De père en flic

5 janvier 2022 à 21:13

J’aimais bien le concept de Folk med ångest (soit Anxious People de son titre international), une série suédoise lancée en catimini par Netflix à la toute fin de l’année. Sur le papier, c’est ce dont les séries sympathiques sont faites : un mélange de sujet vieux comme le monde et de variations sympathiques, presque innovantes, pour un peu.
Cela étant posé, je m’apprête à reviewer le premier épisode de Folk med ångest avec la ferme intention de ne pas en voir plus, au moins pas dans l’immédiat… et voici pourquoi.

Bon alors ce concept, quel est-il, pour commencer ?
Folk med ångest est l’histoire d’une étrange affaire : celle qui se produit dans l’appartement d’un immeuble parmi tant d’autres, que plusieurs personnes en apparence quelconques visitent, un jour comme un autre. Sauf que ce jour-là précisément, quelqu’un attaque la banque d’à côté, et en s’apercevant que deux agents de police sont présents sur les lieux, prend la fuite dans l’immeuble en question, et se réfugie dans l’appartement. Plusieurs heures passent, pendant lesquelles les otages sont retenues dans l’appartement, l’immeuble étant encerclé par la police, avant de finalement être libérées. Sauf que… où est passé la personne qui a réalisé le braquage ?
Pour le moment, le premier épisode de Folk med ångest n’est pas encore arrivé à la conclusion la plus évidente (on prétend pour le moment que la braqueuse s’est échappée), mais on y vient, sans aucun doute : le braquage aurait été réalisé par quelqu’un se faisant passer pour otage ! Le jeu étant naturellement de découvrir qui…

Ce qui est intéressant dans ce premier épisode, c’est que finalement Folk med ångest n’a pas tout-à-fait envie de s’intéresser au huis clos. Ou au moins, pas tout de suite. Les personnalités des otages sont assez peu détaillées (ça ne commence vraiment que vers la fin de l’épisode introductif), sans même parler de motifs ou d’opportunités.
Non, à la place, Folk med ångest veut nous parler des deux flics, non seulement parce que l’enquête va évidemment être vécue de leur point de vue, mais parce que la série veut aussi nous humaniser. Une large place de l’intrigue de ce premier épisode se concentre ainsi sur la relation père-fils entre Jim et Jim, policiers en uniforme qui vivent également ensemble. Ils ont, chose exceptionnelle, une plutôt bonne relation, et sont proches aussi bien au travail (ils sont partenaires) qu’à la maison. Mais voilà : c’est la veille du Nouvel An, et tous deux composent en outre avec des rapports familiaux tendus avec Jill, fille de Jim et sœur de Jack. Leur fera-t-elle encore faux bond cette année ? Le cœur tordu par le désir de revoir sa fille, Jim lui a en effet secrètement réservé un billet pour qu’elle vienne en ville…
Dans d’autres séries, cette intrigue serait très secondaire, permettrait de dire qui sont les enquêteurs hors de leur enquête ; mais elle occupe dans Folk med ångest une place équitable avec l’histoire du braquage, au moins. Au point qu’à elle seule, elle annule presque totalement les passages comiques de ce premier épisode, faisant marcher la série sur la corde raide de la dramédie, plutôt. Ce n’est pas un tort, loin de là ; il y a quelque chose de vraiment touchant à les voir interagir, se soucier l’un de l’autre, et se parler sur divers tons pendant ce premier épisode. Mais cela signifie tout de même que Jim et Jack ont beaucoup de préoccupations qui occultent un peu le cœur de notre affaire.

D’ordinaire, je n’ai vraiment pas envie de reprocher à une série, même une série qui se veut être une comédie, de ménager de la place pour de l’émotion et/ou des personnages ouvertement vulnérables. Dans le cas de Folk med ångest, toutefois, ce n’était pas du tout ce pour quoi j’étais venue, mais bien pour un huis clos (et/ou un mystère de chambre close) un peu délirant où n’importe qui pourrait être coupable (…voire, éventuellement, tout le monde) parmi une galerie de protagonistes hautes en couleurs. Je vous le demande : le matériel promotionnel de Folk med ångest vous donne-t-il l’impression que vous signez pour une belle chronique sur une relation entre un flic et son fils également flic ? Et pourtant c’est vraiment l’impression que laisse ce premier épisode.
C’est à cause de cela, et cela uniquement, que je n’ai pas envie de poursuivre la série (je n’exclus pas d’y revenir lorsque mes envies auront changé… mais je sais trop bien qu’il est très possible que j’oublie son existence dans l’intervalle). Si vous êtes moins fine bouche que moi, ou si mon avertissement aura suffit à ménager vos attentes et amoindrir la déception, alors allez-y, foncez, regardez Folk med ångest, ça n’a pas l’air mauvais en-dehors de cet inconvenient.


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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

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