Natsu Hanabi

13 juillet 2008 à 23:37

J’habite à un étage surélevé, avec une vue (presque) parfaite sur une plaine, dans une agglomération très peuplée mais verdoyante. Ce soir, j’ai assisté au feu d’artifices du 14 juillet assise confortablement depuis mon bureau, avec les couleurs des étincelles qui se reflétaient sur les arbres et les toits des maisons.
Et si j’avais bougé un peu, j’en aurais vu deux autres.
La grande classe, ou le summum du pathétique, c’est selon le point de vue. Moi je trouve que c’est bien sympa de ne pas avoir à se déplacer pour profiter du spectacle. Ce n’est qu’un petit feu d’artifice de banlieue, après tout, pas le spectacle du siècle, c’est plaisant comme ça.

C’est un 14 juillet passé seule.

L’an dernier, G et moi étions accoudés à cette même fenêtre et comptions les feux d’artifices dans la région.
L’année d’avant, nous étions sur les Champs Elysées (il était malade, mais c’était quand même romantique).
Et là je suis seule.

Je ne regrette pas les deux 14 juillet passés, la fête ne représente rien pour moi, et je ne pense plus à G de cette façon, mais force est de constater que je suis seule.
C’est juste un marqueur, en fait.

Il y a 8 ans, je passais cet instant sur la Seine, sur un bateau, à penser que j’aurais aimé être avec celui que je pensais aimer à l’époque.
Aujourd’hui je suis chez moi, je regarde les feux d’artifices d’un œil distrait, et je me dis que je suis contente d’avoir demain une journée de congés supplémentaire.
Les choses changent.
Mes attentes aussi.

L’an prochain, je regarderai peut-être les feux d’artifice de cette fenêtre à nouveau, seule. Ou bien avec quelqu’un. Ou je les regarderai de la fenêtre d’un nouvel appartement. Ou autre chose.

La vie réserve tellement de surprises. On a tellement de possibilités qui s’offrent à nous sans qu’on le sache. On ne sait pas où on va, même quand on marche d’un pas décidé. J’ai pris un certain aspect de ma vie en main, les choses changent sur un certain plan. C’est bien.
L’an prochain peut-être que je serai en train de travailler à l’amélioration d’un autre aspect de ma vie. En train de faire mes cartons pour un nouveau déménagement. De fêter ma titularisation. De m’amuser avec de nouveaux amis. De célébrer un projet qui enfin se concrétise totalement. De préparer l’arrivée d’un nouveau chaton dans la maisonnée. De faire mes comptes pour m’offrir un truc génial. De faire un voyage.
Je ne sais pas. Qui peut dire. Il va se passer douze longs mois et je ne sais pas ce qu’ils portent en eux. Il y a un an, je ne pensais pas qu’il en soit autrement que le prochain 14 juillet soit en compagnie de G. Je trouvais dommage qu’on ne sorte pas plus, je me disais que ça attendrait que notre situation financière s’améliore, on s’est séparés avant, c’est comme ça, on ne peut jamais vraiment prévoir.

Cette année je suis seule. Je le serai peut-être encore l’an prochain. Ou peut-être pas. Ou peut-être pas de la façon dont je le crois. Cette année je suis seule, et pourtant je suis dans une période où j’ai envie de m’amuser, de rire, de partager des choses, ça faisait longtemps que je n’avais pas été aussi ouverte, mais voilà, j’avais fait le vide avant, le chômage avait fait le vide avant, bref ya personne pour profiter de ma bonne humeur et de mon envie de communiquer. Il faut juste que je prenne le temps de construire des liens avec des gens. Je ne sais pas qui, je ne sais pas comment, mais cette année, oui, je suis seule, voilà tout.

Je suis seule aujourd’hui. Ca ne me rend pas triste. Je constate, simplement. C’est comme ça. C’est pas grave. Ça passera. Ou pas.
C’est juste un peu bête.

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