Séries créativement contrariées

2 décembre 2011 à 21:33

Cet automne, je n’ai accroché ni sur Once Upon a Time, ni sur Grimm. Les deux m’ont paru manquer dramatiquement de profondeur : Once Upon a Time s’est contentée d’être une série de Robert Halmi prolongée sur toute l’année, et Grimm rajoute simplement du folklore à des intrigues policières dont la teneur ne me semble pas spécialement sortir des sentiers battus.
J’avais pourtant un véritable a priori positif vis-à-vis de ces séries, dans le sens où utiliser les contes de fée pour des séries modernes est, nécessairement, une bonne idée.
Mais j’ai sans doute trop regardé Pushing Daisies, qui reste le conte de fée morbide et merveilleux le plus abouti de la télévision à ce jour.

Ce soir, dans The SeriesLive Show, nous nous sommes attaqués aux séries de contes de fée, et j’ai même résisté à la tentation d’imposer un Into the Show sur Pushing Daisies. Que restait-il à évoquer ? Bien plus de séries que vous ne l’auriez sans doute imaginé au départ, car entre le lancement ce weekend de Neverland, et les vieilles séries inspirées par les contes et légendes, il y avait plus de choix qu’espéré.
En particulier, nous avons passé le Into the Show sur La Caverne de la Rose d’Or, qui à première vue n’est pas forcément une série de contes de fée stricto sensu mais qui en réalité a su incorporer de nombreux contes dans sa narration… Mais on vous en dit plus dans l’émission.

La Caverne de la Rose d’Or, hélas, fait partie de ces fictions qui, comme La Légende d’Aliséa (spéciale dédicace à ma frangine) et autres Desideria, m’ennuient profondément quand elles sont presque invariablement diffusées à Noël. Tout cela manque… de fantaisie. Les moyens financiers, le jeu des acteurs et les effets spéciaux sont moins en faute que l’obsession des scénarios à vouloir créer un conte de fée en copiant des recettes qui doivent une partie de leur charme aux siècles écoulés depuis leur écriture, et à leur pouvoir de métaphore et de paraphrase.
Alors, comment est-ce possible ? Comment suis-je incapable d’apprécier la plupart des fictions touchant de près ou de loin aux princes et princesses alors que le sujet, a priori, m’enchante ?

La réponse est simple. J’ai lu, il y a bien des années maintenant, des contes qui ont transformé à jamais mon regard sur ces récits, et plus rien ne sera jamais pareil. Je veux parler bien-sûr des contes de James Finn Garner, dans lesquels, avec un humour décapant, il remet « au goût du jour » des histoires qui manquaient dramatiquement de politiquement correct.


VOILA une série basée sur les contes de fée que je voudrais réellement voir adaptée à la télévision. Avec un vrai parti pris, du recul, le second degré qui manque dramatiquement aux deux séries de cet automne (en particulier Once Upon a Time qui, vu l’état de ses effets spéciaux, n’a pas, en réalité, le luxe de se prendre au sérieux comme elle le fait), du décalage, et énooooormément de créativité. Politiquement correct fait plus pour l’univers des contes de fée que Grimm et Once Upon a Time réunis… leur offrant à la fois une relecture drôle, mais aussi une véritable gourmandise, piochant dans les univers de ces contes énormément d’idées et de personnages, sans jamais oublier le côté terriblement sordide de certaines situations, ni déposséder les histoires de leur merveilleux.
J’ai même un peu envie d’envoyer un exemplaire de chaque recueil de nouvelles de Garner à Bryan Fuller (sait-on jamais, des fois qu’il s’ennuie).

Vous me trouvez cruelle avec Once Upon a Time (à laquelle j’ai pourtant donné une chance au-delà du pilote) et Grimm ? Si j’étais James Finn Garner, je ne dirais plus : « Once Upon a Time est une série sans la moindre once d’originalité, tout juste bonne à amuser les enfants pendant la soirée du réveillon, et les adultes s’ils ont abusé du champagne au point de ne pas saisir le ridicule de la situation »… Je dirais : « Once Upon a Time est une série créativement contrariée idéale pour des spectateurs étant d’une exigence intellectuelle modeste, et loin de nous l’idée de vouloir réfuter leur droit à l’être ».
Mais je ne suis pas du tout James Finn Garner. Et je ne suis pas aussi complaisante qu’il peut l’être avec les sorcières à la « bonté défectueuse ». Je regrette que ce soient ces deux séries qui aujourd’hui tentent de faire vivre les contes de fée à la télévision américaine avec aussi peu de panache et d’inventivité.

Fort heureusement, ce soir, nous vous parlerons aussi d’autres séries inspirées de contes et légendes, parmi lesquelles The Charmings qui, si un bon rire vaut un bon bifteck, vaut toutes les boucheries-charcuteries de France et de Navarre…

The SeriesLive Show – 2×03 : Rien que des histoires

Mais le conseil téléphagique du jour, finalement, c’est un peu de laisser tomber les séries, et de foncer lire les nouvelles de James Finn Garner…

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2 commentaires

  1. MeryllB dit :

    Je crois que j’ai trouve ce que je vais faire les longues soirees d’hiver : me taper tout ce blog!

    Merci!

    Je suis tout a fait d’accord quand tu dis que les contes de fees ont un contenu souvent politiquement incorrect edite pour la tele du reveillon.

    Heureusement qu’il reste des gens comme Roald Dahl pour raconter de horreurs!

  2. peepingtom dit :

    Que de critiques telephiles. Tout cela est bien beau mais quand verra-t-on lady telephage à la télé?

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