Et dire que Samuel L. Jackson se croyait mal-aimé…

13 octobre 2009 à 23:01

Je vous parlais hier de… ouhlà, plein de séries. Mais entre autres de Koushounin (rien à voir avec le saucisson), qui va démarrer plus tard ce mois-ci une seconde saison.

Comme je l’ai sans doute déjà dit, quelque part, je sais plus, vous chercherez, au Japon le renouvellement est loin d’être la règle, mais plutôt l’exception. Quand une série se retrouve prolongée pour une nouvelle saison, il y a toujours une bonne raison. En l’occurrence, Koushounin saison 1 ayant rencontré un succès apparemment satisfaisant (bien qu’en fait certains épisodes aient hérité d’audiences lamentables, et d’autres très convaincantes… bref un résultat très inégal), la saison 2 est en préparation après un passage par la case téléfilm l’hiver dernier, et en vue d’un film qui devrait sortir en 2010. On notera au passage que la méthodologie est à peu de choses près la même (moins le tanpatsu) pour LIAR GAME qui entame une seconde saison cet automne également.

Alors, bref, je disais : quand une série japonaise fait son retour, et à plus forte raison avec un tel tir groupé, mon réflexe est de me dire que, même si j’avais fait l’impasse une première fois, i lest quand même temps de s’y mettre. Koushounin, la bonne négociation comme on l’aime chez nous (nan mais en fait, ne faites pas attention, c’est moi qui ai fumé de la salade, ça se prononce « koochooninne », en prolongeant les « o »).

Car l’histoire n’est pas très excitante sur le papier, à la base, puisqu’il s’agit d’une jeune femme (belle, évidemment, sinon ça n’aurait pas de sens) qui se trouve être la seule recrue féminine d’une équipe d’intervention spécialisée dans la négociation.
Une série pour mecs, assurément ? Genre vous imaginez déjà la belle pépé en train de charmer tout le monde ? Pas si sûr.

On ne tarde pas à s’apercevoir dés le pilote que la série est fermement résolue à aller jusqu’au bout de son concept. C’est même sa force. Reiko Usagi n’est pas la bienvenue, sexisme et harcèlement sexuel s’en mêlent rapidement pour bien lui montrer où est sa place. Et sa place, c’est de jouer les seconds rôles, comme le font toutes les autres femmes de la brigade qui ne servent en fait que de secrétaires en uniforme de police (option « je sers le café » plutôt qu’option « je participe sur les dossiers »). Entre le supérieur qui cherche à la tripoter, celui qui prend tranquillou une petite photo de ses cuisses, ceux qui pensent qu’elle est là uniquement pour faire le café, ou simplement qu’elle n’a rien à faire là… les réactions sont, en définitive, d’une grande violence. Jamais je n’ai vu une série, quelle que soit son origine, faire état d’une telle violence affichée envers les femmes. J’étais même surprise de l’ampleur de la chose ; il y a quelque chose de courageux dans ces portraits de l’univers professionnel masculin qui rejette ou diminue tout élément féminin, même sans le vouloir, à l’instar du petit rookie obséquieux qui tente de sympathiser (voire plus si affinités) et se vautre lamentablement.

Ouh putain ! Toi, tu vas avoir des problèmes ! Tu vas avoir de gros problèmes !

Évidemment, ce qui la sauve à nos yeux (mais résolument pas pour ses collègues masculins), c’est qu’elle est compétente. Mais pas infaillible (c’est important aussi). On sent qu’elle a déjà pas mal morflé par le passé, au long d’une formation qu’on imagine comme n’ayant pas été facilitée non plus, ce qui lui évite d’être grande gueule. Aussi, cet équilibre parvient à nous permettre de sympathiser avec elle, même si sa dureté maintient une certaine distance avec le spectateur. On n’a pas l’impression qu’elle est la belle héroïne seule contre tous qui va triompher de tout (même si en définitive, elle a raison, elle s’en prend plein la tronche, au propre comme au figuré d’ailleurs, ce qui rétablit l’équilibre cosmique).

Pourtant, Koushounin parvient à n’être pas féministe. Pas au sens habituel du terme, en tous cas. Le pilote n’est pas du tout un plaidoyer pour la parité, mais juste le parcours d’un personnage (qui s’avère être une femme) et qui veut réussir à faire ce qu’elle veut dans la vie. C’est, en fait, juste une question de respect.

Un autre élément du pilote est incarné par un étrange prisonnier, que Reiko Usagi visite régulièrement dans le couloir de la mort (au Japon, la peine de mort est administrée par pendaison, le saviez-vous ? voilà, vous venez de gagner collectivement 1 point de QI). Cet étrange personnage (interprété par Yuu Shirota avec plus de subtilité que je ne m’y attendais ; d’ailleurs ce dernier est au générique de la seconde saison qui commence le 22 octobre, ainsi que de Samurai High School, également sur la ligne de départ cet automne, mais quelle jeunesse, quelle santé !), visiblement malfaisant, donne non seulement une profondeur supplémentaire au personnage de Reiko, bien plus que l’éternelle petite-sœur-qui-est-normale-et-qui-s’habille-avec-des-couleurs-et-qui-ne-comprend-pas-pourquoi-l’héroïne-ne-sourit-jamais (je sens gros comme une maison que dans un épisode ultérieur elle va être prise en otage, celle-là), sur son passé, ses intentions, mais aussi marque de sa névrotique présence l’ambiance de tout l’épisode. Ces échanges malsains, qui n’ont pas grand’chose à envier à ceux du Silence des Agneaux (pas niveau gastronomie mais niveau ambiance), ajoutent au climat angoissant de Koushounin, sans pour autant verser dans le thriller. Faut voir ce que donne cette négociation-là, franchement.

Je ne veux pas vous quitter sans mentionner un autre plus de la série : l’esthétique. La plupart des scènes baignent dans le gris, avec un éclairage qui en même temps découpe superbement les visages comme à la serpe, c’est de la belle ouvrage, sans s’appesantir sur les effets de style non plus, et qui montre bien que la série a choisi son camps : ni noir (tourné à la va-vite), ni blanc (avec des effets chiadés partout), la série a choisi le gris (une subtilité pour le moment convaincante). Lancée comme je le suis, je sens que je vais m’envoyer vite fait la première saison pour embrayer avec la suivante !

Et pour ceux qui manquent cruellement de culture : la fiche Koshounin de SeriesLive.

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1 commentaire

  1. Nakayomi dit :

    Hum… Pourrait être intéressant celui-là dis donc… J’vais essayer de noter le titre quelque part et d’y penser lors de mon prochain passage chez mon fournisseur histoire de voir…

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