[#Ozmarathon] 3×07, rien ne va plus

17 janvier 2012 à 23:48

Avouez, notre Ozmarathon vous avait manqué. Mais ô joie, le revoilà et, d’ailleurs, le season finale devrait être pour la fin de la semaine, donc ne vous éloignez pas.

En attendant c’est un bien étrange épisode qu’on a là, surtout si on le compare à la façon dont les deux saisons précédentes ont préparé leur final. Il faut dire que la saison a elle-même été assez différente des précédentes, avec assez peu de scènes choc, et des intrigues essentiellement dramatiques mais moins radicales que pendant la saison 2.

L’épisode n’en est pas moins bon, pourtant. Et cela en raison de 3 ingrédients majeurs : d’une part, la conclusion de plusieurs intrigues dont on avait besoin qu’elles cessent d’occuper le terrain ; d’autre part, des échanges intéressants mettant en lumière l’évolution d’un grand nombre de personnages ; et pour finir, et on peut dire que le meilleur était littéralement à la fin, une excellente scène pleine d’émotions et d’adrénaline qui donne envie de revenir.

Les intrigues mineures, ou devenues telles à force de trainer en longueur, je ne m’attarderai pas tellement sur chacune pour des raisons évidentes : la plupart, on est contents qu’elles parviennent à leur terme.
La confrontation Alvarez/Rivera fait pschitt, par exemple, parce qu’on s’attendait à ce qu’elle surprenne. Mais elle ne manque pas d’émotion : Alvarez confessant subitement à ce parfait inconnu qu’est Rivera ce qui le tourmente, sans jamais afficher l’air contrit qu’il a si souvent arboré, était en fait assez touchant de franchise et même libérateur. Miguel vient peut-être d’en finir avec son schéma de victime, d’ailleurs… Bon, espérons que la porte n’est pas trop grande ouverte pour une seconde entrevue, on a vu à peu près tout ce qu’il était possible d’en tirer.
J’ai eu la sensation que les divers quoique rapides échanges entre Ryan et Cyril O’Riley autour de la question de la boxe ont été, quelque part, réglés. Certes, la finale des matches eux-mêmes est prévue pour la prochaine fois, et je me languis de voir ces scènes disparaitre car elles ont rarement apporté un grand plus. Mais dans la conversation entre les deux frères, il était incroyablement touchant de voir Ryan faire une fois de plus son serpent, attrapant au vol la moindre occasion de gagner du fric (et donc d’améliorer la vie des O’Riley à Em City), et de réaliser que Cyril n’avait jamais voulu que l’imiter, comme un petit garçon copie son grand frère. C’était une jolie conclusion, il m’a semblé, à leurs diverses prises de bec, et une façon de solidifier encore le ciment de leur relation, si prenant depuis l’apparition de Cyril dans une saison précédente, et qui s’exprime de façon si fugace d’ordinaire (on le verra dans la scène de fin de l’épisode).
La partie de chasse de Chris Keller avec Sister Pete trouve également une conclusion, et une bonne. Après avoir été quasi-infaillible pendant près de 3 saisons, notre chère soeur aura finalement trouvé une façon intéressante d’évoluer. La scène avec le père Mukada était très puissante, même si sa conclusion était (comme cela arrive dans Oz) légèrement théâtrale.
Encore plus important, le pseudo-mystère autour de la mort du père de Clayton Hughes est enfin résolu. Avec toujours aussi peu de panache que dans la plupart des intrigues liées à Leo Glynn dont le seul point fort avec les saisons est vraiment d’être l’arbitre entre McManus et Devlin. Ca n’avait pas le moindre intérêt et on nous a quand même bien baladés avec cette intrigue, donc bon débarras.
Adieu, également, mais sur une note plus nostalgique, à Nappa, le seul à avoir su redonner aux Italiens de la classe, et qui se voit abandonné par les siens de la plus cruelle façon qui soit. C’est triste, mais d’un autre côté c’est la conclusion logique de l’épisode précédent, et ce n’est pas plus mal que l’épisode ne s’attarde pas là-dessus.

Heureusement, il y a des choses autrement plus captivantes dans cet épisode. Et notamment, des confrontations directes ou indirectes qui ne manquent pas de piquant.

