Bouche à oreille

1 mars 2013 à 12:26

Amis téléphages, l’heure est venue pour moi de solliciter à nouveau vos lumières.
Eh oui, grand retour aujourd’hui des posts La une est à VOUS, dans lesquels, pour changer un peu (pas toujours les mêmes !), c’est votre responsabilité que de me convaincre de regarder une série. Ou pas, d’ailleurs. Enfin, tout est expliqué .

En ce moment, je traverse une période de léger flottement téléphagique. En-dehors de quelques absolus favoris (The Americans, Monday Mornings, et les visionnages de Smash avec le #SmashEnsemble), je ne regarde plus aucune série américaine dramatique de façon régulière (et plus qu’une japonaise : dinner, bien que l’enthousiasme se soit tassé). J’ai laissé tomber, même si ce n’est que temporairement, des séries comme The Good Wife, Unité 9 ou encore Nashville. Je n’ai tout simplement pas le jus. Evidemment, il y a toujours les pilotes que je regarde, mais en matière de suivi hebdomadaire, nan, j’ai goût à rien. Et ça fait depuis janvier comme ça ! En fait, comme j’ai abandonné mes visionnages en décembre lors du marathon Scrubs, c’est même pire que ça… Après avoir laissé passer plusieurs semaines de la sorte, me disant que ça allait revenir, que je n’avais qu’à passer à autre chose en attendant (l’occasion de rattraper des séries comme Raw, retenter le visionnage de Monroe, picorer des épisodes de Brain et bien-sûr regarder des films), mais je commence un peu à m’alarmer.
J’ai un peu tout tenté. C’est que, vous comprenez, des comédies que je suis en hebdomadaire, j’en ai plein, niveau dramédie je suis évidemment comblée par House of Lies (et ce, de multiples façons et dans toutes les positions), mais mon planning hebdomadaire manque cruellement de séries dramatiques. Ca me manque, en somme. Mais je n’ai pas le goût, pourtant, à reprendre ces séries abandonnées ; je pense que je suis rebutée par un effet « loin des yeux, loin du coeur », moins je les regarde, moins j’ai envie de les regarder, mais il en faudrait peu pour que la flamme qui m’animait il y a encore peu se ravive, sauf que le premier pas coûte.

En toute franchise, entre les plutôt bonnes raisons (« The Good Wife me plait plus en marathons ou mini-marathons », expérience avérée pendant les saisons précédentes ou je finissais toujours par préférer ce mode) et les excuses carrément piteuses (« ouais mais en ce moment j’ai envie d’engloutir des épisodes par 10 pour toutes mes séries dramatiques », mensonge éhonté comme le prouve le suivi régulier des séries sus-mentionnées), je ne peux plus laisser faire.

C’est là que je me suis dit : plutôt que de revenir à tout crin aux séries que je suivais cet automne, on va procéder par étapes et simplement trouver une série toujours en cours de diffusion, qui me soit nouvelle mais que je puisse, après rattrapage en mini-marathon, je serais d’humeur d’en faire autant pour d’autres. Une fois que j’aurai fait ça pour une série qui aura le goût de la nouveauté, ce sera plus facile de le faire pour d’autres abandonnées voilà trois mois !
Telle est ma logique ; on est d’accord que c’est boiteux mais c’est tout ce que je vois comme option, à part m’enfermer dans mon living, m’attacher à mon fauteuil et me forcer à regarder un épisode d’Unité 9 en me menaçant d’un flingue. Ce qui serait d’une part un peu ironique, et d’autre part vraiment dommage.

J’ai donc cherché quelle série pourrait bien correspondre à mon objectif, et l’une de celles qui revient régulièrement est Scandal.
Une partie de ma timeline Twitter semble en dire du bien, mais j’avoue que je ne saisis pas comment elle en arrive à cette conclusion après l’expérience désastreuse qu’a été le pilote pour moi. Et pourtant. S’il y a bien une chose qui ressort des réactions extatiques sur Scandal, c’est que la série a muté depuis le début de son existence, et qu’elle est arrivée à quelque chose qui a l’air plus abouti que sa formule ne le laissait initialement imaginer. Amis téléphages, l’heure est venue pour vous de me le confirmer (ou pas).

Dois-je (re)regarder Scandal ?

