Emmy-racle

16 novembre 2008 à 0:40

Je ne connais rien de comparable à une cérémonie des Emmy Awards. Je pourrais regarder ça pendant des heures, et d’ailleurs au moins une fois par an, je le fais. Mais s’il y avait plusieurs cérémonies des Emmys chaque année, vous pouvez être sûrs que je les regarderais toutes. En général, il est vrai que j’aime bien regarder des cérémonies de récompenses ; j’en regarde d’ailleurs avec plaisir pour mon autre passion, la Jmusic, vu que chaque année, quand arrivent les frimas, on en a plusieurs qui se présentent, c’est presque comme si chaque chaîne avait la sienne.
Mais les Emmys ont résolument quelque chose que les autres cérémonies n’ont pas. C’est vrai que, par exemple, les Golden Globes me donnent moins d’émotion.

Parce que c’est ça, c’est tout justement ça : l’émotion. Je suis au spectacle, et je suis à 200% dedans. J’adore voir les animations prévues pour les présentateurs, j’adore surveiller le public et y reconnaître des visages connus, j’adore voir des petits extraits de séries que je ne regarde pas quand sont listées les nominations, j’adore les petits discours de remerciements, j’adore les séquences dédiées aux professionnels décédés l’année passée, j’adore tout. Je ris, je pleure, je bats des mains, je pousse des « oh » et des « ah », je suis très, très bon public, il faut le dire.

 

C’est vrai aussi que peu de choses m’émeuvent autant, dans ce genre de contexte, que les applaudissements. Je trouve que la reconnaissance qu’ils expriment est extrêmement touchante. Une assemblée de professionnels se réunit, et dit : « Ceci est du talent, ceci est du travail, nous l’avons vu, nous l’avons apprécié et nous allons vous offrir une soirée incroyable pour vous en récompenser. Et une statuette en or avec une nana ailée, aussi ». Et ça me fait juste fondre.

Si l’on juge sur un premier coup d’oeil, c’est juste Hollywood qui s’autocongratule, évidemment. Il y a des robes plus ou moins extraordinaires, des mecs en tuxedo un peu partout, de grands écrans et ce qu’il faut de speeches larmoyants. Ca a quelque chose de facile, d’une certaine façon. De conventionnel et de téléphoné.
On se dit parfois qu’untel aurait plus mérité de gagner le trophée que tel autre, ou qu’il y a du favoritisme, ou au contraire que certaines séries méritantes n’ont même pas été remarquées pendant leur long parcours, pour des raisons sur lesquelles on se permet de fantasmer un peu. C’est difficile de regarder une cérémonie des Emmy Awards en mettant de côté ses préférences. On voudrait toujours que les séries qu’on aime repartent avec un petit quelque chose. Que les acteurs qu’on apprécie aient le droit de monter sur scène et remercier tous un tas de gens que, nous, on ne connaît même pas. Difficile de rester objectif !

 

Mais, moi, ce qui me frappe quand je vois ces cérémonies, c’est avant tout que des professionnels du milieu ont reconnu que cinq ou six personnes, dans chaque catégorie, sont bons dans ce qu’ils font. Et finalement, qu’on soit d’accord avec leur choix ou pas, ça reste merveilleux.

Imaginez, je ne sais pas, moi. Vous êtes America Ferrara. Vous venez de décrocher votre premier rôle principal dans une série. Vous n’avez même pas 25 ans. Et là, toute une profession vous attribue un Emmy pour votre performance ? Des gens dont vous regardez le travail à la télé depuis 10, ou 15, ou même 20 ans ? Des gens qui parfois ont votre âge en expérience de la télé ! Imaginez le truc, quoi !
Voilà, eh bien moi je me dis ça tout le long de la soirée. Je me dis que Bryan Cranston ou Zeljko Ivanek sont des mecs qui bossent depuis des années et des années dans le milieu, et qu’enfin, ça y est, on les a vus. Je me dis qu’il y a des gens qui ont su capter le regard de leurs pairs et ça me touche énormément.

Vous savez bien que j’aime chialer devant la télé…
Alors cet aprem, je me suis enfilé les trois dernières cérémonies. Pour tout vous dire, en fait, je voulais retrouver celle de 2002 qui est sur l’une de mes VHS, mais sur laquelle j’ai été incapable de mettre la main (faut vraiment que je vous parle de mon rangement, d’ailleurs, ça devient épique), et ça m’a énervée. C’est comme ça que je me suis dit « bon, au pire, j’en ai une autre avec Conan O’Brien comme présentateur », parce qu’il est vrai que j’adore Conan O’Brien, que voulez-vous, c’est un roux, et en plus il est drôle. Bref je me suis rancardée sur celles que j’avais vues plus récemment (j’ai regardé la cérémonie de cette année deux fois déjà, avant aujourd’hui… ça y est, vous prenez la mesure de mon adoration pour ces cérémonies ?), et on pourrait penser que c’était par dépit et que le coeur n’y était pas, mais non, c’était formidable, j’ai ri, pleuré, battu des mains, poussé des « oh » et des « ah », tout comme si c’était la première fois. Je vais vous dire, j’en mangerais encore s’il m’en restait.

Mais voilà, impossible d’en dénicher d’autres… dites, vous auriez pas une idée sur la façon dont je pourrais m’approvisionner en vieilles émissions ? Genre, de plus de 3 ou 4 ans, voire même bien bien plus ?
Parce que, vraiment, je ne m’en lasse pas.

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3 commentaires

  1. Nakayomi dit :

    Tiens, alors je n’ai jamais vu une cérémonie dans son intégralité… Je me demandais si c’était trouvable ce genre de chose (euh, dans une langue que je comprenne, parce que se taper deux heures de discours uniquement en anglais, bof)… Tu m’y fais donc repenser… C’est pas que je sois d’ailleurs particulièrement fans de cérémonies, juste que j’avais envie de voir ce que ça donne… (Toute manière, j’ai remarqué que les nommés étaient rarement en adéquation avec mes goûts… )

  2. Jérôme dit :

    Aimer les Emmy Awards, pourquoi pas.

    Mais franchement cette année, entre les piètres animations et la fin de la cérémonie (trop) vite expédiée, ne me dis pas que tu as trouvé l’évènement réussi.

    Heureusement qu’il y avait Kirk Ellis pour déclarer que sa minisérie se dérouler à une « époque complexe, mais où les présidents savaient faire des phrases complètes »…

  3. ladyteruki dit :

    Non, je ne prétendrai certes pas que c’était la meilleure cérémonie que j’aie jamais vu, cette année, effectivement (ne serait-ce qu’à cause de mon biais envers Conan, mais aussi pour la platitude qui a dominé). Mais ça reste quand même un grand plaisir à regarder même dans les années dites « creuses », pour toutes les autres raisons énoncées.

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