Doctor Whoever I need to be

16 avril 2017 à 14:00

Alors qu’El Marginal est sur le point d’enfin débarquer en France (enfin ! ça fait depuis Séries Mania saison 7 qu’on l’attendait de pied ferme), laissez-moi vous parler de la nouvelle série carcérale sud-américaine pour l’instant visible uniquement par les accrédités qu’il faut absolument que quelqu’un importe : Um Contra Todos.

Dans Um Contra Todos (qui se dit inspirée de faits réels, mais je ne sais pas lesquels précisément), un avocat au tempérament doux comme un agneau, Carlos Eduardo Fortuna dit « Cadu », est accusé de trafic de drogue. En fait, non, attendez, il n’est pas accusé : la police débarque chez lui un après-midi et saisit une tonne de marijuana dans le plafond de la future chambre de son bébé à naître. Sauf que Cadu n’est pas trafiquant, et que malgré ses demandes répétées, personnes ne vérifie qu sont les ouvriers qui ont rénové la chambre quelques heures plus tôt. Devant l’importance de la saisie, de toute façon, personne n’oserait le remettre en liberté, et il est plus facile de partir du principe qu’il est un baron de la drogue.
En fait, il devient instantanément le baron de la drogue le plus puissant de tous les temps. Il est juste… totalement inoffensif !

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Um Contra Todos s’inscrit dans ce courant des séries carcérales qui s’ingénient à réinventer le genre, qu’on peut trouver dans El Marginal mais aussi Fangar. C’est la preuve que même un format pourtant vieux comme le monde (ou presque) peut encore être manipulé pour surprendre, et tenter des choses nouvelles.
Ici la thématique d’Um Contra Todos est claire : Cadu est un Monsieur Toutlemonde bonne pâte (sa femme lui hurle dessus et il se laisse faire), honnête (il se fait virer de son cabinet pour avoir refusé de graisser la patte à quelqu’un), et anxieux (il ne dort pas la nuit parce qu’il pense à la grossesse de sa femme, aux travaux de la maison, et ainsi de suite). Il est vous, en plus innocent, quoi. Et tout cela fait de lui non seulement une victime-née dans une série carcérale, mais aussi un personnage assez cliché ; c’est après tout comme cela qu’a commencé la trajectoire de Beecher dans Oz.

Après avoir été roué de coups pendant sa première nuit au poste, puis avoir été menacé par le directeur de la prison où il a été transféré, Cadu va devoir changer de refrain vite fait s’il veut survivre, pourtant, et c’est là que se joue entièrement Um Contra Todos. Non pas dans l’opposition entre son innocence et le sort que la Justice lui réserve, mais dans son acceptation d’un rôle qui lui a été imposé par les circonstances. Ce n’est pas simplement que le système ou la presse ou même son entourage le considèrent et/ou traitent différemment (il a gagné le surnommé de « Doctor do Traffico » (les avocats sont apparemment appelés « docteur » au Brésil ?). C’est qu’il accepte de devenir cette personne. Son regard lorsque s’achève le premier épisode et que les taulards qui partagent sa cellule le traitent en superstar du crime, est d’une grande puissance.

J’aime bien ce concept. Il peut aller très loin, surtout avec une deuxième saison en route pour prendre le temps d’en étudier les conséquences à la prison, mais aussi parmi ceux qui aimaient l’ancien Cadu.
Deviens ce que tu es dans les yeux des autres. Non par simple renoncement, bien-sûr, mais pour survivre. Au risque de perdre qui tu es vraiment, bien-sûr.

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

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