United we stand

15 janvier 2009 à 17:05

Il va vraisemblablement m’en falloir un peu plus pour avoir un avis définitif sur United States of Tara, parce que là, un pilote de même pas 30 minutes, ça fait un peu court.

Déjà, c’est justement ça le problème : je m’attendais pas à ce que ce soit si court. Je m’étais résignée à l’idée que ce serait une comédie (il me semblait que le sujet était peut-être un peu trop facile pour de la comédie, mais déjà, c’est une comédie en single camera, ce qui laisse bon espoir… vous imaginez un sitcom comme ça ? le summum du ridicule), mais je pensais que ce serait une comédie à la Desperate Housewives : en format long. Bah non.
En fait, le ton n’est pas ouvertement celui de la comédie, et c’est sans doute ce qui est le plus perturbant. On n’est pas en face d’un Malcolm, si vous voulez. Mais on sait très bien qu’il ne s’agit pas d’une série dramatique non plus, parce que les choses restent trop en surface. On dirait que le choix entre les deux tons a été très difficile, et n’est pas complètement abouti à l’heure de ce pilote.

Le choix de la comédie pose d’ailleurs problème d’emblée, quand Tee et Buck, deux des personnalités de Tara, s’invitent ; il faut évidemment les gérer tour à tour, tout en guettant le retour de Tara elle-même qui a quand même droit à quelques scènes, que j’ai un peu envie de qualifier de prétextes à rappeler qu’il y a effectivement une personnalité centrale. Celle-ci manque justement tellement de personnalité et de substance qu’on finit par ne pas du tout voir le problème qu’il y a à la remplacer par d’autres alter ego… C’est même plutôt un soulagement. Comme les personnalités se succèdent et qu’il faut les présenter, chacune est une caricature et c’est, là encore, très dommageable. En gros, les personnalités de Tara manquent pour le moment de substance (et la personnalité d’Alice, suggérée au détour d’un dialogue, laisse à penser qu’on n’a pas fini de prendre les stéréotypes un par un pour chaque personnalité de Tara). Il n’y a même pas de subtilité dans le choix des premières facettes présentées : l’ado attardée, le mec vulgos, apparemment aussi la gentille femme au foyer…

Dans l’histoire, et ce serait presque dommage, le personnage le plus intéressant est celui du mari. Finalement, avec tous ces zouaves qui entrent et sortent sous diverses personnalités, c’est lui qu’on a le plus le temps de découvrir et d’apprendre à connaître. Et c’est tant mieux car je ne me plaindrai jamais d’un excès de John Corbett tant cet acteur est modéré… et agréable à regarder, ce qui évidemment ne gâche rien.
Son entrée en scène est hallucinante : débonnairement, il comprend en un clin d’oeil quel est le personnage en face de lui et interagit avec comme si c’était une vraie personne, indépendante de sa femme, tandis qu’il faut apparemment un peu d’adaptation à ses enfants. On se doute qu’il lui a fallu (surtout après 17 ans de mariage) apprendre à appréhender tout ça, à faire la part des choses, et ce sera sans doute très intéressant de voir comment lui, il a appris à gérer ce défilé dans sa chambre, et comment aussi Tara a réussi à se faire aimer de lui. Est-il resté justement à cause de ça ? Je me le suis demandé lorsque Tee lui a fait des avances… il les a repoussées mais, dans le fond, peut-être que tout cela l’excite aussi un peu. Auquel cas on se demande qui est le plus malade des deux dans ce couple.

Evidemment, on n’échappe pas au regard des enfants sur la condition de leur mère, et leur façon de vivre avec autant de mères différentes. La relation avec la fille aînée est assez prévisible, surtout avec Tee. La plus intéressante est plutôt du côté du fils qui m’a l’air d’un personnage plein de surprises… lui aussi a des éléments de comédie à apporter, moins « gros sabots » que sa mère d’ailleurs. Franchement, après le père, c’est le personnage qui donne le plus d’énergie à cette série.

J’ai aussi envie d’adresser un dernier reproche à ce pilote : il est épouvantablement claustrophobe. Seules les 5 dernières minutes se déroulent en-dehors de la maison, et c’est vite étouffant. Comment est-ce possible que cela se passe autant en circuit fermé, alors que Tara a un job, des voisins, une soeur, etc…? Au bout d’un moment on a envie de la voir dans le vrai monde, en train d’interragir avec des gens qui ne savent rien de sa maladie, ou en tous cas qui ne savent comment y faire aussi bien face que la famille. Là encore, ça se jouera dans les cinq dernières minutes, mais c’est franchement trop peu, et assez déséquilibré par rapport au reste.

Là, j’ai l’air un peu négative, je pense, mais en vérité c’est vraiment de l’ambivalence. C’est difficile de se faire une opinion arrêtée sur ce seul pilote. Il aurait vraiment mérité plus de temps, en fait. Au moins le pilote, c’était pas tant demander que ça, si ?
Non, vraiment, il m’en faudra beaucoup plus avant d’avoir un avis.

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5 commentaires

  1. Jérôme dit :

    Alors, je n’ai pas encore vu ce pilote, mais l’idée est sympe et Toni Collette est une excellente actrice.

    Mais je dois avouer que l’idée que ce soit tout sauf un « traitement » à la DESPERATE HOUSEWIVES est plutôt rassurant, vu le niveau lamentable des mémères de Wisteria Lane…

  2. ladyteruki dit :

    La comparaison à DH se cantonne à sa durée alors que c’est une comédie, c’est tout. Je pense qu’il n’a jamais été question de faire aussi lamentable.

  3. Nakayomi dit :

    Comme vous êtes odieux avec les pauvres Desperate Housewives ! Personnellement, j’aime bien…
    Quant à nos Tara… Ma foi… L’idée de départ est sympathique… Maintenant, ce n’est pas forcément le genre que j’irais chercher spécialement… Donc, si ça débarque en France, pourquoi pas… Quand même… On sait jamais.

  4. freescully dit :

    Non, vous êtes durs avec Desperate Housewives…

    Pour US of T, je n’ai pas eu l’impression de voir une comédie mais un drama. Par contre effectivement, il faudra plus que le pilote pour se faire une véritable idée…

  5. lowtekh dit :

    Toni Collette est une actrice exceptionnelle. Elle est par exemple bouleversante dans « Sixième sens » de Shyamalan (si, si). Mais quel est l’intérêt de bâtir une série entière sur la panoplie d’expressions et la performance d’une seule actrice? ça n’est jamais une bonne idée.

    Il est clair qu’ici la schizophrénie n’est qu’un thème prétexte à une démonstration d’une actrice dont on nous vends la prestation au kilo. Toni en mec, Toni en femme fatale, Toni en mère de famille, etc. De quoi nous parle cette série? (c’est la question que je me suis posé pendant les 3-4 épisodes que j’ai vu, je ne suis pas allé plus loin): du talent de Toni Collette, et de sa future intronisation dans les rangs des acteurs polymorphes. Malheureusement on était déjà convaincus. Du coup c’est limite embarassant.

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