Light as a feather

1 mars 2019 à 15:14

Tipeee

Lorsqu’elle a démarré au Canada, Frankie Drake Mysteries est devenue la 2e série la plus regardée de la chaîne CBC après Murdoch Mysteries, une série policière historique diffusée depuis une dizaine d’années, et vue dans l’Hexagone sur France3. Il n’y a pas vraiment de mystère : l’une et l’autre ont bien plus que des audiences en commun. Alors que Frankie Drake Mysteries débarque ce soir sur France Ô, je me suis dit qu’il était grand temps de lui consacrer quelques lignes. Pas beaucoup plus car, comme vous allez le voir, il n’y a pas franchement matière à se perdre dans des analyses à n’en plus finir…

Frankie Drake vit dans les années 20 à Toronto, et tient un cabinet de détectives privés avec sa partenaire et amie Trudy Clarke. Il lui arrive de recourir à l’aide de Mary Shaw, une femme officier de police, et d’un certain Ernest Hemingway, un jeune journaliste.
Voilà, c’est la série. Je ne déconne pas, vous savez absolument tout ce que vous avez à savoir pour comprendre Frankie Drake Mysteries. Le premier épisode vous en racontera un peu plus, évidemment, mais l’essentiel se tient dans ces quelques lignes. Car la série canadienne est de ces procedurals grand public où il n’est nullement besoin de connaître grand’chose pour suivre les intrigues, une enquête à la fois. On est ici dans la descendance de Poirot, dans la fratrie des Miss Fisher’s Murder Mysteries (ainsi désormais que son spin-off Ms Fisher’s MODern Murder Mysteries), et, comme je le vous disais, dans le voisinage des Murdoch Mysteries dont le mélange d’historique charmant et de policier procedural a fait le succès.

Dans ce premier épisode, la série introduit très succinctement les faits ci-dessus : l’exposition n’est vraiment pas son cheval de bataille, paradoxalement. Quelques répliques vite fait, un plan explicatif ou deux, et hop, on est en route pour un mystère à résoudre (un crime sans victime, car Frankie Drake Mysteries est dénuée de toute violence), et on ne s’encombre pas trop de raconter qui est qui. Dans ce genre de configuration, les personnages n’ont même pas vraiment besoin d’avoir une personnalité distincte, l’essentiel est qu’ils remplissent leur mission, qui consiste à faire avancer l’enquête, se heurter à un ou deux rebondissements de bon ton, et finir par trouver la solution de l’énigme en moins de trois quarts d’heure, publicité non comprise.

Je dis « paradoxalement » parce que ce premier épisode de Frankie Drake Mysteries, s’il ne s’attache pas franchement à décrire des personnalités, à détailler des dynamiques ou à faire plus que le minimum syndical en terme d’enquête… eh bien, il est profondément mythologique, étrangement.
Frankie va en effet, au cours de son enquête, être confrontée à son passé, à celui de son défunt père aussi, et de fil en aiguille, découvrir un secret familial qui jusque là lui avait été caché par plusieurs proches. Mener l’enquête va donc s’avérer à la fois totalement inconséquent, parce que rien dans ce type de série n’a jamais totalement d’impact sur le long terme, et profondément important sur un plan émotionnel (ce, sans que la série ne joue la carte de l’émotionnel, en plus). C’est au fond un intéressant équilibre que s’est trouvé Frankie Drake Mysteries, qui consiste à proposer une série légère, regardable hors de tout contexte (puisqu’il n’y en pas ou si peu), mais s’autorisant à raconter toutes les histoires qui lui passent par la tête. Rien n’est plus libérateur que de s’imposer des contraintes pour plaire au plus grand nombre.

Alors certes, Frankie Drake Mysteries n’est pas le genre de séries d’excellence qu’on s’imagine recommander à un téléphage exigeant de ne regarder rien d’autre que la crème de la crème télévisuelle. On préfèrerait sûrement prescrire du Mad Men, mais c’est Frankie Drake Mysteries et sa cohorte de séries faciles à regarder qui aura toujours l’approbation du plus grand nombre. Elle n’a jamais eu l’ambition de plaire à qui que ce soit d’autre, d’ailleurs, et le public qu’elle vise serait plutôt la mère ou le grand-père de ce téléphage exigeant. Là est la cible de cette série bien troussée, enlevée, visuellement léchée, mais pas très surprenante ni profonde.
Mais écoutez, si pour une fois la mère ou le grand-père du téléphage exigeants pouvaient regarder une série canadienne avec non pas une, ni deux, mais trois femmes dans les rôles principaux, on ne va pas non plus aller se plaindre. C’est toujours mieux que NCIS.

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

1 commentaire

  1. Tiadeets dit :

    J’ai plusieurs personnes que je suis qui regardent cette série. Si je cherche quelque chose de pas trop prise de tête, je sais vers où me tourner !

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