[#Ozmarathon] 4×02, échec et mat

21 janvier 2012 à 23:53

Ah, eh bah ça fait du bien de revenir aux sources ! La saison 4 de notre Ozmarathon progresse et le moins qu’on puisse dire, c’est que, sans renier ce qui a été exploré pendant la saison précédente, et qui a permis de développer certains personnages et de nombreuses dynamiques, on assiste à une volonté visible de revenir à des recettes plus traditionnelles pour la série, plus proches de la saison 2. Sans plus attendre, parce que quand c’est bon, il faut déguster chaud, passons donc à la review de ce nouvel épisode !

Clairement, la saison 2 n’était pas parfaite, mais de toute évidence, les scénaristes en sont venus à la conclusion qu’elle était meilleure que la saison 3, et ça se sent dans la façon dont tant de choses se trouvent ici ranimées.

Et pourtant il ne s’agit pas non plus d’un retour en arrière : McManus est viré d’Em City, ce qui n’est quand même pas exactement un retour à la case départ bien au contraire ; les investigations du flic des stups infiltré, Mobay, se poursuivent et on sent vaguement que ça ne sera pas sans conséquences ; sans compter le génial petit twist de fin d’épisode, qui, enfin, donne du concret aux tentatives d’évasion passées.

Mais en dépit de ces intrigues qui vont résolument vers l’avant, augurant de changements profonds dont on est, c’est sûr, loin d’avoir vu le bout, on retrouve donc un certain nombre d’histoires tirées directement des saisons antérieures d’Oz.

Kareem Saïd, par exemple, se rapproche de Tricia Ross, notamment dans le cadre du procès portant sur l’émeute. Enfin, bon, bien-sûr (et comme pour toutes les intrigues avec lesquelle nous renouons depuis le début de la saison) l’idée est de prétendre qu’en réalité ils n’ont jamais rompu le contact. Leur querelle arrive quand même un peu tard (idéalement, elle aurait dû se produire quand Saïd a commencé à être désapprouvé par ses disciples), mais est parfaite en cela qu’elle souligne bien la complexité de leur relation, les contradictions vécues par Saïd et l’attachement réel qu’ils éprouvent l’un pour l’autre.
Et du même coup, Saïd se trouve à nouveau poussé par ses envies de justice vengeresse. Il parvient, dans un acte manqué qui ne fait illusion qu’à ses yeux, à manquer de tout foutre par terre du fait de son ego incroyable. Beecher lui rivera d’ailleurs magnifiquement son clou à ce sujet, renvoyant aux travers bien connus de Saïd, tout en utilisant la relation que les deux hommes ont construite précédemment. Si une intrigue devait cristalliser mon propos sur la façon d’employer la saison 3 pour poursuivre les intrigues de la saison 2, ce serait vraisemblablement celle-là.
Ce cher Saïd, qui rappelait à qui voulait l’entendre que sa soif de pouvoir s’était dissipée, est donc à nouveau animé par l’envie de briller en société et d’en remontrer au « système », et il se trouve comme par hasard que quelqu’un va venir demander ses services, de la même façon qu’Augustus Hill et Poet avaient pu, par le passé, avoir affaire à lui. Comment après tant d’échec y a-t-il encore des gens pour venir demander une quelconque aide juridique à Saïd (surtout qu’il y a un vrai avocat à 2m de lui), ça me dépasse, mais ça me dépassait déjà en saison 2 et ça apportait de bonnes intrigues, alors d’accord.

De son côté, Shirley, la grâcieuse Shirley, la terrifiante Shirley, qui continue de s’envoyer en l’air avec un mystérieux veinard (vraisemblablement un gardien, sinon ce serait vraiment tordu ; je commence à avoir une théorie cohérente avec ses anciennes convictions, on verra bien…), est aussi à deux semaines de son exécution. La façon qu’elle a d’accepter son sort avec autant de bonne volonté lui ressemble terriblement et, en même temps, a de quoi effrayer une fois de plus à son propos. Cela ne peut pas être net. Shirley, comme Alvarez, semble être absolument indestructible même en ayant vu un certain épisode ultérieur.