Les pour :
– J’avais vaguement senti que Scandal se voulait un peu politique, et j’ai bien envie de ça en ce moment
– D’après les échos que j’en ai, Olivia Pope devient un personnage franchement intéressant, et la perspective d’assister à une telle évolution m’intéresse parce qu’assez peu de personnages, en ce moment, sont des héros en aussi évidente mutation

Les contre :
– Bah, déjà, je vois 10 raisons. Libre à vous d’en ajouter, étant bien entendu qu’il n’y en a aucune à retirer.
– Parce qu’on ne peut pas dire que je sois une fan de Shonda Rhimes (mais ça s’est ptet vu via le lien précédent)
– Parce qu’en ce moment, c’est la mode du « tout-soapesque » et que je n’ai pas envie de me lancer dans un truc qui me rappelle la qualité piteuse d’un Revenge ou Deception, avec une touche de thriller pour faire genre, mais quand même beaucoup de vide

Vu que plusieurs d’entre vous êtes pourtant convaincus que Scandal est en train de tourner au petit bijou, je ne doute pas que vous allez démonter mes arguments comme rien. Comme toujours dans cette rubrique, l’idée n’est pas forcément de me faire regarder absolument une série, mais d’être aussi bien capables de donner, vous aussi, des arguments pour et des arguments contre, de citer des qualités qui m’ont échappées comme des défauts qui hélas existent bien, histoire que je me fasse une idée.
Je compte sur vos bons conseils, amis téléphages, vous qui me connaissez bien : peut-être que Scandal n’est vraiment pas faite pour moi, c’est possible… mais y a-t-il une chance pour que je sois passée à côté d’une série qui me ravirait ?
Et dans ce cas… c’est à VOUS de m’en convaincre.

par

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4 commentaires

  1. Toeman dit :

    Bon, déjà, je dois te dire que je me suis toujours pas remis du « abdiquer téléphagiquement » et qu’il m’a fallu plusieurs mois de thérapie après cette affreuse phrase

    Maintenant que c’est dit, je dois avouer que je ne suis pas sûr que tu trouves vraiment ton compte devant Scandal, même s’il est possible que tu puisses trouver ça assez regardable au final. Mais je vais quand même tenter de te dire pourquoi moi j’aime et pourquoi sa popularité actuelle est méritée.

    En matière de développement/production/écriture, j’ai l’impression que Scandal est la série qui a vraiment su comment parler au public actuel des grands network.

    Elle a commencé par des stand alone efficaces pour installer ses personnages, son cadre et ainsi fidéliser un public qui pourrait être réfractaire à tout élément trop feuilletonnant dès le départ.

    Sur cette base, elle a commencé rapidement, mais progressivement, à montrer son ambition et à construire sa première saison (puis sa première partie de 2e saison) comme une minisérie, ou comme une saison d’une série du câble. On a donc un grand arc narratif développé franchement et de façon réfléchie. On a pas l’impression que les scénaristes écrivent dans le noir, ils ont l’air de savoir où ils vont et le sentiment qu’on est pas pris pour des pigeons est extrêmement agréable.

    La série a su également se servir de façon extrêmement intelligente du cliffhanger et a remis un peu au goût du jour (sur les grands networks toujours) le fameux WTF. Et c’est là que bien sûr, tout s’est emballé, à raison. Les fans ont commencé à parler de la série, à établir des théories, et la curiosité naturelle des gens a fait son oeuvre.

    Alors, bien sûr, il y a de la romance et c’est pas toujours très digeste, mais la série n’est vraiment pas que ça. C’est un thriller politique, qui tend vers le soap c’est certain, mais avant tout, c’est bel et bien un série traitant du complot, du pouvoir, de la face pourrie de Washington etc. C’est une série qui n’est vraiment plus, mais alors plus du tout un CSI version spin doctors comme tu semblais le penser. Elle l’a été que très brièvement au final, peut-être 3-4 épisodes. En deuxième saison, tout caractère stand alonien a vraiment disparu et la série a embrassé délicieusement son côté feuilletonnant. Le fil rouge n’est pas juste la pour faire déco comme dans les séries policières à la NCI:tousse:

    Bon, j’ai très mal dit tout ce que je voulais dire et j’en ai probablement oublié des tonnes. Mais voilà, la volonté de lorgner du côté du câble avec ses saisons courtes et de l’adapter au format 22 épisodes, d’avoir de vrais fils rouges travaillés et addictifs, d’user des codes de plusieurs genres, tout ça fait que pour moi, c’est devenu une de mes chouchous dans ma liste de séries.

