Les vampires

27 novembre 2004 à 17:20

Un pan de mon histoire qui nécessitera très certainement un second volet ! Vaste sujet que les vampires.

Mais j’y ai repensé aujourd’hui, complètement par hasard, tout-à-fait hors contexte.

Il faut savoir que les vampires sont une de mes pires peurs depuis toujours. Mélange de stéréotypes communément admis et de mon propre imaginaire, j’ai eu beaucoup de mal à définir ce qu’était un vampire. Mais, grosso-modo, c’est quelqu’un de pas très net qui est prêt à vous aspirer (tout l’enjeu est de ne jamais découvrir quoi ). La variante par rapport à l’idéologie populaire est qu’un vampire n’a pas néeccairement de canines pointues, le teint blafard ou une cape draculesque. En fait, ce qui est le plus angoissant, c’est que le vampire n’a pas de forme. C’est une ombre. D’ailleurs chez moi ces deux termes (vampire et ombre) sont quasiment synonymes. Il a des yeux terrifiants qui n’ont pourtant aucun caractère concrêt : ni forme spéciale, ni couleur. Un vampire n’est palpable qu’au moment de l’intense douleur que vous ressentez dans le cou quand il est trop tard. Et surtout (source de mes plus édifiantes crises de panique), le vampire n’a pas de plan d’existence défini : il apparaît en rêve comme dans le réel. Ca le dérange pas de voyager pour vous piéger.

Cassons-là les stéréotypes encore non passés en revue dans cette note : non, un vampire ne pratique pas d’arts martiaux, ne meurt pas grâce à un simple piquet de bois, ni ne craint la lumière (que serait une ombre sans elle ?) ni l’ail. Et surtout, il n’a pas peur des autres. Ceux qui par hasard pourraient se trouver dans la même pièce ne l’intimident pas : parents, petit ami, ours en peluche…

Le seul moyen d’échapper à un vampire est d’en passer inaperçu : planquée sous les couvertures marchait plutôt bien pour moi jusqu’à l’adolescence où j’ai eu envie de respirer l’air frais de ma chambre plutôt que celui, quelque peu étouffant, de sous mon édredon. Les moyens de lutte se sont diversifiés : à ce jour je m’assure simplement de la meilleure visibilité possible dans la chambre. En résumé, j’évite de laisser des zones d’ombre plus fortes que d’autres. Personne ne dort aussi bien que moi en pleine lumière. Plus il y a d’appareils électriques en fonctionnement (avec leur lot de voyants divers et variés), plus je suis à mon aise, ce qui irrite souvent mes compagnons de chambrée ! Les pieds bloquant instinctivement le bas de ma couette (histoire de ne pas sentir un main me happer un membre éloigné du troupeau), laquelle orne mon cou comme un énorme collier, j’inspecte la pièce dans ses moindres détails avant de consentir à fermer les yeux (et passer à la suite du plan, non moins ardu : dormir, mais cela a, je crois, fait l’objet d’une note à part entière).

Les vampires sont ma hantise depuis toujours et je doute que cela cesse une jour. Même sous somnifères (à l’époque où je tentais le coup… ah ! j’en ai gaspillé des sous pour mon sommeil ou prétendu tel !), les vampires ne me lâchent pas. Bref, je vis avec les vampires depuis toujours et ai donc systématiquement une pensée pour eux lorsque je vois un ombre difforme dans un film.

Pourtant aujourd’hui il n’y a pas eu d’ombre furtive dans ce qui m’a fait penser à eux. J’étais en plein visionnage de Sex & the City (déjà la 6e et dernière saison, que le temps passe vite, quand je pense que je pleurais déjà sur une rupture quand j’ai découvert cette série !) et soudain il m’est apparu clairement qu’Alexandr Petrovski était un vampire. Nouvelle génération. Un vampire pour adulte. De ceux qui prennent une femme formidable et lui aspirent tout. J’ai tourné le regard et j’ai vu mon voisin en train de regarder l’épisode avec moi (indigné bien-sûr, puisqu’il n’a aucune conscience de ce qu’il m’a fait). Eh oui les amis, j’ai vécu avec un vampire pendant un an et demi.

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