Dans son parcours laborieux pour essayer d’expliquer à la Terre entière que, non, il n’est pas dirigé par ses organes génitaux (et je dois dire que je suis moi-même moyennement convaincue après la déclaration nullissime qu’il nous sort dans les vestiaires), Tim McManus nous gratifie d’une succession de scènes en apparence totalement inintéressantes. Le palot ridicule roulé par Diane Wittlesey à Timmy en est l’illustration : ces histoires-là ont vraiment été pénibles depuis toujours dans la série, et la ballade de Diane et Tim compte probablement parmi les love stories les plus insupportables d’Oz. Mais ce qui est intéressant, c’est plutôt ce que cette intrigue insupportable porte en son… sein.
On a d’une part un Tim McManus qui a totalement perdu la confiance de Glynn. On parle d’un mec qu’on n’a jamais vu devoir supplier pour retrouver son cher Em City après l’émeute, qui a quand même été, dans les grandes lignes, majoritairement soutenu par le directeur de la prison, et qui, là, comme ça, d’un coup, vient de perdre toute crédibilité aux yeux de Glynn. C’est très très fort comme déchéance, bien plus que la question de la presse.
Et pourtant cette question de presse est fondamentale. Parce qu’elle exprime aussi les promesses d’Adebisi, qui s’était juré de renverser McManus, et qui a trouvé une excellente façon de le faire. Une fois de plus, notre brute épaisse nous rappelle qu’elle a un cerveau en parfait état de marche ! Adebisi est vraiment la révélation de cette saison, son parcours est incroyable quant on voit quelles ont été ses fonctions au début de la série, et ce plan machiavélique pour utiliser les accusations de Claire Howell contre McManus et de les reprendre à son compte, tout en mettant Wangler en péril plus que lui si le mensonge venait à être découvert, c’est de la trempe d’un plan de Ryan O’Riley, rien de moins. Magnifique.
Dans ses errances, McManus va nous apporter une dernière scène intense. Depuis son arrivée, Shirley Bellinger s’est distinguée par sa duplicité étrange, jamais vraiment malfaisante, jamais totalement innocente. Son attachement à Richie Hanlon (qui lui manque apparemment autant qu’à moi) et son étrange relation à distance avec Adebisi, ses névroses nymphomanes et sa sincère gentillesse désintéressée avec de nombreux personnages, ont fait d’elle l’un des meilleurs personnages de la série en très peu de temps. Fascinante, la créature étrange s’est imposée dans le panorama pendant cette saison en ayant au moins une scène d’interactions avec la moitié des personnages intéressants d’Oswald ! La voilà qui rencontre Tim McManus en plein scandale sexuel, et on ne doute pas un instant, en retenant notre souffle, que cela va être épique. Et ô combien, en vérité, même si ce n’est pas du tout pour les raisons qu’on aurait pu imaginer. Jouant comme toujours de sa féminité caricaturale, de son goût prononcé pour tout ce qui tactile, et de sa voix douce, elle attrape Timmy dans ses filets en un rien de temps. Je ne crois pas un spectateur de la série capable à ce stade de ne pas parier qu’elle aussi va conduire McManus dans une situation embarrassante. Et pourtant, au milieu du bordel que constituent leurs vies respectives, étonnamment, Shirley Bellinger et Tim McManus se sont trouvés. Pas à un niveau amoureux, mais clairement, ce sont deux âmes qui se connectent immédiatement. Les interrogations de Bellinger sur son mode d’exécution, posées avec la candeur dérangeante qui lui est propre, sont reçues avec un rire, et une réponse toute aussi désarmante de spontanéité tordue par McManus. Leur échange est déroutant au possible dans la façon dont ces deux-là échangent, subitement, alors qu’ils se voient pour la première fois, sur les diverses façons de mourir. Tim McManus lance ses propositions comme on suggèrerait une idée de resto pour une soirée, Bellinger boit ses paroles et répond sur le même mode, et en réalité, je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j’aurais regardé cette conversation pendant des heures, et en même temps j’avais des noeuds dans l’estomac et espérais qu’elle se finisse vite. Perturbant au plus haut point. La conclusion de cette entrevue me rend malade, par contre, pour d’autres raisons, que j’aurai hélas tout le temps d’expliquer ultérieurement…

