L’homme-concept idéal

19 août 2009 à 23:49

Il y a des séries dont on sait d’avance qu’on n’y accrochera pas, parce que leur pitch est contraire à nos convictions. C’est un peu comme quand un communiste regarde The $treet, en fait. Alors quand je découvre une série intitulée « l’homme idéal », je fronce les sourcils et je me fais une raison : entre nous, ça ne va pas marcher.
Pour faire un pilote de Zettai Kareshi, il vous faudra une héroïne charmante mais malheureuse en amour, transformée en célibataire complètement aux abois (ce qui rejoint hélas ma complainte sur le célibat à la télévision), et devenue complètement par hasard (c’est toujours par hasard… bis) la cliente-pilote d’une étrange société qui lui promet de lui fournir le petit ami idéal, avec piles et batteries car c’est un robot. Donc forcément, ça laisse sceptique.

D’ailleurs quand on a vu Kimi wa Pet, ledit Zettai Kareshi a un sérieux goût de redite : un garçon bizarre fait son entrée dans la vie d’une célibataire qui doit cohabiter avec lui, ce qui va changer sa vie. Qui plus est, on retrouve aussi ici l’idée de l’homme soumis aux désidératas de la femme, sauf qu’au lieu de se prendre pour un toutou, le petit ami idéal peut se ranger dans sa boîte (il est aussi livré avec une fonction de mise en veille). Bah quoi ? C’est qu’un appareil d’électro-ménager après tout !
Les japonaises m’ont l’air d’avoir un sérieux contentieux à régler, si j’en crois ces séries…

De toutes façons, il est hyper mal pensé, ce produit. Pas près du tout pour une commercialisation à grande échelle. Notre robot est quand même du genre à lancer à Riiko, là, comme ça : « Eh, Riiko, je t’aime, si on faisait l’amour ? ». Le module de psychologie féminine n’est clairement pas au point, hein… Sans compter que vu la finesse du programme, le sexe avec ce robot, ça doit méchamment manquer de préliminaires !
Notre robot n’ayant clairement pas lu le même magazine que Fred (ceux qui comprendront l’allusion comprendront pourquoi j’ai trop honte pour en dire plus), il n’a pas non plus compris que ce qui marche avec les filles, c’est de paraître inaccessible et, surtout, oh oui surtout, de ne pas être trop collant. Or là, le robot, c’est de la glue sur pattes, ce qui a pour prévisible effet de rendre sa propriétaire complètement dingue. Alors d’accord, si avoir un robot-namoureux à la maison, ça reste relativement utile pour rendre d’autres mecs jaloux (surtout si on a coché le physique « mannequin » dans le bon de commande), ou quand il y a un sprint à piquer en quinze secondes chrono et que ce sont les seules jambes bioniques à 20km à la ronde, le reste du temps, avouons-le, c’est carrément pas gagné. Surtout sur la japonaise typique qui n’est pas trop une grande fan de la promiscuité.

M’enfin je sais pas, moi, ça semble pourtant évident dés la première seconde : l’homme parfait a pour principale qualité de ne pas être parfait ! Ce sont ses défauts qui le rendent attirant, attachant, qui font qu’on le garde à la maison (et qu’on ne le fait pas dormir dans les waters…).
Ça semble tomber sous le sens, et c’est ce qui rend Zettai Kareshi assez longuet à regarder. Heureusement, la prestation plutôt bonne de son duo de tête d’affiche (et surtout le robot, duquel je m’attendais à une prestation plus banale) sauve un peu notre affaire, m’enfin si le pitch ne vous séduit pas, sachez qu’il n’y aura pas grand’chose pour récupérer le coup.

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2 commentaires

  1. akito dit :

    J’ai largement préféré Saki Aibu (Riiko) et Miki Maya (Fujiko) dans Attention Please ! J’ai accroché à Zettai Kareshi les premiers épisodes, puis j’ai trouvé que l’histoire s’alourdissait tout en devenant de plus en plus prévisible. Pourtant j’ai regardé jusqu’à la fin, mais globalement c’est pour moi un drama sans grande saveur bien que l’idée soit originale. Ça m’a rappelé Chobits (mais sexes inversés).

  2. Nakayomi dit :

    Adapté d’un manga de Yuu Watase… On a quand même juste gardé le nom des persos et bien retravaillé le tout (tu m’as grillé, parce que j’ai ma review en réserve sur la série que j’ai fini y’a une ou deux semaines !)… Ca m’a bien plu dans l’ensemble. Faut dire que je suis une proie facile. Non, pas parce que Night se balade à moitié nu la moitié du temps (de toute manière, s’il a un beau corps, j’avoue que je suis pas fan de sa tête), mais la fin n’est pas si prévisible que ça en fait (qui pourra vraiment prédire avec qui elle finira ? Il y a certes un choix limité dans les solutions, mais aucune n’est absolument certaine jusqu’au bout). En fait, l’humour est assez sympathique (mention spéciale effectivement pour les deux héros, Night est quand même adorable dans sa collante-attitude, Riiko deviendrait presque agaçante en fait… Il y a un côté tout à fait compréhensible -moi aussi je trouve Night un brin trop pot de colle-, mais bon, Riiko est dans l’excès inverse !).

    Pour le côté parfait, il n’y a pas que ça. Disons qu’on voit bien de toute manière que la parfaititude est loin de tout faire (et que même là, on trouve à redire ! Il a tout de même été créé avec les voeux de Riiko). Il y a aussi la question de l’amour dans un sens plus large qui est abordé.

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