FIREWALL III

8 novembre 2007 à 1:09

Quand je regarde les choses avec du recul, je me dis que c’était si évident…

Si cet homme m’avait sincèrement aimée, il n’aurait pas accepté un travail à plusieurs centaines de kilomètres de moi, c’est évident…

Au lieu de ça, il attendait depuis le printemps que cet employeur lui fournisse du travail, et a déménagé en deux jours lorsqu’un CDD lui a été offert…

Comment ai-je pu croire que cet homme m’aimait alors que je ne faisais que lui tenir compagnie ? Je n’étais là que pour meubler sa vie en attendant que ce qu’il voulait vraiment se produise.

Il dit qu’il ne veut pas couper les ponts, garder le contact… mais je me sens tellement trahie que j’hésite entre pleurer toutes les larmes de mon corps et lui arracher les yeux. S’il était en face de moi, je ferais probablement les deux en même temps, mais il s’est justement enfui, alors je ne peux pas montrer ma rage, juste ma tristesse.

Je suis profondément déçue parce que je me suis laissée berner. Je m’étais promis que ça n’arriverait plus. J’ai été vigilante pendant longtemps cette fois, mais pas assez encore de toute évidence. J’ai cru aux mots d’amour mais ils ne voulaient rien dire pour lui.

Quand je pense qu’il y a quelques temps il me disait que sa priorité, dans la vie, c’était moi… mais ça n’a jamais été moi… et je comprends maintenant que ce n’est pas une question d’immaturité, il n’y a rien à attendre : je ne serai jamais la priorité de cet homme, parce qu’il me considère comme un accessoire dans sa vie, pas comme une personne aux côtés de qui avancer. LA priorité ç’a toujours été lui et nul autre.

En vérité, je n’aimais pas quand il me disait que j’étais sa priorité. Mais avec le temps, même si je ne voulais pas êtr sa priorité, je rêvais que ce soit « nous » cette priorité.

Je devrais arrêter de croire que ma vie peut s’améliorer. Non, je ne trouverai jamais d’homme qui soit meilleur que les autres, aucun à qui je puisse donner ma confiance, et je me déteste d’avoir été eue à l’usure.

Quand il y a un an et demi maintenant, il m’a montré qu’il m’aimait et que je pouvais lui faire confiance, j’étais réticente, méfiante… je n’avais pas encore tout-à-fait guéri de l’expérience précédente avec T., j’avais peur que quelqu’un d’autre me fasse du mal. Il m’a mise en confiance ; je ne pense pas qu’il y avait d’intention cachée de sa part. Il n’y avait probablement aucune intention cachée de sa part. Il devait juste se dire que si je ne lui faisais pas confiance, ce ne serait pas une relation facile.

Il a mis du temps à gagner ma confiance. J’ai arrêté de me méfier de tout. J’ai arrêté de craindre qu’on me brise le coeur… j’ai arrêté de prendre les hommes pour des salauds égoïstes et les mettre tous dans un seul sac.

Aujourd’hui, je regrette de ne pas être restée sur mes gardes. J’aimerais tellement pouvoir me promettre que je ne tomberai plus jamais amoureuse, que je ne ferai plus jamais de projet d’avenir avec quelqu’un, que je n’espèrerai pas quelque chose pour mon futur… mais je sais qu’à chaque expérience de ce type, je me referme brutalement sur moi-même, puis je m’aperçois que je manque encore plus d’affection et tout recommence…

Peut-être que quelque chose m’a manqué à un moment. Peut-être que je ne saurai jamais choisir des hommes qui ne me font pas souffrir. Ca s’appelle un schéma, je suis tout-à-fait le genre de fille à traîner des schéma depuis toujours… ça me ressemble bien ça.

Ca me fait horreur de penser que j’ai su m’ouvrir à quelqu’un une fois de plus, et que j’ai fait l’erreur de me laisser approcher.
Je déteste mon besoin d’affection. Je me déteste de vouloir plus que ce que je ne peux avoir. Je me déteste d’espérer en partie qu’il me rappelle et qu’il me dise des mots rassurants. Je me déteste parce que je sais que s’il le faisait, j’aurais envie de le croire. C’est terrible cette race d’homme qui n’a pas besoin de vous mentir pour vous trahir…

La vérité, c’est que malgré moi, je commençais à faire des projets. Mais les projets, ça ne marche jamais. Je devrais le savoir maintenant.

Je me déteste de n’être pas capable de m’endurcir plus encore. C’est vers ça que j’ai envie de tendre : devenir plus dure et intouchable encore.

T. m’avait pas mal transformée déjà, mais cette fois je dois aller plus loin, je dois plus me blinder, je dois plus me fermer.

Ce ne doit pas être si dûr de faire une croix définitive sur mon besoin d’affection, finalement ; j’ai su faire une croix sur tout le reste après tout…

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