    Rhimes et son équipe on l’air d’avoir compris comment installer une série et comment en faire un succès dans une époque où ce n’est pas forcément évident. Ils ont aussi eu la chance que la chaîne et les téléspectateurs ne rangent pas de suite la série au placard et la laissent évoluer et grandir.

    C’est une chouette histoire que ce succès, la preuve que tout n’est pas mort sur les grands networks. On peut créer un rendez-vous hebdomadaire sans forcément qu’il y ait des mecs en blouse blanche qui viennent mettre du pshit pshit bleu sur des sécrétions douteuses afin d’arrêter le vilain méchant en fin d’épisode.

  2. Rorschach dit :

    J’ignore si nos gouts sont très proches, considérant la liste de séries que tu as abandonnées (que je ne suis pas, mais alors avec grand plaisir), mais des séries à rattraper pour retrouver la foi, voire excellentes séries à l’antenne, il y en a quelques unes (Treme, Spartacus, Person of Interest, Utopia, My Mad Fat Diary…).

    Je ne placerais pas Scandal parmi celles là en revanche. Je me suis forcée à regarder quelques épisodes suite aux nombreuses critiques élogieuses entendues comme toi, mais tout m’insupporte dans cette série, à commencer par son coté 100% toc convenu.

    J’ai lu diverses critiques pour tenter de me motiver à persévérer, comme celle de Toeman ci-dessus, mais ça ne me touche pas du tout, notamment parce qu’aucun des fans de la série n’est capable d’exprimer ce qui rend la série bonne, le regard qu’elle porte sur le milieu représenté, le propos qu’elle défend …. et que tout semble se résumer à « Olivia Pope est trop cool ! » (j’avais juste envie de la taper contre les murs, elle et sa super équipe de personnages de cartoon).

    Surtout quand je vois Toemon dire ça, argument complètement rédhibitoire à mes yeux : « Alors, bien sûr, il y a de la romance et c’est pas toujours très digeste ».

    Cependant, ce problème je l’ai déjà avec TGW que je vois comme une forme de vide sidéral niveau fond, alors que la critique ne tarit pas d’éloges sur ce soap en milieu juridique. Donc … à toi de voir quel poids donner à mes mots.

  3. UglyFrenchBoy dit :

    Pour Rorschach : Je vais tenter, à l’inverse des autres fans de la série, d’expliquer pourquoi elle est « bonne » à MES YEUX, en dehors de faire des compliments sur le jeu et les tenues de Kerry Washington. Je pense que Scandal s’apprécie par son parcours : l’outsider, voire l’underdog complet. Qu’attendre d’une auto proclamée immersion dans la vie politique (teintée de romance of course) par Shonda Rhimes ? A priori rien, surtout quand celle-ci arrive au beau milieu d’une des plus faibles saisons de Grey’s anatomy. La réalisation nerveuse, le débit de paroles, les répliques sans âmes et le côté procedural : après visionnage du pilote, je ne pensais vraiment pas qu’il y avait quelque chose à sauver. De même que les deux épisodes suivants (il me semble). Et pourtant, pour une raison que j’ignore, j’ai poursuivi. Je ne le regrette pas. J’ai donné ma chance à un élève cancre qui aujourd’hui est devenu un premier de la classe. Cette fiction remplit son rôle de me tenir en haleine, de m’interroger sur mon sens moral, de m’émouvoir et surtout de me divertir.

    Je ne sais pas si vous avez lu le magazine Preview (dans lequel je signe un dossier de 6 pages sur la série). Le cas échéant, je vous résume les atouts de Scandal (à mon sens) plus concrètement. Shonda a une spécialité, traiter une relation adultérine par le regard de la maîtresse. Elle l’a fait aux débuts de Grey’s et très brièvement dans Private Practice. Ici, elle va jusqu’au bout de sa démarche. Au point d’être en empathie avec l’(anti)héroïne et d’espérer voir cet homme marié (accessoirement Président des États-Unis) et père de famille tout quitter pour rejoindre celle qu’il aime vraiment. Ca soulève des questions intéressantes comme : l’amour ne peut-il exister que dans la légitimité ? Le charisme des deux acteurs est une évidence. A chacune de leurs scènes en commun, ils sont comme magnétiques. Quand Olivia dit “I want painful, difficult, devastating, life-changing, extraordinary love” on prend son parti, même si son interlocuteur (dont je tais l’identité pour ne pas trop spoiler non plus) a une réponse très juste à cette déclaration : l’amour n’est pas fait pour être douloureux. Cette capacité à être du côté d’une héroïne qui a sa part d’ombre est à mon sens une prouesse. Je ne crois pas que dans Grey’s anatomy la névrosée Meredith ait vraiment fait l’unanimité.

