I’m a survivor

26 août 2008 à 20:28

Si Reba était de la morphine, en ce moment je planerais complètement. Pendant mes rangements récents, je suis en effet retombée sur la saison 3… et, vous comprenez, comme je ne me rappelais plus trop à quel épisode je m’étais arrêtée, j’ai préféré, par sécurité, me l’enfiler intégralement. Une fois cette précaution prise et ma mémoire rafraîchie, j’ai évidemment embrayé sur la saison 4. Et c’est là que je suis devenue un peu monomaniaque, je dois dire.

J’ai commencé par ressortir le best of de Reba McEntire « I’m a survivor » que j’avais cagoulé lorsque j’avais découvert la série, et dans la foulée je me suis mise à jour sur la discographie de Reba, avec notamment Every Other Weekend qui tourne en boucle depuis hier, puisqu’il s’avère qu’en plus je suis à l’occasion une amatrice de country. Mais bon, c’est pas pour ça que vous êtes là, pas vrai ?

Bref, depuis environ une semaine, Reba me satisfait télévisuellement, musicalement… si en plus elle pouvait me préparer des milk shakes à la fraise dans ma cuisine, je l’épouserais (parce qu’en plus elle est rousse, ce qui n’arrange rien à mon obsession).

Je cagoule donc la saison 4 (même pas honte) par couple de deux épisodes, et comme je suis en pleine fringale, j’ai même ressorti mes épisodes de la saison 2 pour m’occuper en attendant (disons qu’au départ je cherchais la saison 1 pour tout reprendre depuis le début, mais j’ai pas réussi à remettre la main dessus ; ne vous inquiétez pas, je n’abandonne pas).
C’est marrant que, pas loin d’un an et demi après avoir découvert la série (j’avais arrêté pour de bêtes raisons de place), je me retrouve à présent dans une telle frénésie. Comme au premier jour, en fait… mais avec plein de place cette fois !!!  Merci moua pour ce rangement !

Ce qui me plaît dans cette charmante série (ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : elle ne révolutionnera pas la télévision ; c’est juste mon obsession du moment, pas une révélation), outre essayer d’imiter l’accent de Reba McEntire, par exemple quand elle prononce « Cheyenne » (oui ça me fait marrer, mais qu’est-ce que j’y peux si je m’amuse d’un rien ?), ce sont les personnages foufous comme Barbara Jean et Van, associés au côté finalement assez tendu, émotionnellement, de la série.

La saison 1 a établi les bases, comme il se doit : Reba, qui jusque là se pensait heureuse en ménage comme en famille, a appris que son mari Brock la plaquait pour son assistante Barbara Jean après l’avoir mise enceinte ; pendant ce temps, sa fille Cheyenne, folle amoureuse de son crétin de copain Van, lui a annoncé être enceinte. Ouch. Le réajustement n’a pas été facile, mais en saison 2, déjà, un certain équilibre s’était installé. Certes, l’animosité de Reba envers Barbara Jean n’était un secret pour personne, et source de répliques… assassines, mais la cohabitation (puisque le couple s’est installé à deux portes de la maison familiale) se passait relativement bien, et Cheyenne et Van commençaient à prendre un peu de plomb dans le crâne, devenant des parents responsables, ou à peu près. Le vrai évènement perturbateur de cette saison a surtout été la rébellion de Kyra, partie vivre avec Brock et BJ (encore une douloureuse scission pour Reba, mais elle a géré).

Mais avec la saison 3, qui a vu le couple Brock/Barbara Jean prendre l’eau, et la saison 4 où ces deux-là tentent la réconciliation maladroitement, pendant que Cheyenne et Van commencent à manquer d’air, je n’arrive cependant pas à me dire qu’il ne s’agit que d’une comédie. Les saisons passées ont su tisser une réelle tendresse avec tout ce petit monde, qui fait qu’on ne se contente pas de trouver ça drôle. Non, évidemment, ce n’est pas une série dramatique, et d’ailleurs sans les gags ça manquerait aussi de charme, mais… les relations fonctionnent parfaitement, elles sont écrites avec beaucoup de crédibilité. Elles se développent sur le long terme, lentement, s’étiolent ou se tissent, mais elles restent compréhensibles, elles n’ont presque pas l’air d’être des ressorts scénaristiques. Ce ne sont pas des prétextes pour caser des blagues, c’est un ensemble cohérent. Un peu comme la vraie vie, mais avec un dialoguiste.

