The right choice

4 avril 2014 à 19:04

Vous connaissez mon adoration pour la romance. Pour ceux qui l’ignorent, laissez-moi vous résumer la chose comme suit : regarder une série dans laquelle la romance constitue la majeure partie de l’intrigue me plonge à peu près dans le même état que quand vous aviez dix ans, la fois où vous vous êtes agrippé à au chambranle de la porte d’entrée juste pour que vos parents ne vous trainent pas à vos leçons de natation. Ok assez parlé de moi, ahem.
Du coup, vous pensez bien que lancer le pilote de Step Dave ne me mettait pas dans un état d’enthousiasme intense.

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Pour ceux qui, dans le fond, manquent cruellement de culture, mais en plus, ne lisent pas les news que je vous prépare avec amour, alors rappelons que Step Dave, c’est une dramédie néo-zélandaise lancée au début de l’année histoire de trouver une série qui marche dans un panorama national où les seuls programmes locaux qui résistent au temps sont des trucs de télé réalité. Je suis de tout cœur avec les Néo-Zélandais dans leur lutte contre la télé réalité, mais remplacer par de la romance ? C’est pas la solution, les enfants.
Qui plus est, le pitch de Step Dave ressemble plus à une mauvais comédie qu’à une série à laquelle on a envie de s’attacher sur le long terme : un vingtenaire qui vit au jour le jour et cumule les aventures d’un soir, tombe sous le charme d’une femme plus âgée que lui de 15 ans, qui a déjà été mariée une fois et qui a déjà trois enfants. Devenir responsable pour pouvoir rester avec celle qu’il aime ? Ça n’augure de rien de bon.

Et effectivement, les, disons, 25 premières minutes de Step Dave sont dans cet ordre d’idées. Dave est évidemment barman, un cliché n’arrivant jamais seul, et il ne s’attache jamais aux filles qu’il fréquente, même si sa vie devait en dépendre. Mais totalement par hasard, il rencontre Cara et tombe sous son charme. Les choses se passent d’ailleurs plutôt bien, jusqu’à ce qu’il se retrouve chez la jeune femme et découvre qu’elle a trois enfants, dont deux adolescentes. Ç’aurait été encore mieux s’il n’avait pas fait cette découverte alors qu’il était entièrement nu dans le living room.
Fou de rage à l’idée que Cara ne lui a pas immédiatement décliné son état civil, Dave s’enfuit presque littéralement sur sa moto (bien-sûr une moto !) et jure qu’on ne l’y reprendra plus.

Bien qu’essayant de les déballer avec une certaine tendresse, et non la subtilité d’un sitcom américain de CBS, Step Dave échoue donc, pendant ces 25 premières minutes, à mettre en place quelque chose d’un peu original. Même si parfois, au détour d’une petite remarque ou d’un échange, on a l’impression d’avoir affaire à des personnages « normaux » et pas juste des caricatures, la mise en place manque quand même sacrément d’intérêt. Quant aux personnages secondaires, ils sont totalement en baudruche et, à la manière d’un flipper, renvoient les deux héros exactement là où ils sont supposés le faire, sans avoir beaucoup d’existence par eux-mêmes. C’est pas spécialement mauvais : c’est simplement totalement banal.

Au moment où Dave a rageusement enfilé son casque et mis les voiles, j’étais déjà en train d’ouvrir un onglet de mon navigateur pour vous dire de passer votre chemin. Je cherchais même déjà un jeu de mot avec Cougar Town pour mon titre d’article. Quelque chose avec Cougar Island, ou, non ! Cougar Archipelago (…la Nouvelle-Zélande est bien un archipel, non ? j’ai donc ouvert un second onglet pour le vérifier). Bon enfin bref, j’étais pas de super bonne humeur, et ça m’énerve parce que, bon, il y a quelques bonnes séries en Nouvelle-Zélande, mais… pas là tout de suite en ce moment. Franchement, si c’est pour vous parler de Harry, c’est pas la peine. J’ai pitié de vous.

Le plus fou, c’est que pendant 25 minutes, les personnages ignoraient totalement ce qui m’apparaissait comme évident (en partie parce que j’avais lu le pitch, admettons-le). Leur différence d’âge leur a totalement échappé ! Et Dave et Cara réalisent à ce moment-là que non seulement ils sont très peu compatibles… mais qu’ils ont terriblement envie de l’être. A la 26e minute, j’étais convaincue que ça pouvait effectivement être une bonne idée, et que ces deux personnages n’étaient pas si caricaturaux que ça.
La suite de l’épisode allait le démontrer, ou en tous cas s’y essayer avec une bonne part de succès.

Mieux que ça encore : plusieurs personnages secondaires deviennent réellement intéressants. Ce n’est pas simplement Dave qui est tombé sous le charme de Cara et qui se dit, pour la première fois, qu’il faudrait peut-être repenser sa façon de voir les choses. C’est aussi la sœur de Cara, le meilleur ami de Dave… autant de personnages qui comptaient parmi les plus stéréotypés. Et pendant sa seconde partie, le pilote de Step Dave devient alors franchement intéressant, pas seulement parce qu’il va mettre un jeune homme prématurément en situation de beau-père, mais surtout parce que l’épisode lance une vraie problématique en fil rouge : les choix que nous faisons pour notre vie personnelle. A quel point y avons-nous réfléchi ? A quel point la question mériterait-elle une petite mise à jour ?

En permettant à ses personnages d’envisager une évolution personnelle, et pas simplement de se mettre dans une situation qui les met hors de leur sphère de confort habituelle, Step Dave prend le risque d’être une dramédie intéressante, et peut-être même véritablement touchante par moments. Certes cela manque pour le moment d’équilibre, mais on se prend à supposer qu’il finira par être trouvé.
ÇA, ça valait bien la peine de soupire et rouler des yeux pendant les 25 premières minutes.

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

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