De l’eau bénite dans son vin de messe

21 juillet 2009 à 23:58

Comme je ne suis, finalement, qu’une proportion très limitée des séries que je teste, je dois avouer qu’il y a plein de choses que j’ignore sur un grand nombre d’entre elles une fois que je les laisse vivre leur vie sans m’y attarder. Il y a celles dont, inévitablement, on entend parler, dont on sait quel rebondissement ou quelle nouveauté elles ont prévu d’apporter à leur ligne directrice, parce qu’un flot quasi-constant de sites, blogs, et magazines, s’en fait l’écho. Et puis il y a les autres.

Ce matin, sous la douche, un exemple. Les cheveux moussant dans le shampooing, je me suis demandé : « mais au fait, qu’est-ce qu’ils peuvent bien faire dans la saison 2 de The Secret Life of the American Teenager ? ». Parce que dans la collection concept à la con qu’on ne voit pas durer plus d’une saison, ça se pose là. Il y a aussi ceux qui disent qu’on voit mal la série durer plus d’un épisode, mais je me refuse à entrer dans ce débat une fois de plus, tous mes arguments sont dans mes posts précédents sur le sujet.

Donc voilà, le pitch, c’était qu’une ado de 16 ans tombe enceinte et qu’il lui faudra gérer. Je crois qu’au bout d’une saison, on a déjà bien dû faire le tour des problèmes de la grossesse, quand même, non ? J’irai même jusqu’à avancer qu’à un moment, si on veut un tant soit peu de réalisme, il faut passer à l’étape suivante tôt ou tard. Donc question : combien de temps peut durer une série avec un pitch caduc en moins d’une saison . D’après mon expérience, plusieurs saisons, les exemples ont le malheur d’être multiple.

Je me doute bien qu’après une saine dose de « ouhlala, c’est pas bien, elle est enceinte à son âge », on va tomber dans le « ouhlala, c’est pas bien, elle a un enfant à son âge », ça semble en tous cas plutôt logique à moins d’un retournement de situation énormissime. Cette progression que j’imagine donc être inéluctable doit certainement s’accompagner de déchirants dilemmes sur le mode « dois-je voir mes amis ou rester à la maison pour torcher bébé ? », « comment avancer dans mon cursus scolaire avec un chiard à la maison ? » ou encore « les garçons, c’est hors de question, jamais plus jamais ». J’imagine, hein.

Mais ce qui pique ma curiosité, c’est combien de temps une série avec un certain point de vue (et là encore, je me borne à constater qu’il y en a un, pas à le juger), avec une analyse conservatrice de la situation, peut durer. Combien de temps la petite ado va-t-elle être mise scénaristiquement dans la panade ? Il y a un moment où elle saura forcément gérer tout ça, où il faudra bien arrêter de chercher à en dire quelque chose. De toutes façons et pour commencer, la petite ado ne sera pas une ado éternellement. Elle quittera le lycée, se lancera dans la vie, et plus personne n’aura rien à carrer de l’âge auquel elle a eu son gosse.
D’ailleurs si ma boulimie de Reba, l’été dernier, m’a bien appris quelque chose, c’est que justement, on peut faire confiance à la vie pour transformer une fille-mère bien entourée en mère tout court. On ne peut pas trainer le boulet indéfiniment.

Donc, les doigts massant mon cuir chevelu sous la mousse, je me suis dit ce matin : peut-être que The Secret Life of the American Teenager va bientôt devoir réhabiliter son propre personnage principal, et montrer qu’à un moment, ce n’est plus crédible de mettre certains personnages dans la position du tort perpétuel. Passées les premières hésitations et le sentiment de catastrophe imminente, en fait, ce n’est pas si grave d’avoir un enfant tôt.
C’est vrai aussi que j’ai longtemps eu la croyance intime et profonde que le principe à long terme de 7 à la Maison, c’était que les Camden se rendraient compte tôt ou tard qu’ils avaient une vision tronquée du monde, donc bon… je suis sans doute une incurable optimiste sitôt qu’on parle de ces fictions qui n’appartiennent pas à mon mode de pensée. Je me dis qu’on ne peut pas persister dans la caricature indéfiniement et c’est sans doute faux.

Mais comme je ne regarde pas du tout The Secret Life of the American Teenager, je garde espoir. Oui, je pense toujours qu’avec le pitch qu’elle a choisi, cette série ne peut que succomber au principe de réalité.

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4 commentaires

  1. Maxx dit :

    tu es loin de la réalité )

    c’est pire dans la saison 2, tout le monde s’en fout de son gamin, seul le père du bébé s’y intéresse, elle a même essayé de le refiler à sa mère pour partir en vacance en italie. Il y a 2 choses qui ont éclipsé le bébé, la mère de amy est enceinte (ils ont pas eu le choix molly ringwall attend des jumeaux et ça se voit), et la mort du père (John schneider) de grace, qui est mort pendant qu’elle perdait sa virginité (elle a été à limite du suicide et son copain a faillit tomber dans l’alcool).

  2. ladyteruki dit :

    Et tout le monde qui pensait que c’était une série à thème, évangéliste et moralisatrice ! En fait c’est juste un soap miteux !

  3. freescully dit :

    « la mort du père (John schneider) de grace, qui est mort pendant qu’elle perdait sa virginité » avec un truc pareil, si, si, lady, c’est une série évangéliste et moralisatrice. Ugly Betty (qui a perdu toute trace d’auto-dérision depuis le renouvellement de l’équipe scénaristique en milieu de saison 2) a fait le même genre de truc pendant la saison 3 : Betty se casse enfin de chez son père pour vivre en ville (il serait temps) et hop, le malheureux fait une crise cardiaque, elle doit donc retourner auprès de son cher papa… Pas le droit de s’amuser, y’à des gens qui vous regardent là-haut ! ^_^

  4. Scarlatiine dit :

    « la mort du père (John schneider) de grace, qui est mort pendant qu’elle perdait sa virginité » Oh mon Dieu (c’est le cas de la dire), j’adore !!! ^^

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