Crazy dreams linger on, as I face an empty dawn…

27 mai 2009 à 16:20

Inévitablement, ce post consacré à Mental, la nouvelle série médicale de la FOX, va entrainer des comparaisons avec House, bien qu’il soit intéressant de souligner que beaucoup tendront, ironiquement, à opposer l’un et l’autre. C’est la dure loi qui régit l’accueil de nouveautés : elles ne peuvent jamais être prises hors-contexte. Se démarquer des séries préexistantes est à la fois leur objectif et leur pire cauchemar, et avec ce nouvel volet de la rubrique La preuve par trois, nous allons en avoir une nouvelle preuve. (Et je pressens que cette rubrique va être très active dans les semaines à venir…)


Dans cet hôpital présentant de curieuses similitudes architecturales avec le Seattle Grace de Grey’s Anatomy (la série ne s’encombrant nullement d’un univers clairement identifiable, comme ce peut être le cas pour Nurse Jackie), les données de départ son les mêmes que pour House : un médecin (anglais…) peu conventionnel, une équipe complètement obtue qui va devoir se mettre à son pas, des patients aux cas étranges… Donc à la base, rien de très follichon. Le pilote s’ouvre justement sur une de ces scènes ultra-atypiques comme on n’en fait que dans ce cas-là, où tout le monde est dépassé par un patient violent (n’oubliez pas qu’on se limite aux maladies mentales dans cette série), et où tel un chevalier blanc en armure, ou plutôt sans armure, le nouveau médecin (qui lui au moins ne boite pas…) vient sauver la situation, et la santé de ses futurs collègues par la même occasion, en intervenant à sa manière. Tout est là : le médecin futé aux méthodes originales, le reste de l’équipe médicale pas du tout prêt à affronter les changements qu’il amène avec lui, et des situations abradacabrantesques histoire de surenchérir un peu.


A intervalles réguliers, Mental nous propose donc de vérifier à quel point ce charmeur de Dr Gallagher peut être à contre-courant : il impose des pratiques peu orthodoxes, fait ami-ami avec les patients, et en plus il n’hésite pas à se montrer enjôleur (ça change un peu des éternels râleurs…). Il va aussi faire irruption dans la vie privée de son patient afin de comprendre un peu mieux le cas auquel il a affaire (ce qui à la limite s’avère aussi cohérent que dans le cas des cambriolages médicaux de House, mais j’ai des réserves à ce sujet quand même… rendez-vous sous la 3e capture). Bref il a la panoplie intégrale, la seule chose qui lui manque, c’est d’être intéressant par lui-même, comme son compatriote Hugh Laurie a eu l’opportunité de le faire très vite. Évidemment il a droit à quelques petits flirts, à peine prévisibles, mais c’est pas grand’chose pour le moment. Le Dr Gallagher a un côté pile, celui du gentil médecin taquin qui parvient à ses fins parce qu’il ne suit pas les règles du jeu de trop près (et dans son domaine, c’est sans doute le mieux ; on notera qu’il a une fois de plus droit à une bonne conscience féminine pour le gronder lorsqu’il sort trop du droit chemin), mais il manque dramatiquement d’un côté face (enfin, si, mais il est balancé de façon précipitée au tout dernier moment). C’est d’ailleurs le cas de la série en général : elle a un aspect médical relativement intéressant à proposer, mais côté perspectives dramatiques, personnages secondaires et tout le toutim, c’est le désert du Gobi.


