All about Reed

1 avril 2011 à 22:02

C’est difficile de s’attacher à une série au fil des semaines, pour finalement n’en dire que du mal. Ca ressemble un peu à une trahison. On aimerait pouvoir être positif… après tout, on vient de regarder toute une saison, à rire et parfois pleurer avec les personnages, à guetter chaque semaine les épisodes et à se montrer fidèle, et régulier (une qualité téléphagique par laquelle, qui plus est, je ne brille pas). Alors au final, pourquoi avoir été là, devant ces épisodes, plutôt que devant d’autres ? Il devait bien y avoir une raison mais là tout de suite, elle ne nous apparait pas. On ne peut même pas dire qu’il s’agisse d’une raison honteuse, mais simplement on ne voit pas trop comment défendre l’indéfendable.

Je me retrouve dans cette épineuse et un peu triste situation avec Fairly Legal. Pendant 10 semaines, j’ai été présente aux côtés de Kate, mais à l’heure du bilan, je n’ai pas envie de mentir : il n’y a pas grand’chose dans la série qui ait justifié cela.
A part, précisément, mon attachement.
Si la personnalité pétillante de Kate a instantanément ravi mon coeur, c’est progressivement devenu la seule raison pour laquelle je revenais.

Concrètement, Fairly Legal a tout faux. Le soi-disant fil conducteur de la saison n’est qu’un coup d’épée dans l’eau, une esbrouffe qui se révèle stérile aussi bien dramatiquement que sur le plan de l’évolution de l’histoire ni de l’évolution du personnage de Kate. La relation conflictuelle avec la belle-mère n’évolue pas ; pire, Lauren est un personnage qui s’appauvrit après avoir dans un premier temps montré des signes prometteurs sur ses différentes dimensions. La relation à l’ex-mari Justin piétine et effectue de constants aller-retours, perdant toute crédibilité au passage et ne surprenant ni n’émouvant plus au bout d’un coup de grisou par épisode. Même la mini-histoire amoureuse de Leo n’aboutit pas.
Tout ce qui pourrait apporter à la série richesse et profondeur se montre incapable de tenir sur la longueur. Un comble pour des éléments feuilletonnants !

Le problème n’est pas le ton ultra-léger de la série, il n’est pas nécessaire d’être sombre pour obtenir de bonnes intrigues. Mais il faut du courage, et de la constance, deux qualités qui font cruellement défaut à Fairly Legal, et qu’illustre bien le final de la saison, où les deux dernières scènes sont en décalage total l’une avec l’autre.
Pas de questionnement sur la Justice, les limites de la médiation, ou les implications de certains cas abordés ? Je peux en faire mon deuil. Mais la résistance de la série au test du temps, lorsqu’on accepte de se distancier du plaisir immédiat de la présence de Kate à l’écran, cela j’ai du mal à le pardonner.
On a pu entendre que c’était typique des séries d’USA ; il me semble pourtant que Royal Pains, par exemple, se débrouille bien mieux dans ce domaine. Et que la futilité du propos, surtout, ne devrait pas signifier que l’écriture ne soit pas solide.
Ce qui m’ennuie, ce n’est pas de regarder une série légère, c’est d’avoir l’impression que son élaboration est prise à la légère.

Et pourtant j’ai adoré ces 10 épisodes passés avec Kate Reed. Et j’ai pleuré à chaudes larmes lorsqu’elle s’est pris un revers. Tout au long de l’épisode, j’ai senti monter son épuisement. Mais que, pour un bon mot final, une image de fin rigolote et encore, la série se refuse à assumer les directions prises, me semble impardonnable ! La sympathie et l’empathie ne suffisent pas, non plus que le culte de la personnalité de l’héroïne, pour satisfaire nos besoins téléphagiques primordiaux…


« I’ll be back ! »
Très franchement, Kate, je ne sais pas encore si j’en ferai autant.

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3 commentaires

  1. Eclair dit :

    Tout d’abord un grand merci pour ce bilan. Je te l’ai déjà dit, j’avais très envie de savoir ce que tu ressentais sur des séries dans la durée, vu que tu parles essentiellement de pilotes.

    En fait je suis d’accord avec ta critique. Tu as mis à jour les travers de la série, qui n’a aucune excuse pour justifier une telle « désinvolture » (puisqu’il faut bien trouver un terme à ce manquement).

    J’en parlerai probablement quand (si) je ferai le bilan, mais il ne faut pas non plus oublier les bons points de la série (tu les as cités, mais je pense que ce sont peut-être les raisons pour lesquelles tu n’as pas abandonné le show, preuve qu’il avait des qualités) :

    – Même si elle a été sous-employée, Virginia Williams a su donner à son rôle une grande profondeur.
    – le pitch de la série détonne parmi les legal drama. Ca fait du bien de parler de la médiation plutôt que de procès. Ça humanise les conflits quotidiens.

    – Sarah Shahi est pétillante.

    Alors oui, Fairly Legal n’est pas une grande série, et n’en sera probablement jamais, mais à la différence de Covert Affairs, autre série d’USA Network, elle possède des personnages attachants.
    Je sais que sur ce network il ne faut pas être trop optimiste pour une amélioration des intrigues, mais je croise quand même les doigts. Le potentiel est là. C’en est presque rageant, mais moi j’ai envie de lui donner une autre chance.

  2. amy dit :

    Je suis à 110% d’accord avec toi le seule truc qui me faisait revenir non c’est pas la personnalité pétillante de Kate(elle est trop hyperactive pour moi)mais sa relation avec Justin(que veux-tu c’est mon petit coeur de midinette ^^)j’aurais bien aimé aussi en apprendre un peu plus sur le métier de médiateur(un aspect qui à été négligé à mes yeux)et le fil rouge de la saison euhh no comment

  3. Shoone dit :

    Eh ben… moi qui comptais prochainement me faire un marathon pour rattraper mon retard sur la série, avec ton billet, tu m’as bien démotivé.
    C’est dommage, j’avais plutôt apprécié les 3 premiers épisodes. Les personnages étaient chouettes, les acteurs plutôt convaincants, les affaires assez touchantes… il y avait juste le fil-rouge qui dès son introduction n’apparaissait pas très recherché. Et puis il ne donnait déjà pas vraiment de signes de grande maîtrise. Mais maintenant que tu me dis que cet arc est un gros ratage, que les intrigues relationnelles sont inabouties, que le thème de la médiation reste survolé, ça ne m’engage franchement pas à reprendre. Peut-être si je lis de meilleurs avis, mais c’est assez mal parti…

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