There’s gotta be more

2 juin 2009 à 19:55

La journée avait été moite. Mais en dépit de la chaleur, j’avais résolu de m’aventurer dans les rayons de la FNUC. Ondulant entre les bancs de néophytes (« ah, oui, j’adore cette série… comment elle s’appelle déjà ? »), je me frayai un chemin vers le coffret qui m’avait fait envie toute la journée. Que dis-je ? Depuis quasiment six mois.

Essuyant la sueur qui perlait sur mes tempes du revers de la main, je manquai de perdre courage. C’est alors que je le repèrai au milieu de la foule. Il était en face de moi, à trois, ou peut-être quatre mètres. Comme promis, il arborait un bleu rafraîchissant et mentholé. En le reconnaissant, je marquai l’arrêt. Tout en me mordillant la lèvre inférieure pour réprimer un sourire gourmand, je repris presqu’aussitôt mon chemin, orientant mes pas résolus mais déjà apaisés vers lui. Arrivée à sa hauteur, je tendis doucement le bras, mes doigts courrurent à la surface gantée de plastique, remontant langoureusement vers son sommet pour mieux m’en saisir ensuite. Je ne pus alors réprimer mon plaisir plus longtemps, et un sourire ravi de plein contentement s’afficha sur mes lèvres.
Là, dans ma main, le coffret de Life saison 1.

La suite aurait pu rester dans l’intimité de ma chambre, entre mon lecteur DVD et moi. Après des semaines où l’attente avait atteint son paroxysme, mettant un à un les sous dans la cagnotte et guettant le calendrier, ma satisfaction était totale, puisque Charlie Crews allait enfin rentrer avec moi. Hélas, cet orgasme téléphagique devait connaître un coitus interuptus.

Glurps.
Un vrai tue-l’amour.

Euh, ah bon ? C’est sûr, ça ? Et de quelle façon je vous prie ? En-dehors de la diffusion consécutive des deux séries à un moment, comment TF1 justifie-t-elle un tel slogan ?

Car du maussade, revêche, et auto-destructeur Gregory House, comment peut-on passer au lumineux, emphatique et miraculé Charlie Crews ? C’est comme passer des forces de mort aux forces de vie. L’un est en fait l’antithèse de l’autre.
House suspecte que tout le monde ment, Crews veut laisser le bénéfice du doute au présumé innocent. House se contrefiche de son existence qu’il ment en danger tous les quatre matins, Crews croque les plaisirs simples de l’existence en reprenant sa vie en main.
Bon, d’accord, les acteurs sont tous deux Britanniques, je vous concède déjà ça.

Il aurait peut-être fallu commencer par mieux vendre la diffusion sur TF1 plutôt que de courir béatement après la vente de DVD basée sur cette seule publicité mensongère. Laisser Life dans l’ombre de House… voilà bien l’oeuvre d’une chaîne qui ne regarde toujours pas ce qu’elle commercialise, par quelque biais que ce soit. D’un autre côté on parle de la chaîne qui a maltraité Twin Peaks au-delà de toute tolérance à la douleur, alors, Life…

J’ai cligné des yeux et la rage est retombée d’un coup. La tête me tournait encore, mais j’ai tenu bon sur mes jambes.

Le coffret sur le coeur, j’ai marché vers les caisses.

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3 commentaires

  1. David dit :

    En effet, là pour le coup de pub, c’est peut-être pas ce qui me forcerait à acheter la série.

    Heureusement que j’ai guetté quelques brèches de Life pour ne pas tomber dans le panneau…

    Bientôt : « Vous avez aimé le Destin de Lisa, vous allez aimer Fringe » mdr…

    Bisoux (même si tu les aimes pas, les bisoux ^^)

  2. Nakayomi dit :

    Rassure-moi, c’est un sticker au moins, hein ? (Non, parce que si en plus tu ne peux pas l’enlever, j’imagine la crise d’apoplexie à l’horizon… Surtout après une ouverture de billet si… Erotique ! )

  3. ladyteruki dit :

    Oui, c’est un sticker. Mais ça n’empêche qu’en rayon c’est extrêmement mensonger.

    Et d’habitude j’aime bien garder les stickers…

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