Les héritiers de la louve

16 mai 2009 à 14:53

Le choc. J’ai réalisé hier soir qu’en fait, Rome allait débarquer en hertzien dans nos contrées la semaine prochaine. Et je n’ai toujours pas vu. Dans une semaine, je n’aurai plus la moindre excuse. Sauf que la semaine prochaine, zêtes gentils mais moi j’ai une vie, je dormirai quand M6 va diffuser la série. Et c’est apparemment le dernier coup de pied au derrière dont j’avais besoin pour m’y mettre, ENFIN…

Alors : Rome. Alors. Bon. Rome, disons-nous. Bien. Donc, Rome. Hé bien !!! Ça se passe à Rome. Déjà. Ensuite, Rome, c’est… euh, un péplum. Enfin oui et non. Bon, donc disons que Rome… c’est un peu l’histoire de Rome. Quoique, pas exactement non plus. Non. Bon. Compliqué, hein ? Donc. Disons. Rome… Pffiuuuuuulala ! Tout ça.

Parce que blague à part, je conçois, c’est quelque chose à ma portée, que Rome puisse enflammer le cœur de certains téléphages. D’ailleurs il est bon de noter que la série ne m’a pas déplu, en fait, contrairement à ce que mon hésitation du paragraphe précédent pourrait vous faire croire. Non, c’est juste que je suis très mitigée, ce qui n’est pas la même chose.
Car il s’en dégage quelque chose d’un peu contrariant, qui vient, je suppose, du fait que j’ai du mal avec les séries se déroulant dans le passé, comme j’ai déjà eu l’occasion de vous le dire.
Non, en fait, ça ne vient peut-être pas que de là. Je soupçonne qu’il y ait un problème culturel là-dessous, aussi.

Je veux dire que, sur le coup, on vous dit Rome, vous pensez Rome antique, et tout va bien, vous vous pensez au top niveau, eh nan mais je veux dire, on est quand même des héritiers des Gaulois, on a tous lu Astérix à la bibliothèque du collège, et les cours sur la mythologie en 6e c’était du poulet ? Zut à la fin, ce sont pas des amerloques (et encore moins des rosbeefs) qui vont nous faire la leçon sur le sujet.

Alors que, réflexion faite, une fois devant, on s’aperçoit qu’on ne connait rien de rien à tout ça : comment fonctionne la démocratie à la romaine ? Eh oui, avant de se faire tuer par Brutus, César a partagé le pouvoir ! Quels sont les us et coutumes sociaux (sexe, mariage, famille, amis) ? Avouez qu’on ne sait que dans les très grandes lignes (à moins évidemment d’être déjà passionné par cette époque mais la problématique est alors toute autre, et je ne suis même pas sûre qu’un téléphage amateur de l’antiquité se pose vraiment la question de savoir s’il va regarder la série !). C’est d’autant plus désagréable qu’on n’a, en fait, aucun repère, a contrario de séries qui se dérouleraient dans un passé moins lointain, genre années 60 ou 70. Là, vraiment, on ne sait pas. On n’a de cesse d’être surpris par le fait que les moeurs semblent, en définitive, si proches des nôtres. Je m’attendais à une culture bien plus barbare que ça, bien que je ne me considère pas comme ignare en la matière j’ai été surprise du degré de civilisation qui nous était présenté. Est-ce afin de servir la fiction (mais dans ce cas quel est l’intérêt de faire se dérouler la série dans ce passé si éloigné, si c’est pour qu’il reste si proche de notre propre culture ?), ou est-ce à peu près pertinent ? On se le demande à de nombreuses reprises, et d’ailleurs peut-être qu’en fait, le manque de connaissances sur le sujet, alliée au fait que lesi dées reçues sont plutôt mises à mal, font plus de mal que de bien au spectateur. Du coup, on passe beaucoup de temps à essayer d’appréhender cet univers
pour avoir les fondations qui permettraient de suivre l’intrigue.

Le gros problème, c’est que l’intrigue ne nous attend pas. Potassez vos vieux bouquins du collège, éplucher Wikipedia, faites quelque chose mais préparez le coup, c’est un conseil d’amie. Car le bon côté de Rome, c’est quand même son côté très « A la Maison Blanche avec des glaives et des sacrifices de bœuf ».
Héhé.
(Excusez-moi pour cette interruption de programme, l’image d’un Josh qui se baladerait en toge m’est apparue et m’a quelque peu déconcentrée. Je disais quoi ? Ah, oui.)

A cet égard, Rome dévoile tout de suite sa complexité avec brio : les enjeux sont posés avec beaucoup d’intelligence, les personnages se présentent de façon très accessible en évitant relativement bien les stéréotypes (la fourbe intrigante, le soldat sempiternellement loyal, etc… laissent tout de même espérer en un certain nombre de nuances à venir), etc. J’ai aussi envie de saluer la façon dont tous ces éléments sont mis en place subtilement, noyés sous une tonne d’informations, pour être mis en lumière par Octave bien plus tard dans l’épisode, et qui soudain donne un angle très différent à la perspective qu’en avait jusque là le spectateur. C’est très bien gaulé (si je peux me permettre), et c’est le type d’intelligence aigue que, personnellement, je me suis réjouie de retrouver ici, dépassant la simple reconstitution fictionnelle pour aller vers des intrigues plus abstraites, donc plus faciles à appréhender.

Bilan donc plutôt positif, mais encore très, très retenu de ma part. Je note tout de même que la prod a fait un gros effort pour me mettre dans sa poche en engageant l’altier Ciarán Hinds dans le rôle de César (d’habitude c’est pas ma taille, il a quand même 56 ans, mais on dira que c’est comme pour Lee Pace qui lui est trop jeune, il a droit à une dérogation), une petite attention qui ne m’a pas échappé, je suis touchée, merci. Kevin McKidd y est bien plus charismatique que dans Journeyman, également. Les rôles féminins sont plus irritants (et les nanas souvent moches comme c’est pas permis) mais, heureusement, ils sont moins nombreux pour le moment. Bref ça va, ça se tient, au point que, jugez par vous-mêmes : je tente le second épisode. Je promets rien, mais c’est quand même relativement bon signe.

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Rome de SeriesLive.

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1 commentaire

  1. Nakayomi dit :

    J’ai fini par apprécier la série sur la longueur… Le début m’a un peu laissé sceptique, mais ça se décante par la suite (je ne sais plus trop pour quelle raison, ça remonte à un moment maintenant)… Mais en tout cas, ça avait fini par me laisser une bonne impression… Pourtant, c’est pas mon genre de fiction de prédilection non plus… Comme quoi.

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