Bring back what once was mine

25 avril 2020 à 13:55

Tipeee

Il faut reconnaître à la plateforme australienne Stan un talent certain pour trouver des séries originales qui le soient vraiment. C’est probablement un atout dans un secteur hautement concurrentiel comme la SVOD, mais reste que l’effort doit être souligné. Wolf Creek, The Commons, No Activity, ou encore Romper Stomper, sont des concepts qu’on n’aurait probablement pas trouvé sur des chaînes traditionnelles australiennes, et à peine plus chez la concurrence en streaming.

Trigger warning : dépression, tentative de suicide.

Bloom, une série de science-fiction lancée l’an dernier, ne fait pas exception. On y imagine ce qui se passerait si, après une catastrophe naturelle (une brutale inondation, en l’occurrence) touchant durement une petite ville, on découvrait dans les ruines une plante capable de rajeunir de plusieurs décennies quiconque la consommerait.



A l’origine, la première saison de Bloom a été lancée le 1er janvier 2019, et a depuis gagné une deuxième saison. En revoyant l’épisode inaugural pour les besoins de cette review (c’est l’article sur Ana Andi Nos qui m’y a fait penser), j’ai essayé de me souvenir de la raison pour laquelle je n’avais pas accroché, en dépit de l’idée intéressante qui fonde la série. Est-ce l’interprétation ? Non, elle est impeccable. L’exposition maladroite, alors ? Non plus, au contraire le récit prend le temps de mettre en place ses personnages et leurs affres bien avant de vraiment nous parler de la fleur magique. Bon alors la réalisation ? Même pas, c’est même extrêmement réussi. La musique peut-être ? Franchement non, étant donné qu’une bonne partie du soundtrack évoque celui de Twin Peaks, ce qui est toujours un compliment en ce qui me concerne.
Alors quoi, au nom du ciel, quel peut bien être mon problème ?!

Eh bien, le soucis c’est peut-être juste une question d’angle. Je crois que j’aurais voulu voir Bloom poser d’emblée des sujets autour de l’âge, la vieillesse et le temps qui passe, mais ce n’est pas trop le cas dans ce premier épisode. Certes, cela pourrait changer avec les épisodes suivants, mais précisément parce que cette introduction s’intéresse plus aux douleurs qui tordent les personnages qu’aux propriétés de la plante, il semble assez clair que ce ne sera pas le cas ou, au moins, pas en priorité. Ce que préfère aborder la série, et pour être claire ce n’est pas un défaut mais simplement une approche qui me parlait moins, c’est l’idée de retrouver ce qui a été perdu (et probablement le prix de ces retrouvailles, à terme). Le désespoir qui tenaille la bourgade de Mullan est largement établi dans cette introduction, non seulement à cause de l’inondation terrible qui a fait 5 victimes, mais aussi parce que plus largement, les problèmes de ses habitants n’ont pas commencé là et que pour beaucoup la vie est difficile de toute façon. Tous les personnages sont forcés de faire le deuil de quelque chose qu’ils ne retrouveront probablement jamais, qu’il s’agisse de leur mère, de leur ferme, de l’amour de leur vie ou même de leur mémoire.

Je ne peux assez insister là-dessus : ça ne fait pas du tout un mauvais drama, loin s’en faut. En outre Bloom prend son temps pour installer ce sentiment de perte et le désespoir qui en découle, aussi je ne lui reproche absolument pas son traitement pas plus que son thème. Simplement, cela n’a pas vraiment résonné avec moi, ce n’était pas ce que j’attendais. Peut-être que (une fois n’est pas coutume) la série est plus pessimiste que je ne l’espérais, peut-être que j’en ai marre que la fiction nous parle de la jeunesse plutôt que de la vieillesse (pas sûre d’être claire sur la nuance dans ce contexte précis, j’espère que vous voyez l’idée), peut-être que, comble de l’ironie, il faut parfois accepter qu’une série ne soit pas ce que l’on espère mais juste ce qu’elle est, avec les choix de son équipe de production même s’ils ne sont pas les nôtres. Ah, et il y a aussi une réelle possibilité que je sois personnellement terrifiée par l’idée de perdre ce qui m’est cher, à un degré si extrême que Bloom me refuse le déni que je pratique souvent. Il y a plein de raisons possibles, donc, et elles ne s’excluent même pas mutuellement.

Le fait est que je n’ai pas accroché, ni pour le premier, ni pour mon second visionnage. Peut-être que quand j’aurai accepté de perdre ce qui était autrefois mien, je serai un peu plus disposée à apprécier Bloom, qui sait ?

Tipeee

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

2 commentaires

  1. Même si tu n’as pas accroché, je te remercie d’avoir mis en avant les grandes qualités de cette série, tu la défends très bien. Que ce soit clair : dans sa vision du deuil, de la pulsion de vie, son ambiance lourde de tristesse, je trouve que Bloom est le The Leftovers australien, et à peu près son égal.
    Je n’ai vu que la 1re saison. Pas encore vu la S2, mais vu le finale de la S1, très conclusif. Je suis perplexe quant à ce que ça va raconter, mais je vais bien voir ça. Pour la S1, je te confirme qu’on ne saura à peu près rien de la plante magique (tout comme on ne sait à peu près rien de l’enlèvement initial de The Leftovers), elle sert de prétexte comme tu l’as bien remarqué aux tourments des personnages. C’est ultra sombre, triste, désespéré, mais c’est si poignant que mon cœur a chaviré à plusieurs reprises. Merci d’en avoir parlé, lady !

  2. Mila ♥ dit :

    Ce rappel, au début, que je n’ai toujours pas regardé Wolf Creek… oups *rougit* (je sais qu’en vrai tu ne me fais aucun rappel et encore moins un reproche, parce qu’il n’y a rien à reprocher, mais haha, un jour, je regarderai cette série)

    En tous cas, comme dit le Binge Doctor, bien que tu n’aies pas accroché à ce premier épisode, au premier visionnage comme au second, tu en défends bien les atouts. Je ne sais pas si ça m’attire, quelque chose d’aussi pessimiste et sombre mais ça a l’air intéressant malgré tout.

    Oh, et +1 pour la référence dans le titre et le long de l’article bien sûr ^^ !

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