Au point où j’en suis, l’épisode le plus intéressant de la saison 4 est celui où Barbara Jean pousse Reba à aller voir le thérapeute qui s’occupe de rabibocher BJ et Brock. Alors que Barbara Jean s’était montrée plus ou moins réticente aux incursions involontaires de Reba dans son couple, c’est déjà un départ intéressant… quant à Reba n’en parlons pas, elle n’a cessé d’essayer de se dégager de la relation la liant à Brock depuis qu’à la fin de la saison 3, il lui a confessé qu’il pensait que la quitter pour BJ avait peut-être été une erreur (comment ça, « peut-être ? »). Mais, en apprenant que BJ et Brock la tiennent pour responsable de l’échec de leur couple (un comble), et surtout qu’ils y sont encouragés par leur psy, Reba se rend chez celui-ci folle de rage et prête à mettre les points sur les « i ». C’est là que l’épisode glisse de la structure habituelle avec délice.

Depuis des semaines qu’elle encourageait son ex-mari à se réconcilier avec sa seconde épouse, soudain Reba exprime des choses qu’on n’avait pas du tout perçues, du moins certainement pas aussi franchement (quand elle s’était énervée après la révélation de Brock, on se doutait bien qu’elle avait été touchée, mais elle n’en avait rien laissé paraître). Tout dérape, Reba montre des signes de faiblesses, et l’épisode met le doigt sur l’ambigüité de la situation : ce n’est pas si simple de vivre à deux pas de chez son ex et sa nouvelle femme. On comprend mieux pourquoi elle ne semble pas faire d’effort pour faire de nouvelles rencontres : l’omniprésence de Brock l’en empêche.

En véritable furie, volcanique de colère, Reba montre en fait à quel point elle est terrifiée à la fois à l’idée d’avancer et de revenir en arrière. Jusque là, elle avait fait de grands progrès, se montrant moins psychorigide que pendant la première saison, plus ouverte, plus calme (ça se voyait même au niveau de son look, il suffit de regarder son vilain tailleur strict dans le pilote)… mais on la sent bel et bien torturée par la situation. Etant une psychorigide moi-même, je la comprends bien : depuis que Brock a commencé à subir sa crise de la quarantaine (la seconde, selon Reba, puisque la première c’était de la quitter… « tu n’as droit qu’à une seule ! »), la famille avec toutes ses pièces rapportées vit dans le flou ! A commencer par Kyra qui en fait les frais en première ligne. Et ça, l’instinct protecteur de Reba surdéveloppé a forcément encore plus de mal à l’admettre !

Et ce que j’aime avec ce personnage, c’est sa façon de couvrir son trouble par une tempête colérique. Au final, l’épisode permet simplement de poser les choses à plat, et de terminer de remettre Brock sur les rails, sans prêter à autre conséquence (j’imagine assez bien la réaction de Barbara Jean dans le cas contraire !). Mais on comprend bien que les liens entre ex-époux sont plus complexes qu’il n’y parait (et je ne dis pas ça que parce que je regarde le clip de Every Other Weekend en boucle, promis !). Reste que l’épisode a permis au personnage de Reba de gagner en profondeur, avec en prime une excellente scène (où cette chiffe molle de Patrick Duffy fait tâche, mon Dieu, il est encore plus énervant en VO avec sa voix de fausset) finement écrite, loin des poncifs de la comédie, bref comme je les aime.

Heureusement, dés l’épisode suivant, les loufoqueries de Barbara Jean, les moues improbables de Van, la blondeur de Cheyenne et le cynisme perfide de Kyra ont repris de plus belle. Ouf ! Ca reste quand même l’intérêt d’un sitcom… pourvu qu’il y ait encore de la place pour un peu de crise de temps à autres. Mais, vu le méchant spoiler que je me suis pris en me renseignant sur les DVD de la série (bah oui, ya pas que le cagoulage dans la vie), et ne serait-ce qu’au vu de la tournure que prennent les choses pour Van, je ne me fais pas de soucis.

Et aujourd’hui, comme mot de la fin, j’ai envie de vous donner DEUX liens et non pas un :
Pour ceux qui manquent cruellement de culture télévisuelle : la fiche Reba de SeriesLive.
Pour ceux qui manquent cruellement de culture musicale : le clip de Every Other Weekend de Reba McEntire (en duo avec Kenny Chesney), où jouent deux des acteurs de Reba (mais, je l’espère, sans rapport avec la série… pourvu que je ne me sois pas pris un gros spoiler avec cette video !!!)

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