12 heures

28 avril 2006 à 4:00

Tout se joue et rien en se joue. Les enjeux de ce qui se passe dans 12 heures sont, finalement, plus que négligeables. Ma vie ne va certainement pas être bouleversée par ce week end alors pourquoi toute cette appréhension ? C’est ridicule. Si vous le voulez bien, voyons ça ensemble. (et si vous ne le voulez pas, vous savez sortir de là !)

La vérité vraie c’est que je n’ai pas envie que ma vie change, du moins pas dans ce domaine. Je suis tellement satisfaite de mon célibat ! En fait c’est surtout la perspective d’avoir quelque chose sur quoi fantasmer (et même pas nécessairement au niveau sexuel) qui est le plus grisant. Irais-je me plaindre s’il venait à se passer quelque chose ? Peut-être pas quand même, certes, justement parce qu’être capable de rêver que c’est possible est un délice à lui seul. Mais j’avoue que s’il ne se passait rien je me contenterais de cet état de fait sans problème. Je ne cherche pas quelqu’un, je ne suis pas en demande. J’ai plein de choses à gérer sans ça et finalement je m’en suis très bien passée dernièrement.

Me laisser croire que c’était possible a-t-il pu permettre que je laisse croire que c’est possible ? (attention, faut suivre) Le problème quand deux personnes sont en jeu, c’est qu’on n’est jamais sûr à 100% de ce qui se passe chez l’autre (si je n’ai pas au moins retenu ça de la dernière fois, quand même, c’est que je n’ai rien retenu). Je me sais capable de jongler avec l’idée de cette éventualité sans trop de conséquences, comme avec une petite balle qui tiendrait dans la main et qui, si elle tombe, n’est pas suffisamment lourde pour m’écraser le pied. Mais je suis pas la seule, n’est-ce pas ? Comment savoir si l’autre en attend plus que moi ?

C’est finalement ça, le défi dans 12 heures. C’est que quel que soit mon degré d’attachement, le sien n’est pas systématiquement identique, et il faudra gérer ça.

J’ai jonglé pendant deux à trois semaines, la balle a tourné, virevolté, sauté, rebondi, ça m’a amusée et je n’étais qu’à moitié consciente d’y jouer, je me rendais avant tout compte du plaisir du jeu et du fait que c’est une balle qui me plaît. Mais après ? Ai-je envie de devenir pro du basket ou du volley pour autant ? Rien n’est moins sûr. Mais… si je ne veux pas continuer à jouer à la balle, moi, dans 12 heures ?

Certes, j’ai peur. Mais j’ai avant tout peur du rejet, au cas où. Et simplement parce que de tout temps le rejet m’a terrifiée. Quelle que soit l’identité de la personne qui me rejette, ça me glace le sang d’y penser.

Finalement je savais bien que j’en arriverais là. Que ça ne se passait pas dans 12 heures. Je sais très bien ce que je veux : je veux avoir des portes ouvertes sur mes petits rebonds de balle, tranquillement. Je veux qu’on me donne des occasions de rêver que c’est possible sans en faire quelque chose de réel. Je veux me dire que si je veux, c’est faisable, mais je ne le veux pas. Je savais bien que je me rappellerais de tout ça au dernier moment et que je me dirais « oh pis flûte, j’y vais pas ». Je vais y aller, parce que j’ai promis, mais j’ai pas vraiment envie qu’il en ressorte quelque chose. Si ça arrive ce sera que je me suis laissée allée sur le moment à ce qui est possible. Mais je ne le veux pas. C’est trop compliqué pour moi.

C’est un peu (épargnez-moi vos rires) comme si on me donnait la possibilité de devenir mannequin. L’idée qu’on m’offre la possibilité de voyager, travailler, gagner de l’argent, peut être séduisante. Mais entre nous, moi qui n’aime pas les fringues, qui aime bosser dans un coin de bureau tranquillement, et qui ai horreur qu’on me retouche les vêtements ou les cheveux, je sais bien que c’est pas un boulot pour moi. C’est pareil. C’est pas pour moi.

C’est une idée amusante et elle aura duré jusque dans 12 heures. Mais à ce moment-même, tout ce qui en faisait le charme aura disparu. Ce sera devenu une réalité, avec ses avantages et ses inconvénients. J’ai déjà pas mal de choses dans ma vie qui ont des avantages et surtout des inconvénients, non ? Est-ce que j’ai en plus envie de m’embarrasser à gérer des relations avec quelqu’un, de quelque ordre qu’elles soient ? Bah non. La voilà la vérité : non. J’ai pas envie. J’ai pas envie de ces complications dans ma vie. J’ai juste envie de rêve et ça je l’ai, je fais plus que m’en contenter : dans ce domaine, c’est actuellement la limite de ce que je veux. Le reste est en trop.

C’est trop tard pour faire marche arrière, puisque j’ai promis. Et puis ya une bonne dose de curiosité, maintenant, avec la sauce qui est montée pendant une semaine (auto-alimentée par nous deux, qui avons continué à faire rebondir la balle encore un peu). Je me demande comment ça va tourner, mais ya un scenario qui me fait peur, et un qui ne m’intéresse pas. Ca laisse peu d’ouverture à ce qui va se passer dans 12 heures non ?

Je ne veux pas me laisser emporter par l’ivresse du moment et de l’attente. Je ne veux pas non plus blesser qui que ce soit. Je m’aperçois que je suis une enfant qui n’a pas trop envie des jeux des grands et qui s’est une fois de plus fourrée dedans parce qu’elle n’a pas fait attention.

Donc : je vais y aller, il ne va rien se passer, et la magie sera morte.

Bordel, ça valait le coup.

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