Sur la méthodologie, je reste cependant très sceptique, et c’est, en plus des problèmes déjà évoqués, mon plus gros bémol. Je ne suis pas au fait des techniques en matière de soins psychiatriques, mais il me semble que le plus important, c’est quand même ce qui se passe dans la tête des gens. A ce titre, chercher une « vérité » absolue sur le contexte dans lequel le patient vit, sur sa famille, et ses antécédents, n’a que peu de sens. Quand on parle de maladies de ce type, on se rend souvent compte que la maladie ne trouve qu’une source indirecte dans les faits, mais tient surtout de leur perception par le patient. C’est tout l’objet des thérapies psy : aider le patient à comprendre ce qui se passe dans sa tête pour parvenir à le gérer, le surmonter, que sais-je (que ce soit avec une aide médicamenteuse ou pas n’étant pas le problème à proprement parler). En cela, il aurait vraiment fallu s’affranchir de House, et pas juste la décliner dans un nouvel univers : la recherche du diagnostic ne suffit pas. En matière de maladies mentales, le traitement est bien plus compliqué que le diagnostic, il ne suffit pas de faire des examens pour trouver le bon médicament à administrer et qui, dés qu’il a fait effet, suffit à guérir le malade ; cela implique un suivi à long terme, et en l’occurrence, Mental ne se préoccupe à première vue pas tellement de suivi, et d’ailleurs dans cette scène que je vous ai capturée, la série nous annonce plus ou moins clairement que ce ne seront pas ses oignons. Ces enquêtes médicales trouvent leur conclusion avec la fin de l’épisode, et on passera vraisemblablement à autre chose, ce qui est extrêmement frustrant vu la particularité du thème choisi.

Voilà donc un divertissement médical, un de plus, qui a beaucoup de peine à passer derrière House dont il s’inspire tellement qu’il n’a pas réussi à couper le cordon. A ce stade, autant avouer très franchement qu’on était face à un spin-off, on en attendrait moins.
Trop nombreuses sont les similitudes, trop rares sont les tentatives de se trouver une personnalité propre… un comble quand on parle de psychiatrie.

Une dernière chose, à propos des petits écrans de transition dont la série se sert de façon trop redondante, mais qui ferait une bonne base (j’ai dit une base, pas l’intégralité) pour le générique. On me prolonge ça d’une quinzaine de secondes minimum, on me fait du beau boulot et on se trouve un thème musical qui a de la gueule, et au moins on tiendra déjà un générique original. Merci d’avance de ne pas rater ça aussi.

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7 commentaires

  1. Nakayomi dit :

    Ah oui, quand je disais que l’année serait médicale, je pensais pas si bien dire… Mental m’avait échappé tiens… Bon, sinon, mis à part la première capture (que tu es vile !), rien qui me force à jeter un oeil (faudrait que je regarde plus attentivement House déjà… Enfin, que je me m’y mette quoi).

  2. ladyteruki dit :

    Je te pensais plus regardant que ça quand même : d’accord, ils sont à poil (oui, pas torse nu, à poil ) mais ils sont pas très beaux, quand même…

    Sinon pour House, rassure-toi, tu ne loupes rien de capital contrairement à ce que tout le monde voudrait nous faire croire.

  3. Nakayomi dit :

    Ah je disais surtout ça pour celui de gauche, celui de droite, je n’y ai même pas fait attention ! lol (Surtout que j’ai le souvenir de l’acteur dans un rôle un peu lourd… ). Et puis bon, c’est pas trop mon type non plus celui de gauche, mais il a quand même un torse pas trop mal.

    Pour House, j’avais bien aimé les deux épisodes que j’avais vu à l’époque de la première diffusion de TF1. Mais entre l’horaire et les trous de gruyère, ça m’avait fait abandonner… Donc je me suis toujours dit qu’il faudrait que je m’y mette quand même…

  4. Scarlatiine dit :

    Elle me fait peur la quatrième image *brr*

  5. ladyteruki dit :

    @Princesse Scarla : ah ouais ? C’est marrant ça me fait pas ça du tout. Donc moi c’est les dents, et toi les fermetures éclair ?

  6. Scarlatiine dit :

    Mais je n’ai rien contre les fermetures éclairs, bien au contraire *hmm* C’est le fait qu’elle soit imprégnée dans le peau, rien que le fait de penser la tirer, aïe…

  7. freescully dit :

    J’ai trouvé un peu bizarre le principe des transitions… A la première, j’ai cru que c’était le générique, ce qui aurait été sympa (quoi qu’un peu court), mais en fait… non

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