Le blues du businessman

15 octobre 2011 à 22:40

En ce moment, allez savoir ce que j’ai, j’ai envie de comédies. Pas d’incompréhension entre nous : j’aime bien avoir ma dose hebdomadaire de drama, et ne croyez pas que je ne me rue pas sur les épisodes de Homeland ou PanAm lorsqu’ils sortent, en fait j’ai même replongé dans The Good Wife, trop longtemps abandonnée, mais voilà, j’ai envie de comédies. Et les épisodes de Suburgatory ne sont pas diffusés en quotidienne, alors…

…Alors, j’ai ressorti mes vieilles cagoules. Et cet aprem, je me suis envoyé le pilote de According to Bex (j’avais même oublié que je l’avais, cette cagoule-là !), les deux premiers épisodes de Committed, dont je me suis rendue compte qu’elle me fait toujours autant rire (on pourrait qu’avec le temps et les comparaisons, je deviendrais blasée, mais non)… et le pilote de Jake in Progress.
On ne se connaissait pas à l’époque, et je n’ai encore jamais vraiment parlé de cette série, alors, tiens, vous savez quoi ? Pour changer des pilotes de toutes nouvelles séries en arrivage direct des USA, je vais vous causer de Jake in Progress. Et Boss ? Boss, une autre fois.


Mon souvenir de la série était, en toute honnêteté, assez flou. Ouais, en gros, je me souvenais de John Stamos, quoi.
Ce n’est pas difficile de s’en souvenir. En gros, John Stamos interprète John Stamos. Un rôle de composition, donc. Il doit avoir l’air charmant, charmeur, même, et… c’est à peu près tout. Mais on ne demande jamais plus à John Stamos, son sourire émail diamant et ses légères pattes d’oies suffisent. Il est ornemental, John Stamos, et dans le bon emploi (celui qui ne lui en demande pas trop), il ne fait pas honte à sa profession. On le met dans une série parce qu’il est agréable à regarder et qu’il ne joue pas mal ; normal, il ne joue pas. Mais au moins il n’est pas mauvais. Et il a ces yeux verts qui font craquer les femmes depuis pas loin de trois décennies, alors…

Donc non, Jake in Progress ne nous fait pas redécouvrir le génie comique méconnu qui se cache sous la peau hâlée de Stamos, c’est certain.

Pour autant le pilote n’en est pas moins agréable, et cela principalement en raison d’un acteur dont je ne comprends pas qu’il n’ait jamais eu son propre show, tant il éclaire systématiquement les scènes de chaque série dans laquelle il se pointe même temporairement : Rick Hoffman. Je me rappelle avoir détesté l’adorer dans The $treet il y a de cela 10 ans, et rien n’a changé depuis. Ce mec est énorme, et même s’il a de bonnes scènes à présent dans Suits, elles ne lui permettent jamais d’accéder à son plein potentiel. Le terme de « scene-stealer » a été inventé pour des gars comme lui, il n’arrête pas. Même quand il surjoue il est génial.
Lui aussi incarne souvent le même genre de personnages, mais il parvient à leur donner une énergie singulière qui fait que même quand ils ont comme point commun d’être des chieurs, on les apprécie à des degrés différents. On peut dire qu’il a une palette d’enfoiriture très subtile, en un sens. En tous cas ça fonctionne à tous les coups.

Hoffman est un peu la star du pilote : ce sont les scènes avec lui qui sont vraiment drôles, notamment quand il est dans sa cage.
Toute la première partie de l’épisode est de toute façon dénuée de toute forme d’humour, en particulier chaque fois qu’Ian Gomez (futur Cougar Town) ouvre la bouche.

Le concept de Jake in Progress, palpable dans cet épisode et perdu ensuite dans les méandres d’une jungle de post-its d’exécutifs, était à la base de montrer en temps quasi-réel le rendez-vous arrangé entre Jake, célibataire endurci, et Kylie, une romantique qui ne croit pas aux histoires d’un soir.
Et ce concept aurait pu marcher… avec un couple intéressant. C’est encore plus patent quand on regarde Committed le même jour : Marni et Nate ont une personnalité débordante (c’est le moins qu’on puisse dire), tandis que Jake et Kylie sont aussi plats que l’électroencéphalogramme d’un scénariste de Whitney (et, non, ceci n’est pas une vanne déguisée à l’encontre des oeufs au plat de Mädchen Amick). Ici, les deux personnages ont un passif (ils ont couché ensemble mais Jake, en bon baiseur en série qu’il est, ne s’en souvient pas), mais pour le reste, il n’y a pas de matière.
C’est sans doute parce qu’à la base, Jake in Progress n’ambitionnait pas d’être une comédie, mais plutôt une dramédie. N’empêche que ça laisse carrément froid de voir ces deux-là interagir.

Alors c’est pas plus mal, du coup, que le concept ait été abandonné ensuite. Ca ôte évidemment de l’originalité à la série qui se contente ensuite d’être « la série où John Stamos fait son John Stamos en attendant l’annulation » (et elle a mis plus de temps qu’attendu à arriver), permettant à l’acteur de faire ses yeux de cocker battu (non, pas n’importe quel chien battu, absolument un cocker) en nous chantant une version moderne du blues du businessman (trop d’argent, trop de top models…), mais au moins Jake in Progress n’est pas une suite de scènes sans intérêt interrompues ponctuellement par Hoffman pour éviter au spectateur de se pendre avec le câble de la télé. Il faut admettre que la série a échappé au pire pour aller se réfugier dans le passable de ce côté-là.

Mais c’est un pilote sympathique, cependant, parce que très rythmé, mais quand même un peu faible. Et puis comme je le disais, quand John Stamos fait son John Stamos, eh bah il bouge, il sourit, il minaude un peu, il fait je sais pas quoi, mais il occupe l’écran. Alors ça passe.
Wow, j’ai toute la première saison sur mes cagoules, dites-donc… Qu’est-ce que je fais, je me l’envoie quand même, ou…?

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