It’s a small world afterall

30 août 2010 à 16:41

Nous voici arrivés à la fin août, et donc au terme d’un deuxième mois de découvertes cosmopolites accélérées. Pour moi, bien plus que la seule rédaction d’articles pour SeriesLive, ce nouveau mois a été une incroyable expérience, et si quelqu’un devait un jour inventer des « cours de séries », je suggère de suivre l’initiation marathon que j’ai suivie ces dernières semaines, et qui me donne des bases incroyables pour ouvrir ma curiosité dorénavant.

Comme on m’a plusieurs fois posé la question, j’en profite pour expliquer la méthodologie utilisée, et la façon dont ce défi a commencé…

Tout est parti d’une news sur SeriesLive, où on m’a posé des questions sur la Corée du Sud. J’ai alors proposé de faire un article de présentation, de la même façon qu’il y en avait eu un sur le Japon quelques mois plus tôt. Sitôt dit, sitôt fait, me voilà à proposer un article dans les 48h, après une séance de révision intensive sur ce que je connaissais déjà, et pas mal de documentation histoire de couvrir ce qui pouvait également m’être inconnu. Des cernes jusqu’aux genoux, je regarde les statistiques de lecture et les retours, par commentaire, par mail, sur Twitter… et franchement je me dis que je pourrais, oh si, certainement, en me donnant un peu de mal, oui, je pourrais probablement faire un article de plus. Je connais un peu la télévision indienne, ce serait une bonne idée, c’est exotique, c’est les vacances, c’est une période creuse, c’est le bon moment. Ni une ni deux me revoilà en quête de documentation, de liens, de vieilles cagoules pliées dans un coin, je potasse mon affaire et, incroyable, au bout d’une semaine je suis déjà prête. Qu’à cela ne tienne, je poste l’article.

Et là, le petit voyant téléphagique s’est allumé dans ma tête. Un petit voyant que nous connaissons tous, celui-là même qui s’allume quand il est 3h du matin et qu’on se dit que c’est trop bête de ne pas finir la saison avant d’aller dormir, le même qui nous fait dire qu’on va acheter le DVD même si c’est pour le regarder quand on aura fini les séries du moment, le coupable auquel on doit des projets fous comme s’envoyer une intégrale d’une série avec plus de 5 saisons. Ce voyant téléphagique. Et j’ai commencé à me dire que c’était trop bête de s’arrêter là. Ce qui n’était qu’un hasard est devenu un petit défi perso, consistant à rédiger un article par semaine. Personne ne me l’a demandé, personne ne m’a fixé ce calendrier. Jusqu’à avoir rédigé l’article sur l’Inde, je n’avais aucune idée des pays à aborder.

Et puis je me suis posée et j’ai commencé instinctivement à penser en terme de déplacement géographique. J’ai pris une carte et j’ai comparé les endroits où je savais qu’il y avait des séries. Et j’ai lentement tracé un parcours. Et puis ensuite, j’ai établi la liste des pays et j’ai planifié mon calendrier à raison d’un article par semaine. J’ose pas vous dire quand c’est censé finir…

Du coup, la méthode découle de tout ça : je n’ai fait aucun travail préparatoire, aucune recherche en amont. Je construis réellement mes articles en une semaine. C’est pour ça que c’est si excitant !

