Predator: Badlands (22 Février 2026)

22 février 2026 à 2:54

PredatorBadlands

J’adore Elle Fanning. Je ne dirais pas que je la suivrais dans tout ce qu’elle fait les yeux fermés, mais je garde un oeil sur sa filmographie avec intérêt depuis mon histoire d’amour avec The Great. Elle Fanning représentait 90% de la raison pour laquelle j’ai lancé ce film, les 10% restants étant à attribuer à une scène qui un jour, par hasard, s’est retrouvée dans mon algorithme sur Youtube. Je n’ai d’ailleurs vu aucun autre film de la franchise Predator, jamais. Ça ne risquait pas : les films d’action, c’est très rarement mon truc.
Alors croyez-moi : lorsque je vous dis que Predator: Badlands est l’un des meilleurs films que j’aie pu voir ces dernières années, et qu’à la limite si Elle Fanning n’y avait pas tenu un rôle je n’en penserais pas moins de bien (…mais que je suis quand même contente qu’elle soit dans un bon film !), ça veut dire beaucoup.
Il y a des films dont une grande partie du plaisir repose sur l’après : le temps (des heures, si on a de la chance) que l’on passe à repenser à ce que l’on a vu, à revenir sur la signification des choses, à se repasser des scènes pour s’en faire une lecture nouvelle, différente de celle que l’on a eue sur le coup. Si on a eu le temps d’en avoir une sur le coup ! Et j’ai très hâte de vivre ça avec P:B parce que la première lecture est déjà délectable. Predator: Badlands est un film d’action SF, pour sûr, mais c’est avant tout une réflexion sur le système patriarcal et sa transmission. Ou le refus de cette transmission. Le film n’en fait pas grand mystère, il y a même des moments où on ne passe pas loin de se le voir écrire noir sur blanc ; mais ça fonctionne du tonnerre. A plus forte raison parce que c’est un film qui sait qu’il sera vu majoritairement par des hommes qui ont de fortes de chances de se positionner du côté de la patriarchie (le public « attendu » d’un film d’action, surtout avec l’historique de cette franchise en particulier, est logiquement féru d’action, de violence, et plus largement de domination). Predator: Badlands parle à ce public-là, lui force la main pour faire preuve d’empathie en jouant sur son envie de s’identifier à un tueur comme le Predator, l’encourage à réfléchir à la véritable nature de ses valeurs. Et le film le fait sans prêche grandiloquente, pour vraiment ne pas risquer de prendre son public à rebrousse-poil : c’est un film d’action, donc son action parle pour lui. Efficace en diable.
Et le public féminin, dans tout cela ? Il a lui aussi droit à des réflexions non dénuées d’intérêt sur les rôles genrés modernes, les limites de la sororité, et même une petite critique pas bête du pouvoir dangereux des émotions, sur soi comme sur les autres. Il faudrait aussi mentionner le rôle de l’environment, la place des enfants… J’ai fini ce film il y a environ 15 minutes et j’ai déjà une liste longue comme le bras d’ingrédients à citer ! Tout dans Predator: Badlands se prête à des tonnes de réflexion pendant que le sang vert fluo gicle à l’écran. C’est incroyable comme c’est à la fois subtil et pas le moindre du monde. Je sais pas que faire de moi-même après un visionnage comme ça ; d’un côté j’ai envie de tester plein d’autres films d’action (de cette franchise ou pas) afin de vérifier s’il y a des perles similaires qui m’y attendent, et de l’autre, je veux juste aller me caler la tête sur mon oreiller et repenser à Predator: Badlands et ses métaphores pendant un certain temps. Des heures, en fait ; parce que j’ai eu de la chance.

RetourauSecretDiaryofaCinephile-650

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