Objection de conscience

12 mai 2015 à 21:21

Pour être honnête, la plupart de mes objections à Grace & Frankie sont des oppositions de principe.

Par principe, j’aimerais que toutes les séries de pure players n’aient pas l’air de prendre la même voie que celles qui les ont précédées. J’ai assez peu de doute sur le fait, par exemple, que Grace & Frankie ne serait pas sous nos yeux aujourd’hui sans le succès d’une autre série ayant pour point de départ l’identité d’un homme du troisième âge, à savoir Transparent.

Par principe, j’aimerais qu’une série sur des personnes du troisième âge ne soit d’ailleurs pas une comédie de mœurs. Il me semble que cette portion de la population est suffisamment mal représentée pour qu’on ne leur fasse pas jouer des intrigues bateau déjà vues ailleurs (*toussote* Happily Divorced *toussote*) alors qu’on a justement une plateforme supposément plus ouverte pour explorer des thèmes intéressants.

Par principe, j’aimerais qu’on s’intéresse au destin de femmes à qui il arrive des choses, et pas seulement parce qu’elles subissent les retombées de ce qui arrive à des hommes de leur entourage. Je sais que j’en demande beaucoup, je sais qu’on est supposés être déjà très contents que Lily Tomlin ne soit pas en train de jouer une secrétaire pour la 712e fois de sa carrière, mais enfin, voilà, on avait dit par principe.

Accessoirement, par principe, j’aimerais que la raison numéro 1 de regarder une série ne soit pas la notoriété de sa distribution, mais bien ce qu’on donne à faire aux acteurs en question. Quand je me pose la question de savoir si Grace & Frankie aurait été envisagée avec des acteurs moins connus dans les premiers et seconds rôles, la réponse me déplaît.

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Au-delà de ces questions de principe, il faut le dire, certaines scènes du premier épisode de Grace & Frankie sont tendres, certaines sont drôles, et la dernière parvient à être les deux à la fois. Ce n’est donc pas un échec sur toute la ligne.
Et peut-être d’ailleurs que les épisodes suivants vont au-delà de mes objections, et nous montrent que même quand le pitch de départ sent le déjà vu, il est possible de faire de beaux portraits de beaux personnages. Ça c’est déjà vu, après tout. Et c’est bien-sûr toute la question quand on aborde un pilote : il n’est évidemment jamais une fin en soi, ni un résumé de tout ce que la série a dans le ventre.

Cependant, le premier épisode d’une fiction, c’est avant tout une promesse, un potentiel, et l’horizon m’apparaît comme plutôt fermé ici.

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

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