Car Alvarez est devenu, à son corps défendant, un gimmick à lui seul. Il est véritablement increvable, comme le soulignait Hernandez dans l’épisode d’ouverture de la saison. Il échappe ici, par un miracle, osons le dire, à une mort certaine. On dirait que la trame de l’épisode qui lui est dédiée n’est constituée que de preuves qu’il n’y a pas de raison qu’il y coupe cette fois, et au final, Alvarez, littéralement, échappe à son Destin. C’est à la fois tordant (pour autant qu’Oz fasse dans le tordant) et incroyablement libérateur parce que cela ouvre des perspectives nouvelles pour lui. Le cercle est-il véritablement brisé ? On verra bien…

Pendant ce temps, Sister Peter Marie continue de préparer la future confrontation entre les frères O’Riley et les proches de Preston Nathan, ce qui est totalement inintéressant à ce stade, mais pourquoi pas.
Cela dit, c’est surtout l’autre intrigue se rapportant aux O’Riley qui est véritablement le clou du spectacle dans cet épisode. Cette enflure de Stanislofsky (à qui je n’ai toujours pas pardonné la mort de Richie Hanlon) et cette anguille de Ryan se livrent en effet un savoureux duel qui a de quoi me faire jubiler à chaque seconde. C’est du grand Oz.
Le jeu du chat et de la souris autour d’un objet en apparence aussi anodin qu’un malheureux téléphone portable les pousse à se tourner autour, de façon absolument civile et propre, sans que ni l’un ni l’autre ne montrent le moindre signe extérieur d’hostilité. Ryan a trouvé ici un ennemi à sa mesure (il le réalisera en cours de route), ce qui le change des butors avec qui il a l’habitude de frayer. Mais on devine que le challenge l’excite sans doute aussi un peu, car Ryan, on en a plusieurs fois eu la preuve au fil des saisons précédentes, garde son propre intellect en haute estime, et c’est le genre de mecs qui apprécie l’intelligence chez autrui autant qu’il l’apprécie chez lui. C’est un défi, voilà tout. Et on sent à son regard, sitôt que Cyril lui parle du portable, que l’objet du duel n’est pas autant important que la confrontation. En définitive, il n’a pas BESOIN d’un portable, mais il a décidé qu’il l’aurait et il est content d’avoir un petit camarade avec qui jouer.
Et à ce petit jeu, Stanislofsky s’avère très fort, d’ailleurs. Si fort qu’il emploie, en réalité, les mêmes méthodes que Ryan O’Riley ; non seulement tous les deux sont aussi intelligents l’un que l’autre, mais ils sont aussi très similaires dans leur façon de réfléchir et de pratiquer le coup de pute tout en allant cirer les pompes des patrons locaux (ici Pancamo). L’un des prisonniers arrivés dans le season premiere en fera ainsi les frais, ce qui confirme qu’il n’était qu’un redshirt. Admirons au passage la technique de Jaz Hoyt qui est capable d’exécuter une commande de façon incroyablement propre ; ce mec ne sera sans doute jamais l’un des personnages majeurs de la série, mais je l’adore quand même.
Entre les formidables coups de maître de cette partie d’échec mesquine et les crises de rire en voyant les uns et les autres s’engager dans cette sordide compétition sans gagnant, on ne peut que souhaiter que Ryan et Nikolai se lancent, eux aussi, dans une éternelle danse de la mort. Ce serait sans doute moins impressionnant que celle de Schillinger et Beecher, mais ce serait diablement divertissant !

Au milieu de tout ça, l’intrigue se rapportant à la question raciale à Oswald est pour le moment mise en sourdine, mais il ne fait aucun doute qu’elle ne va pas s’arrêter si vite. On en reparlera, c’est certain, à l’occasion de notre prochaine session du Ozmarathon.

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

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