Dorama chicks

25 février 2010 à 6:43

Si vous êtes un tant soit peu attentif à l’univers de la pop culture japonaise, vous savez qu’il y existe un phénomène relativement typique : les idols. Je dis « relativement » car il s’est étendu, dans une moindre mesure et avec des variations locales, à d’autres pays asiatiques.
Et si ça ne vous dit rien, asseyez-vous, je vous explique.

Les idols sont des jeunes filles (bon, il en existe un pendant masculin, mais enfin ne nous dispersons pas) qui sont encore dans l’adolescence, voire même juste avant, et sont recrutées au nom d’une qualité et une seule : elles sont mignonnes. Alors, non, bon, quand je dis mignonnes, je ne dis pas nécessairement qu’elles ont une jolie frimousse (ce n’est pas systématique et vous allez voir pourquoi), mais plutôt qu’elles sont mignonnes comme dans la phrase « oooooh, que ce petit chien est mignon ! ». Voilà : ce genre de mignonnerie. Vers 12-13 ans en moyenne, les petites sont donc recrutées sur ce critère typiquement japonais, et à partir de là, l’idée est de propulser vers la célébrité des filles qui pourraient aussi bien être votre voisine ou votre petite sœur. Euh non, pas petite sœur, n’exagérons rien.
Une fois embrigadées (le plus souvent au sein de groupes uniquement constitués d’idols), les filles sont un peu formées à la danse et au chant, mais pas trop, surtout ! Malheureux ! Puisque tout le principe, c’est que les idols entretiennent une impression de spontanéité et d’innocence (j’ai dit « impression », parce que ça n’empêche pas que les gamines passent systématiquement par des relookeurs et des chirurgiens, notamment pour la sacro-sainte opération de débridage). Il faut qu’elles gardent une attitude authentique de « girl next door », un peu faillible si possible ; genre elle est jolie mais un peu raide quand elle danse, elle a de l’énergie à revendre mais chante faux, etc… Comme ça les fans peuvent lui souhaiter de s’améliorer, ça ajoute une dimension affective.

Le phénomène des idols, s’il connaît des hauts et des bas, repose sur une industrie bien rodée lancée depuis les années 60 au Japon. Par là. S’est développée autour de cette petite recette toute une économie : les filles sortent un single, puis deux, puis trois, puis un album (l’industrie musicale japonaise étant du genre « 3 strikes and you’re in »), elle se produisent en live un peu partout, elles parcourent l’archipel pour des évènements style serrage de main (l’équivalent de la dédicace, les mains moites de 300 fans en plus), on les voit endosser des marques dans des campagnes publicitaires, elles sortent des photobooks (recueil de photos de plus ou moins bon goût selon le bon vouloir de la prod) et des photos qu’on peut acheter à l’unité dans des boutiques spécialisées, elles chantent le générique d’une émission ou d’une série animée, elles sont invitées dans des émissions de divertissement ou musicales… jusqu’à ce qu’elles obtiennent leur propre émission télé où, contractuellement, elles font les fofolles et interprètent une de leur chanson chaque semaine.
Vous voyez où je veux en venir ?

Les AKB48 sont un des récents groupes d’idols à cartonner au Japon. Elles sont passées par toutes ces étapes et se sont montrées tout-à-fait rentables, mais voilà, leur producteur voulait absolument du marbre pour la piscine de sa villa en Toscane. Les petites AKB48 ont donc hérité, début janvier 2010, de leur propre série, Majisuka Gakuen.
Nous y voilà donc.

Vous avez toutes les cartes en main pour comprendre qu’il n’y avait rien à en attendre… et pourtant c’est quand même décevant, par le fait d’on ne sait quel miracle.

Le concept repose sur le principe que les AKB48, au nombre de… 48 (ne riez pas, ça n’a pas toujours été le cas !), doivent toutes apparaitre à l’écran. Oui, une série reposant uniquement sur le principe de montrer un maximum de personnages en 12 épisodes, ça existe, et si ça vous fiche les jetons c’est que vous avez tout compris.
Majisuka Gakuen propose pour cela de suivre les aventures d’un collège pour filles qui vont toutes en cours au même endroit mais y consacrent le plus clair de leur temps à se fritter entre clans.

Si vous relisez attentivement ma petite présentation du système des idols, vous remarquerez que, si les filles sont un peu coachées sur le plan de la danse et du chant, en revanche je n’ai absolument pas évoqué une quelconque formation à la comédie. C’est à dessein. Et, oui, je suis consciente que plus vous avancez dans ce post, moins vous vous sentez encouragé à regarder la série…
Puisque tout le concept des idols repose sur la fraîcheur du produit (d’ailleurs dés qu’une idol commence a être trop formatée, et à plus forte raison si elle atteint l’âge canonique de 18 ans, elle se fait virer comme une malpropre et remplacer par une autre ado plus novice et on recommence tout), l’idée c’est que c’est carrément censé faire partie de leur charme. Certaines se défendent à peu près (statistiquement parlant, elles ne pouvaient pas être toutes nulles, quand même), mais la norme, c’est un apparent amateurisme.
Rien de très surprenant, donc, à ce que les performances du cast de Majisuka Gakuen soient… comment le dire gentillement ? Disons… primesautières ?

Ce qui choque, du coup, c’est plutôt l’indigence du scénario et des dialogues. Alors, bon, les Japonais ne se sont jamais spécialement distingués par leur talent pour les dialogues mémorables, mais pour le scénario, il n’y a vraiment aucune excuse.

Bon bah voilà, comme ça, c’est fait, j’ai parlé de Majisuka Gakuen. Vu le nombre de requêtes menant à mon blog ces dernières semaines, je pense qu’il va y avoir des déçus parmi vous, mais tant pis. Et encore, estimez-vous heureux, j’aurais pu le faire dans la catégorie La preuve par trois avec des captures immondes.
Et puis écoutez, merde alors, c’est pas ma faute à moi si les séries les plus pourries de la saison sont sous-titrées en premier.

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

3 commentaires

  1. Nakayomi dit :

    Autant rien que sur le titre j’aurai pu aller voir le synopsis pour me renseigner sur « de quoi qu’ça parle » (sans doute que Majisuka évoquait un peu du fantastique à mon oreille ! Hum…), autant là,… Bah euh… Je me suis déjà fait la série avec les interprétations amateures et je pense qu’aucune ne pourra dépasser Sailormoon !

  2. ladyteruki dit :

    « majisuka » est une expression très familière, contraction de « maji desu ka » qui veut dire « vraiment ? », « sans blague ? »… Heureusement que j’ai fait un post sur ce pilot, sinon tu te serais fait salement couillonner !

  3. Nakayomi dit :

    Il faut croire que le titre est bien choisi ! (Comme quoi, toujours se méfier des impressions qu’on peut avoir sur les mots quand on ne connaît pas la langue ! ). Et effectivement, un grand merci pour ce post (surtout que 48 filles, je crois que j’aurai fait une overdose !)

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