Right that wrong

2 avril 2015 à 20:30

Bon, mettons un peu les comédies récentes de côté, et essayons de répondre pragmatiquement à l’interrogation qui aura été la mienne aujourd’hui. Si je veux me trouver une nouvelle comédie préférée, pourquoi ne pas retenter une comédie ayant déjà, allez au hasard, deux saisons derrière elle ? Et puisque c’est proposé si gentillement par arte ce soir, pourquoi ne pas tenter une comédie britannique, mettons, oh, allez… The Wrong Mans ?

Alors oui, certes, j’ai déjà vu une partie de The Wrong Mans. Et alors ? Se chercher une comédie à boulotter avec gourmandise n’implique pas nécessairement que ce soit le nec plus ultra de la nouveauté. Au contraire, en fait, ne serait-ce que pour avoir de la réserve. Et d’ailleurs, pourquoi me suis-je interrompue dans The Wrong Mans par le passé ? Je ne me souviens plus. Un coup de cœur a dû en chasser un autre, ça m’arrive sans arrêt.
Eh bien, il est temps de ranimer la flamme, et le timing pourrait bien être parfait cette fois-ci.

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Sur une route déserte, par un froid matin d’hiver, Sam est l’unique témoin du dérapage d’une voiture sur la neige. Après avoir alerté les secours et réalisé le plus élégant évanouissement de la décennie en un même mouvement, Sam reprend ses esprits pour découvrir un téléphone portable oublié par les secours venus emmener le conducteur de la voiture. Le téléphone sonne, et Sam décroche… pour découvrir que le propriétaire du téléphone est dans une terrible situation : sa femme a été kidnappée, et ses ravisseurs attendent une rançon. D’abord hésitant sur la conduite à tenir, et grâce à l’impulsion d’un collègue de travail, l’enthousiaste Phil, Sam décide de faire son possible pour porter secours à la kidnappée…

The Wrong Mans est bien plus qu’une comédie, vous le voyez. Certes, c’est le cas de pas mal de comédies, dont un certain nombre que nous avons évoquées aujourd’hui (et après tout, sur les 10 reviews de pilotes de comédies publiées aujourd’hui, on peut sûrement disserter sur les mélanges de genres ; ne vous privez pas de le faire, d’ailleurs). Mais The Wrong Mans a l’avantage de se doubler d’un thriller intrigant, qui est en fait sa colonne vertébrale. Tout tourne, tout découle, tout dépend de ce mystère angoissant. Même les gags. Même les répliques drôles. Même les plans insistants sur le regard désespéré de son héros.
Et par une pirouette incroyable, en ne cherchant pas à être exclusivement une comédie, The Wrong Mans devient une comédie brillante. Elle est plus soucieuse de ses personnages, de l’évolution de la situation, de l’introduction de suspense et de revirements de situation, que de décocher un gag toutes les 37 secondes pour remplir un quota humoristique. En ne cherchant pas à être drôle à chaque instant, la série parvient à se construire une atmosphère rocambolesque, mais jamais ridicule.

The Wrong Mans jongle sans cesse entre l’humour et les impératifs de son intrigue haletante ; la série se garantit par la même occasion, dés les premières minutes du pilote, de ne s’autoriser aucun temps mort. On est tout de suite happé ! A ce rythme narratif, il faut aussi ajouter celui, électrisant, du montage (qui me rappelle celui de Threesome). Même les silences, même les souvenirs, même les singeries prolongées de Phil, sont l’objet de plans très brefs, faisant se succéder divers angles avec frénésie. Cela sans verser dans l’excès inverse. Quel brio ! The Wrong Mans est une comédie où l’on n’a pas un instant à soi, et où on ne se sent pourtant pas sur-stimulé à tort et à travers. L’ambiance froide de la série et sa palette de couleurs glaciale rétablit l’équilibre à chaque instant.

Très vite dans ce premier épisode, le duo entre Sam et Phil fait ses premières étincelles. C’est un tandem classique entre un introverti contrarié et un extroverti refoulé, mais il fonctionne parfaitement parce que dés cette première demi-heure, la série s’assure que nous n’avons pas oublié qu’ils sont avant tout humains. Un peu idiots, un peu démunis (mais qui ne le serait pas ?!), mais attendrissants dans leur imperfection qu’ils ne souhaitent rien tant que gommer.
Les héros de The Wrong Mans sont quelconques, et ils le savent. Sam s’en accommode tant bien que mal. Phil déteste cette image. Ils vont tous les deux être largement servis. Et en remontant la piste du mystérieux téléphone, ils vont déjà avoir quelques surprises…

J’avais oublié à quel point on peut rire, sourire et se dandiner nerveusement sur sa chaise pendant une même scène de The Wrong Mans. Tout y est, il ne manque rien pour se régaler. Deux saisons ? Allez, c’est plié : je me fais une intégrale de The Wrong Mans séance tenante. Vous voyez, quand on cherche, on trouve quelque chose à regarder avec des étoiles dans les yeux…

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

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