Dans la cible

23 septembre 2011 à 22:59

Sans même m’en rendre compte, je partais avec de gros préjugés sur Person of Interest. Je n’ai pas la moindre idée d’où ça venait puisque j’avais juste lu le pitch, sans regarder la moindre promo.
Du coup, je crois que je sais d’où ça me venait.
Un justicier qui combat le crime, ça n’avait pas beaucoup de chances de me plaire.

Et effectivement, je ne vais pas vous raconter de bobards, pendant les 3/4 du pilote, je m’ennuyais ferme devant Person of Interest. L’impression de beaucoup d’action pas très maligne (je ne pense pas qu’on puisse se plaindre des scènes téléphonées de Charlie’s Angels ET trouver que celles de Person of Interest sont tellement mieux conçues), d’un personnage secondaire sans le moindre intérêt (mais il fallait une nana, il fallait une fliquette, si possible il fallait une noire, et une fois de temps en temps faudra qu’on ait peur que nos deux gaillards soient sur le point d’être découverts, alors vogue la galère), et d’un héros aussi monolithique que possible. J’ai presque honte d’avoir apprécié Caviezel dans The Final Cut.

Et là, je vous sens consternés. Si, si, je le sens bien. Vous vous dites que je vais encore cracher sur une nouveauté de la rentrée, que hormis Homeland point de salut, et que si j’aime pas la rentrée US j’ai qu’à attendre la rentrée nippone et me taire (rigolez pas, j’ai même pas encore eu le temps d’y jeter un oeil, c’est doramatique) (ha ha).

Mais pas du tout, et d’ailleurs c’est marrant que vous citiez Homeland parce que j’allais faire des parallèles, et notamment un et qui est, évidemment, le 11 septembre. Même quand une série n’en parle pas, cette année, on dirait qu’elles y pensent toutes. Bon d’accord, pas toutes. Et celle-là en parle. Mais en regardant certaines scènes du pilote de Person of Interest c’était vraiment l’impression que j’avais. Et pas dans le mauvais sens du terme, mais plus à voir comme une marque du temps qui passe, et un indice sur l’état d’esprit de l’autre côté de l’Atlantique, où l’anniversaire est de toute évidence dans les esprits un peu plus cette saison que la précédente, par exemple. Du coup, en tirant une partie de son background explicitement dans les évènements du 11 septembre (MAIS sans verser dans les intrigues terroristes), Person of Interest a marqué des points. Avec d’autant plus d’intelligence que la façon d’utiliser des thèmes du 11 septembre pour parler de videosurveillance (pardon : il faut dire videoprotection) a un petit côté un peu à contre-courant, même si ce n’est qu’en apparence parce que n’importe qui peut lever la tête 10 ans après et dire « ah ouais mais au fait c’était pas très clair ce truc-là ». Ce n’est peut-être pas bien brave de commencer à parler de l’espionnage des Américains une fois que le Président a changé, et le parti avec, et que l’eau a coulé sous les ponts, mais au moins ça confère tout de suite une aura à la série, un thème solide sur lequel s’appuyer, c’est c’est quand même déjà bon à prendre.
Ce que je me dis, c’est que la série aurait tout-à-fait pu ne pas chercher plus loin que deux personnages n’ayant plus rien à perdre et tentant de redresser des torts. Là il y a quand même un peu de fond.

Là où vous avez raison c’est que, malgré cela, je ne suis pas sur le point de vous dire que j’ai aimé Person of Interest. Trop de scènes d’action, trop de seconds rôles barbants, trop d’expressions monolithiques. Et pendant les 3/4 du pilote, ça fait quand même beaucoup.
Mais, contrairement à ceux qui choisiront de suivre Charlie’s Angels, je ne regarderai pas les spectateurs de Person of Interest avec mépris ; je me contenterai de leur dire que ce n’est pas du tout ma tasse de thé.

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

1 commentaire

  1. Eclair dit :

    :-O

    Pardonne-moi, mais je trouve que tu vas un peu loin. Ne me dis pas que tu ne vois pas de différences entre l’action de Person of interest et Charlie’s Angels, quand même ?

    Que tu n’aimes pas le côté « esbrouffe » de l’action, c’est ton droit, mais à l’intérieur de ce même registre, ces deux séries s’opposent complètement : dans la mise en scène, dans les personnages, dans le réalisme, dans les effets spéciaux, … On est certes pas dans les meilleurs films hongkongais, mais person of interest s’en sort plus que bien, contrairement à undercovers la saison passée par exemple.

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