Généralement, les choses se passent donc comme suit :
dimanche, sur le coup de 15 ou 16h, je commence à penser au dimanche suivant. Ça passe par quelques recherches généralistes, dont un coup d’œil sur Wikipedia pour prendre quelques noms de chaînes, des dates, bref les grandes lignes à partir desquelles je vais me lancer dans des travaux approfondis. Mais on n’est que dimanche et je m’en tiens à ces premières lectures…
lundi soir : je rentre du boulot, où il est possible que j’aie ou que je n’aie pas imprimé quelques pages qui avaient retenu mon attention la veille. Je commence à potasser les premiers articles trouvés sur le sujet, je lance quelques idées sur l’article, comme un angle ou un thème. Rien n’est gravé dans le marbre à ce stade.
mardi soir : je rentre du boulot, où il est possible que j’aie ou que je n’aie pas pratiqué quelques recherches entre midi, donnant lieu à des impressions supplémentaires. Dans le train, j’ai commencé à rédiger l’intro et les premières lignes sur l’histoire du pays. Avec délectation, en rentrant, je me suis dépêchée d’aller dans l’admin de SeriesLive pour découper mon plan en 3 : histoire / chaînes / fictions. La première partie du plan est amenée à être subdivisée, et je continue à rédiger cette partie.
mercredi soir : je rentre du boulot, où il est possible que j’aie ou que je n’aie pas procédé à de nouvelles impressions. Ce soir-là j’en ai marre de faire de la lecture, surtout que je suis tombée sur une thèse basée sur une obscure série des années 80 qui m’a vidé la tête. Je pars en quête de séries à cagouler. Je commence par chercher les titres les plus évidents (cités dans les articles et/ou sur Wikipedia, à l’affiche sur le site d’une chaîne) et ensuite je clique sur tout ce qui bouge. Généralement, quand on a trouvé la source pour une série, on en trouve quelques autres pas loin. Maintenant, tout est entre les mains de mon logiciel de cagoulage.
jeudi soir : opération fichage de séries étrangères. Dans la foulée, je vérifie s’il y a des séries du pays de la semaine qui sont diffusées en France en ce moment. Ça ne m’a pas traversé l’esprit plus tôt. Ce faisant, je tombe sur une série d’un tout autre pays, que j’ai déjà visité. Je la cagoule. En cherchant le deuxième épisode d’une série qui m’a bien plu, je trouve des liens pour une série d’un pays que je vais visiter dans deux semaines ! Je lance. Pendant que tout ça arrive dans mon chez moi informatique, je complète la partie histoire. Je sature un peu, alors j’arrête rapidement pour m’occuper des chaînes. Je vais regarder ce que je trouve sur le Mal. J’aime pas le streaming mais force est de constater que j’y trouve des extraits qu’il n’y a pas ailleurs en cagoulage. C’est honteux mais je mets mes revendications de côté.
vendredi soir : c’est pas raisonnable, il faudrait que j’avance. On est déjà vendredi.
samedi matin : la force de procrastination qui guide mes pas est particulièrement impressionnante. Je regarde quelques séries qui ont fini de cagouler. Naturellement ce sont celles qui m’intéressaient le moins. Je m’attèle à la partie histoire sans grande conviction. J’en ai un peu marre. Je lis un peu de doc. Bon, zut, je vais faire des courses.
samedi après-midi : j’ai un million de posts à rédiger pour mon blog, et j’ai l’impression de n’avoir pas avancé d’un iota sur mes visionnages « réguliers » de la semaine. Procrastination power.
samedi, 23h : j’ai adoré le dîner, les gars, mais cette fois il faut s’y mettre. Je rentre chez moi avec l’envie impérieuse de bosser d’arrache-pied. Il me reste au moins une décennie à rédiger dans l’article de la semaine, mais j’ai les idées bien en place. J’en profite pour relire l’intégralité de ce qui a déjà été rédigé, et je réalise avec horreur que depuis que j’écris sur internet, je confonds de plus en plus mes infinitifs et mes participes passés. J’ai honte. Je reformule les phrases trop longues, je réaffine l’angle quand l’histoire du pays s’y prête. Non, cette fois c’est trop humoristique, il ne faut rien exagérer. J’ai envie d’un jus d’orange. Je peaufine un peu la rubrique chaînes.
dimanche, 1h30 : la série que je voulais absolument tester est enfin arrivée. Par acquis de conscience, j’attends quelques minutes avant de la lancer. J’écris quelques premières généralités sur les fictions, retourne lire un peu de doc, ressors ce vieil article que j’avais mis dans un dossier, vais chercher un chiffre dans un pdf. Ça carbure.
dimanche, 2h15 : j’ai envie d’un jus d’orange et d’un pilote dans une langue que je ne parle pas. Je débouche un litre d’orange pulpée et je me cale les fesses devant une perle dont j’ignorais l’existence voilà une semaine.
– dimanche, 4h : je retourne à mon brouillon d’article. Opération jus d’orange. Il n’y a plus de jus d’orange. Opération gaspacho. Il n’y a plus de gaspacho. Panique.
dimanche, 4h15 : ouh punaise, yavait une bouteille de jus d’orange pulpé sur la table. Mais je suis con.
dimanche, 4h20 : je m’aperçois que je fixe le bouchon de la bouteille de jus d’orange pulpé depuis plusieurs minutes. On dirait que je fatigue. Allez, dernière ligne droite.
dimanche, 5h10 : à ce stade il n’est même pas certain que mes phrases soient en Français. Je me mets néanmoins en quête des illustrations qui viendront distraire le regard des courageux lecteurs.
dimanche, 5h25 : ah j’avais une super idée d’illustration pour l’illustration principale de l’article, mais j’arrive pas à le faire.
dimanche, 5h30 : ah oui, cette idée-là est pas mal non plus.
dimanche, 6h : moyennement satisfaite de mon résultat, je décide d’arrêter là mes expérimentations sur Photoshop, parce que je viens de me souvenir d’un truc que j’ai peut-être pas mis dans l’article.
dimanche, 7h : au point où on en est, autant regarder un épisode pour lequel je ne pensais pas avoir le temps cette semaine.
dimanche, 8h : urgence jus d’orange pulpé. Le supermarché en bas ouvre dans une heure. Courage. Je décide de relire l’article dans l’intervalle. Je corrige les participes passés indument tournés en infinitifs, et inversement. Ceci fait, je vais sur mon blog rédiger l’article du dimanche, celui où je fais le bilan de la semaine avec le lien qui fait bien, et où je développe un peu ce que la semaine a apporté en curiosités et découvertes.
dimanche, 8h30 : ah non mais c’est vrai, ça ouvre à 8h30 le dimanche aussi ! Je cours au supermarché.
dimanche, 8h45 : opération jus d’orange pulpé accomplie. Je relis l’article une dernière fois, déplace un paragraphe, reformule une phrase. Là tout de suite, j’aimerais bien que quelqu’un soit avec moi pour relire et m’indiquer les phrases qui n’ont aucun sens.
dimanche, 9h et des brouettes : postage de l’article. Soulagement. Relecture et postage du post pour le blog. Grand sentiment de vide. Ou de fatigue. Plus vraisemblablement les deux. Je vais me coucher.
dimanche, 10h42 : je me suis réveillée avec horreur à l’idée que j’avais totalement oublié de mettre l’article en une du site. Ceci fait, je me rendors.
dimanche, 13h : j’émerge. Je me demande si cette semaine il y a des commentaires ? Il y a des commentaires. J’exulte. Ca n’a donc pas été pour rien ! Je me rendors.
dimanche, 13h30 : j’ai envie de tout faire, sauf de penser à la semaine suivante. Qui techniquement a commencé au moment où j’ai validé l’article.
dimanche, 14h : j’ai oublié de mettre le lien en pied de page vers les articles des semaines précédentes. Dummkopf.
dimanche, sur le coup de 15 ou 16h, je commence à penser au dimanche suivant. Ça passe par quelques recherches généralistes, dont un coup d’œil sur Wikipedia pour prendre quelques noms de chaînes, des dates, bref les grandes lignes à partir desquelles je vais me lancer dans des travaux approfondis. Mais on n’est que dimanche et je m’en tiens à ces premières lectures…

