n’ont rien de mieux à faire), mais je me suis dit que cette anecdote ouvrait de nouveaux horizons.

Parce que finalement, l’intérêt d’avoir une vue d’ensemble de la fiction dans le monde, c’est d’abord, de comprendre comme chaque pays a réussi à développer une industrie télévisuelle qui lui est propre (quelque chose qu’on a l’impression que la fiction française a un mal fou à accomplir, mais à force de dire qu’elle est en pleine mutation, ça va bien finir par aboutir à quelque chose), mais aussi de voir comment on peut, chacun, s’enrichir des expériences des autres…

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1 commentaire

  1. Nakayomi dit :

    Ah c’est bien beau Twi… quoi ? Arf, ma connexion se brouille encore… Donc oui, je disais que c’était un bien bel outil (même si j’ai dit le contraire y’a deux minutes ailleurs) quand même… En tout cas, ça permet d’avoir des relations inédites (bon, quand Eddie ouvrira un compte, peut-être que… Quoique y’a Matt Dallas qui vient de le faire…).

    Bref… Bah c’est un peu comme tout, il faut effectivement le temps de se culturer pour voir certaines choses, ça se fait petit à petit et j’apprécie que tu y participes avec ces articles intéressants. Oui, moi aussi je crois qu’il y a certaines séries que j’aurai juré américaine qui ne le sont pas tant que ça… Ah là, là, là…

    Sinon, pour la fiction française… On a peut-être perdu ce côté industrie propre (parce que bon, d’après quelques lectures, dans le temps, on l’avait… On a juste pas réussi à bien suivre le mouvement a priori…)

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