Mais surtout, LE grand évènement, c’est les suites de la confrontation entre Beecher et Schillinger. A la façon d’Alan Kriegman et Kennedy Smith dans The War Next Door, ces deux-là ne finissent jamais leur éternelle danse de la mort. ET C’EST TANT MIEUX.
Sauf que désormais, Beecher n’est plus seul. Et je crois qu’il ne l’avait lui-même encore jamais vraiment réalisé.
C’est d’abord en s’associant avec Kareem Saïd, devenu un exclu, un outsider, qu’il s’est trouvé un partenaire magnifique. Quand je compare avec la première saison qui, vous vous en souvenez peut-être, m’avait tant fait piaffer d’impatience, j’admire l’évolution de Beecher. Il a, en cette fin de saison, atteint un stade absolument superbe, un mélange d’imprévisibilité dangereuse et de sagesse confondante. Brisé plusieurs fois, toujours remis sur pieds, Beecher est un phénix incroyable qui m’impressionne énormément dans sa quête de spiritualité qui, si elle s’est déclarée tard dans la saison, est totalement cohérente, et lui permet de nouer des relations avec un homme aussi fou et avisé que lui, Kareem Saïd, le prophète déchu. Le tandem marche incroyablement bien. Il n’y a rien à jeter dans les regards, la complicité silencieuse, le respect visible que les deux hommes échangent. Ils sont véritablement à pied d’égalité, Kareem ne cherche pas à tout crin à avoir de l’ascendant sur Beecher et Beecher accueille sa présence comme un ermite accepte la présence d’un autre. A certains instants dans l’épisode, j’ai juste envie de les regarder interagir et deviser pendant des heures et de mettre en pause tout le reste.
Mais ce n’est pas le cas et au bout du compte, je ne m’en plains pas. Car leur connivence les enferme dans une bulle fragile que tout le monde a pu remarquer. Beecher repousse l’aide de Chris Keller comme s’il se fichait totalement de ce que pourrait donner une agression qui semble vouée à se produire, et c’est la preuve d’une inconscience totale autant qu’une phénoménale capacité à accepter les coups du sort.
Beecher et Saïd vont donc, à parts égales, s’inciter l’un l’autre à aller chercher la rédemption en offrant et demandant pardon, et ce sont ces actes gratuits qui vont, paradoxalement, déclencher la séquence finale de l’épisode. Ou comment chacun trouve sa place, tant bien que mal, dans une configuration nouvelle.
La confrontation entre Beecher, venu en Paix, et Schillinger, qui a cette incroyable faculté à toujours se libérer mentalement de la responsabilité de ses actes (en l’occurrence en tenant Beecher pour responsable de la mort d’Andy), donne une immense bagarre dans laquelle, instantanément, interviennent les Muslims, les Aryens, mais aussi un Chris Keller qui, bien qu’une fois de plus repoussé par Beecher une scène plus tôt (il était temps que leur relation soit adressée sous cet angle, d’ailleurs), nous prouve que son petit coeur tordu bat la mesure au rythme de celui de Beecher, et nous arrache un sourire ému. De toutes les histoires amoureuses d’Oz, la ballade de Beecher et Keller est, elle, sans défaut, parce que ses personnages sont impressionnants pris à part, et surprennent en permanence dans leurs choix et leurs interactions.
Au final, comble de l’ironie, Beecher et Schillinger se retrouvent avec des blessures jumelles, traités côte à côte à l’hôpital de la prison. A qui le prochain coup, et comment ?

On sort de l’épisode troublé à l’idée de ne pas trop savoir ce que nous donnera la conclusion de la saison dans pareilles circonstances. Il semble presque clair que tout est dit, tout est parfait en l’état. Alors, à ce stade, le season finale ne peut que nous surprendre.
Rendez-vous dans quelques jours pour le grand final, donc.

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

1 commentaire

  1. LL dit :

    C’est marrant j’ai du mal à me dire que dans un épisode, c’est la fin de la saison. La 1 montait clairement petit à petit jusqu’au point culminant surtout grâce à Saïd, la 2 grâce à Keller qu’on savait jouer double jeu et là, j’ai la vague impression qu’on aura une fin différente, sans doute annonçeuse d’enjeu mais pas bourré de tension comme auparavant !

    Je suis, comme d’hab’ ravie de Beecher et de son rapprochement avec Saïd (j’aurais pas parié sur eux…). Je comprends qu’il refuse de faire confiance à Keller, c’est normal et en même temps, j’en peux plus … Tout comme l’intrigue Hugues, Alvarez ou le match de boxe, je vois ça comme des fils narratifs sensés donner de la cohérence mais je ne les ai pas aimés, j’aimerais en voir le bout. Au final, j’avais l’impression qu’on se centrait plus là dessus que sur les personnages.

    Nappa Nappa, je vais te regretter franchement. Mais au profit d’Abedisi, grosse révélation pour moi aussi alors que je ne l’aimais pas à la base.

    Je n’aime pas non plus ce qui se trame avec McManus et Diane mais j’adore détester Claire. J’ai du mal à croire qu’un personnage comme elle reste dans le coin, je donnais pas cher de sa peau au départ mais elle fait parfois passer certains prisonniers pour des enfants de coeur avec son caractère de merde.

    Voilà, je sais pas si c’est le fait que j’étais plus dans le rythme mais je retiens assez peu de

    cet épisode (t’en as dit pas mal en même temps, surtout sur les O’Reilly xD) et encore moins sur les interventions de Hill. J’ai dit que j’aimais bien ce maton Irish que Mc Manus a recruté ?

    Beau billet

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