Les affres de la souffraaaaance

14 janvier 2008 à 11:55

Monsieur Patron vient de partir pour l’après-midi ; on ne le reverra plus. Ca n’a pas loupé : « bon, je descends fumer ma clope ». Gageons qu’elle ne remontera pas avant l’heure du déjeuner, le temps de prendre son sac et HOP ! (EDIT : dans l’intervalle, elle est remontée, a saisi un sac plastique avec des papiers dedans et s’est isolée dans un bureau pour des trucs persos…)

Une collègue passe la chercher ; « il est parti pour l’après-midi », souffle DOM THOM avec un petit sourire en coin, ce à quoi la collègue répond « ah bah la journée est finie ! ». Oui, si on omet volontairement la liste de choses qu’il a données à faire dans l’intervalle, oui, si on veut.

Tout en toussant, DOM THOM descend donc à sa fichue pause clope.

Ce qui est fascinant avec DOM THOM (si, si c’est fascinant, si-si j’insiste), c’est cette propension à souffrir en permanence.

Il y a quelques mois, je découvrais les aventures de Petite Merde, esclave de Dracula. DOM THOM partage non seulement ses attaques de flemmingite aigüe avec Dracula, mais aussi ce tempérament de souffreteuse perpétuelle.

Comme elle, le matin, sa première phrase va à sa santé. La plupart des gens, lorsqu’ils se connaissent sur un plan strictement professionnel, mais régulier, et qu’ils se voient le matin, entament la journée de façon polie: « Salut, comment tu vas ? ». Et alors là, attention, regardez bien, la réponse sera : « bien et toi ? ». Eh oui, même si votre chien est incontinent, que votre facture EDF a doublé ou que votre petit dernier ne fait toujours pas ses p*tains de nuits, irrémédiablement, ça va. Quitte à en parler dans la journée si le coeur y est, mais en tous cas, de bon matin, tout le monde va bien, merci.

Mais DOM THOM est bien au-dessus de ces considérations. A cette question, elle répond invariablement que ça ne va pas. En fronçant les sourcils. En portant la main là où ça fait mal (ce peut être le ventre, la tête, les oreilles, n’importe quoi). Et naturellement pour rien au monde elle ne se souciera de comment je vais. C’est vrai qu’à côté de ses problèmes de santé, mes soucis seraient forcément dérisoires, il faut dire.

Je ne manque pas de m’émerveiller devant la multitude de douleurs dont DOM THOM est percluse. C’est sans conteste un cas pour la science. Chaque jour qui passe elle a quelque chose qui ne va pas, toujours un truc différent. La seule constante c’est que ça ne va pas, qu’elle a mal, qu’elle souffre, qu’elle en peut plus.

A côté de ça, DOM THOM ne se soigne jamais. Lorsque, comme un peu plus tôt ce matin, elle se plaint d’avoir mal au dos (les lombaires et les épaules principalement, si j’en crois sa gestuelle), et qu’elle décrète qu’il faut qu’elle passe des radios, n’allez pas croire que ça veut dire qu’elle va réellement passer des radios. Non, c’est pas comme ça que ça se passe. Elle doit passer des radios et cette perspective à elle seule décuple la douleur. Ca fait jamais qu’un mois qu’elle est à l’article de la mort mais qu’elle se refuse à aller voir un médecin.

Non, c’est pas tout-à-fait vrai : elle est allée voir un médecin la semaine dernière lorsqu’elle avait une fièvre de cheval (ainsi que mal à la gorge, à la tête et aux oreilles, parce qu’un malheur n’arrive jamais seul à DOM THOM qui cumule systématiquement). Il lui a fait une piqûre et plop ! Miracle ! Le lendemain elle était sur pieds. Entendez que le lendemain, elle souffrait à nouveau mille morts et s’est plainte toute la journée (elle avait donc une excuse toute trouvée pour ne rien glander de la journée, et c’est très exactement ce qui s’est passé). Je ne sais pas quel genre de docteur a ce genre de piqûre miracle, mais je suis preneuse de toutes les bonnes adresses.

DOM THOM ressent aussi une profonde haine envers tout ce qui ressemble de près ou de loin à un médicament. Si elle a mal à la tête, alors le moindre petit paracétamol est hors de propos. D’une, elle a trop mal pour un paracétamol, c’est presqu’insultant de l’avaler alors que sa douleur est au-delà de ça, et de deux, si elle le prenait alors elle n’aurait plus de raison de se plaindre. Et qui dit ne plus pouvoir se plaindre, dit ne plus avoir de circonstances atténuantes pour ne pas en foutre une rame.

DOM THOM dit aujourd’hui souffrir à nouveau des oreilles. « J’ai peut-être un début d’otite, d’après le médecin », disait-elle la semaine dernière. Si tel était le cas j’ose espérer qu’un docteur aurait pris les choses en main pour lui éviter les détestables désagréments qui adviennent lorsqu’une otite empire (je parle de connaissance). Mais apparemment non. Ce qui fait que quatre jours plus tard, on en est encore au même point. Croyez-moi, la douleur aigüe et insoutenable d’une otite, on ne lui résiste pas bien longtemps. Deux ou trois jours à ce rythme et vous suppliez votre médecin de vous faire une ablation des oreilles. Mais, digne, DOM THOM subit sa souffrance. C’est beau. Elle la surmonte même lorsqu’il s’agit de passer des heures au téléphone à enguirlander ses enfants. Moi franchement ça me tire des larmes une telle abnégation.

Ce qui est touchant chez DOM THOM, finalement, c’est qu’en dépit de toute cette souffrance physique, elle parvient tout de même à conserver sa bonne humeur.

« Pffff, j’te jure, j’en ai marre, hein… »

Ah tiens, non. Au temps pour moi.

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