Practice makes perfect

29 mars 2012 à 0:03


Au cours de ma carrière de téléphage, j’ai assisté à des performances terriblement mauvaises. Plein. On a tous vu notre lot d’horreurs. Il y a, au contraire, des performances qui m’ont parfois coupé le sifflet, et même si assez souvent je me demande où commence le mérite de l’acteur et où finit le brio du scénario, il y en a eu pas mal, reconnaissons-le. Et dans ces cas-là je vous l’ai fait savoir d’ailleurs, par exemple quand j’ai consacré un post au talent de Lee Pace, qui m’a impressionnée (et pas que moi à en croire ses nominations et récompenses) dans Soldier’s Girl, puis The Fall, entre autres.

Lee Pace, qui a démarré sa carrière à la télévision il y a très exactement 10 ans aujourd’hui, en mars 2002 donc, alors que l’épisode Guilt de New York Unité Spéciale dans lequel il tenait un petit rôle était diffusé par NBC.
C’est un acteur qui m’a plusieurs fois épatée, je l’ai dit, et le répèterai souvent encore, mais quand j’ai découvert, il y a quelques temps, cet épisode, je vous avoue que les bras m’en sont tombés.

Il est simplement MAUVAIS.
Nan vraiment. On peut chercher des qualificatifs pour cette prestation, mais ils seront toujours synonymes de MAUVAIS. C’est risible. Personnellement je regarde cette video de temps à autres pour me mettre de bonne humeur, parce qu’elle me fait toujours marrer. Ca ne prête pas à conséquence puisque je sais de quoi l’acteur a été capable ensuite, ça ne diminue en rien l’opinion que j’ai de lui, mais enfin, c’est MAUVAIS, quoi. Alors j’ai voulu partager cet extrait avec vous pour célébrer, ensemble, les vertus du travail, de l’acharnement, et sans doute aussi, du temps. Certains acteurs deviennent meilleurs avec le temps. Comme le bon vin. Et certains fromages. Et les hommes. Je me comprends.
Comme c’est encore le Black March, nous allons opter exceptionnellement pour le streaming mais, dans un peu plus de 48h, je corrigerai cette infamie.

Mon Dieu, je commence par quoi ? On sent le mec qui jusque là n’a jamais joué que sur une scène de théâtre, déjà. Le phrasé est atroce et anti-naturel au possible ; mais il serait parfait dans la plupart des fictions françaises que j’ai vues. Il est supposé être un pédophile qui a autrefois été lui-même violé, et on a l’impression qu’il récite sa liste de course, quand même… D’ailleurs on constate combien il a changé sa diction depuis (quel coach de génie lui a d’ailleurs fait remarquer qu’il irait loin en parlant légèrement sur le côté comme il l’a adopté ensuite ?). Le jeu avec les mains met lui aussi totalement à côté ; c’est un tic récurrent chez Lee Pace (et c’est toujours la main droite, d’ailleurs) mais je ne l’avais jamais vu aussi prononcé ; tant mieux, j’ai envie de dire. Même le plus petit haussement d’épaule sonne faux. Ne parlons même pas du fait qu’il a le regard tellement mort que même le Piemaker ne pourrait le ressuciter (et pas le plus petit haussement de sourcils : il n’avait pas encore trouvé « son truc » de toute évidence). On n’y croit pas un seul instant. Ca s’améliore vaguement sur la fin mais ça reste MAUVAIS.

Face au jeu de ce qui restera comme le meilleur trio de l’histoire de la série (Meloni-Hargitay-March), parfaitement dans la bonne tonalité, il est totalement à côté de la plaque, pas du tout sur le même registre. Obligé, les mecs en face ne sont pas simplement impassibles du fait du témoignage de mauvaise foi du personnage (le langage corporel des acteurs en début de scène est parlant), ils sont en train de se demander quel abruti a fait passer les castings, et se disent « euh, il a couché avec qui pour avoir le rôle, ce petit ? Tu veux pas retourner servir des cafés au Starbucks du coin plutôt ? », et je ne saurais le leur reprocher (fact : Lee Pace n’a jamais eu à servir de cafés, mais ça m’étonnerait que Stephanie March l’ait su). Un instant on croit que ça vient du personnage qui jouerait la comédie, mais pas du tout. Quand on pense qu’il joue dans cette scène face notamment à Christopher Meloni, qui vient d’Oz où il a balancé quelques unes de ses plus magistrales prestations, on se dit que ce petit ne fait pas le poids.

C’est la seule scène de l’épisode dans laquelle on verra Lee Pace. Dieu merci.
Son rôle suivant sur un écran, éblouissant, sera en 2003 dans Soldier’s Girl. Au cours de ma carrière de téléphage, j’ai assisté à quelques miracles. Celui-là en est un.

Joyeux anniversaire de carrière audiovisuelle, Lee. C’est une magnifique leçon de persistance… On se donne donc rendez-vous dans 10 ans pour noter la progression.
Je te préviens, je retire des points d’office à cause de Twilight, et j’ai pas l’intention d’aller vérifier si c’est injuste ou non.

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