Ce système, assurément, a des avantages et des inconvénients. Mais de toute façon, écrire un article en une semaine, c’est forcément être voué, avec la meilleure volonté du monde, à ne proposer qu’une information introductive. L’exhaustivité n’a pas sa place dans pareille pratique.
Cela étant, j’aurai potentiellement tout le temps de développer d’autres choses par la suite si les articles rencontrent un écho favorable… et pas juste ici… je sais, j’insiste. Dites-vous qu’il y a une raison…

Mais enfin, voilà, en gros, à quoi ressemble ma méthode, qui se conclut d’ailleurs par la constitution d’un classeur chaque semaine, avec la documentation que j’imprime ou n’imprime pas au boulot. Je suis donc en train de me constituer une base documentaire assez sympa…

Voilà, à l’occasion de ce deuxième moi de festivités téléphagiques, je me suis dit que ça vous intéresserait un peu, mais si vous avez d’autres questions, n’hésitez pas !
Allez hop, on reprend le sac à dos, on n’a pas encore tout vu.

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3 commentaires

  1. Nephthys dit :

    Wow

    Je suis admirative, j’ai lu qq1 de tes articles (pas

    ts encore,je devrais les imprimer du boulot

    d’ ailleurs,tu m’as donné une idée) ms je

    compte bien le faire…

    En tt cas,sacrée somme de travail tt cela… On imagine pas forcément !

  2. Lorna dit :

    Je savais que ça devais te demander un travail énorme et te prendre pas mal de temps. J’en ai la confirmation et je suis d’autant plus admirative de tout le travail effectué. C’est bien d’avoir une méthode et de s’y tenir (ce que je ne sais pas faire ^^’). Encore merci pour ce voyage sériphile autour du monde .

  3. Livia dit :

    Bon sang, c’est un véritable sacerdoce dans lequel tu t’es lancé ! Je crois qu’on est tous admiratifs, et en même temps, on est aussi pleinement conscients d’être chanceux pour suivre ces découvertes à tes côtés. Vraiment merci pour ce tour du monde téléphagique qui aura rythmé notre été, nous ouvrant d’autres portes et de nouveaux horizons, tout en distillant les germes de la curiosité qui feront qu’on sera instinctivement moins hésitant à franchir toutes les barrières de l’inconnu pour se plonger dans des séries du bout du monde.

    Chapeau et merci

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