    J’ai l’impression que Shonda Rhimes parvient à prendre toutes les qualités de ses précédentes productions pour les réunir dans Scandal et proposer ce que le public a vraiment envie de voir, tout en le surprenant (très difficile d’anticiper un cliff ou de prévoir la fin d’un épisode, à l’inverse de… nombreuses séries). Sa force est aussi de traiter des conséquences d’une action sur le long terme et de s’intéresser à ses héros. Plusieurs épisodes font appel au procédé du flash-back par lequel les auteurs privilégient la dimension psychologique et humaine des personnages en montrant (peut-être parfois de façon pas toujours subtile) leurs motivations et surtout leurs ambivalences. Et quand on sait que compte tenu de la commande tardive d’épisodes supplémentaires et d’une production en flux tendu toute l’équipe improvise et crée la « mythologie » au fur et à mesure sans l’avoir établie en amont, on ne peut que saluer l’effort. C’est casse-gueule, et pour l’instant, pour suivre avec attention, tout tient la route. Surtout, Scandal a un peu lancé une mode de « Everybody is not all black or all white. There are grey areas » que j’entends un peu partout depuis peu (Je ne dis pas que la série a innové, disons qu’aujourd’hui on aime l’affirmer davantage). Et les « grey areas » (dénués de morale) sont plutôt rares sur un network. Quand je vois qu’un des chouchous des fans est un ancien agent d’une branche secrète de la CIA et qu’il est spécialisé dans la mise à mort (même addict à la tuerie) je me dis qu’arriver à imposer ça sur la chaîne du groupe Disney c’est quand même couillu. Tout comme parler de la liaison de Bill Clinton seulement quelques semaines après que ce dernier a avoué suivre la série…

    Je pourrais passer des heures à vanter les mérites de Scandal. Je pourrais faire une litanie de références ou autre. Mais même si j’adore la série, j’ai aussi conscience que celle-ci ne peut pas faire l’unanimité et que son cahier des charges la prive quelque part d’un public nourri aux productions du câble notamment. Alors peut-être, voire même très probablement, Scandal n’est pas faite pour vous, mais au moins je peux vous assurer que des « Gladiators » avec des arguments autre que « C’est trop cool » existent bel et bien

  4. UglyFrenchBoy dit :

    Pour Lady : Je ne crois pas que tu sois encline à apprécier vraiment Scandal. Du moins de ce que je sais sur tes goûts depuis que je te suis. Ce n’est pas une critique, moi même je sais que je ne suis pas fait pour les fictions historiques ou policières et, malgré mes nombreux efforts, je suis totalement hermétique à ces genres. Mais, il y a quelque chose qui me titille. Dans ton post sur les 10 raisons pour lesquelles tu n’as pas adhéré à Scandal, j’ai partagé à l’époque 8 des 10 ! Je me souviens avoir même fait à haute voix des remarques identiques dès le générique de fin. J’ai donné ma chance et la série a démonté, progressivement, chaque point. Le manque de second degré (la série en acquiert, mais n’en abuse pas non plus énormément aujourd’hui, soit le bon dosage), l’aspect procedural avec des affaires déjà vues chez SVU & Co, les risques d’épilepsie (on s’y habitue et pourtant je voulais jeter mon ordi à chaque effet « flash d’appareil photo ») et les discours sirupeux : la saison 2 (et même la fin de saison 1) est une version revue et corrigée des premiers épisodes (mais à regarder obligatoirement pour tout comprendre, car, oui, c’est assez complexe).

    En dehors des raisons évoquées dans ma précédente réponse (adressée à Rorschach), Scandal peut te plaire peut-être par son inspiration et ses allusions à certains événements: les circonstances de la mort de Nelson Rockefeller, les effets pervers de l’immunité diplomatique (et pourquoi par chance DSK n’en a pas bénéficié), ce qu’est la loi de « Castle Law » (à ne pas confondre avec la légitime défense) ou les différentes techniques d’espionnage utilisées par le passé… Je ne dis pas que la série a des vertus pédagogiques, ce serait mensonger, mais au-delà de sa capacité à émouvoir et divertir, elle n’est pas dénuée de réflexions et de fond.

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