Drawn this way

21 avril 2014 à 20:30

Le saviez-vous ? Le mot « comics » n’existe pas au Philippines ; ou plutôt, il a été remplacé par le mot « komiks » afin de s’adapter à l’orthographe des langues locales, et notamment le tagalog.
Pour autant, voilà bientôt un siècle que les Philippins ont développé leurs komiks, un univers qui laisse une grande part au fantastique et qui, évidemment, n’a pas échappé à la télévision. Aujourd’hui, je vous propose donc un voyage parmi l’histoire des komiks pour parler de séries philippines, alors direction Manille pour découvrir tous ces personnages fantastiques dont pourtant vous ne savez rien.

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Alors déjà, je vous ai dit que les komiks n’avaient qu’un siècle, et j’ai une confession à vous faire : c’était une petite simplification. En réalité, le tout premier comic strip dessiné par un auteur philippin date de 1885, et on le doit à Jose Rizal, qui avait créé une version en images de Matsing at Pagong, une fable publiée dans un magazine littéraire. D’ailleurs, il s’inspire pour le réaliser d’auteurs de comic strips étrangers qui, à l’époque, au lieu d’utiliser des bulles pour faire parler les personnages, inséraient leurs paroles entre deux cases.

Le travail de Rizal (très intéressé par la culture occidentale, et touche-à-tout qu’il s’agisse d’art comme de science) ouvre ainsi la voie à d’autres artistes dans son pays. A la fin du 19e siècle, de plus en plus de revues incluent ce format dans leurs pages. Rizal n’en est évidemment pas le seul responsable ; avec la fin du 19e siècle commence aussi une révolution sur le sol philippin, contre l’empire espagnol qui maintenait les Philippines en position de colonie. Les révolutionnaires sont épaulés par les GIs américains, et la situation politique est donc très tendue, ce qui accroit d’autant le besoin pour la presse philippine de recourir à des modes de protestation plus ou moins subtils ; la satire dessinée en fait partie. On dit aussi que les soldats américains présents sur le sol philippin pendant la guerre d’indépendance laissent souvent des comics derrière eux, lesquels rencontrent un fort succès, renforçant encore le succès des bandes dessinées. Enfin, reproduire des komiks (qui à l’époque sont uniquement en noir et blanc, pas en couleurs) revient très peu cher, et à une époque où il existe peu de medias accessibles au grand public et bon marché, c’est une opportunité très lucrative.
Le pays finit par déclarer son indépendance 6 ans après le début de la révolution, en 1898. Oh, et au passage, vous savez qui est désigné d’office Président d’honneur du pays ? Un artiste, écrivain, scientifique, et surtout révolutionnaire… dénommé Jose Rizal. Bien bien bien, ça c’est fait.

Ces différentes origines de l’engouement des Philippins pour les komiks conduisent à un véritable boom du genre dans les années 20.
Progressivement, la presse adopte ce format, non plus seulement pour illustrer des textes, aborder la politique ou les lettres, mais aussi à de « simples » fins de divertissement. Dans les années 30, de nombreux auteurs aujourd’hui encore très populaires apparaissent, parmi lesquels Mars Ravelo, Pablo Gomez, Tony Velasquez, Nestor Redondo, Alfredo Alcala ou Ruben Marcelino. Il faudra cependant attendre les années 40 pour que des revues spécialisées voient le jour.

Là où ça devient vraiment intéressant, c’est dans le développement de certains thèmes à ce moment du phénomène.

En dépit de ce que leur nom pourrait vous laisser penser, voire éventuellement leurs origines, les komiks n’ont rien de pâles copies. Certes, certains titres sont directement inspirés d’équivalents américains (et on aura l’occasion d’en reparler au cours de cet article), mais c’est loin d’être la norme.
Au contraire, des univers denses et complètement intégrés à la culture nationale se développent, s’appuyant sur le folklore philippin, des mythes et légendes, ou encore les pièces de théâtre populaires (dites komedya). A cause de leur origine populaire, les komiks s’intéressent moins à des actions hors du commun et des exploits héroïques, qu’à des questions de société, comme les différences entre communautés religieuses (qui d’ailleurs forment une large part de la tradition des komedya), l’opposition entre riches et pauvres, ou encore la mise au ban par la société. D’une façon générale, beaucoup d’histoires commencent sur une malédiction, ce qui explique l’angle fantastique et permet ensuite de partir sur des intrigues métaphoriques explorant la question de l’inné et de l’acquis, et/ou comment surmonter un mal de naissance pour devenir une « bonne personne ». Au passage, bien que l’anglais fasse partie des langues officielles des Philippines, ce sont les komiks en tagalog qui forment le plus gros des bataillons, scellant une bonne fois pour toute leur enracinement dans la culture populaire du pays.
Résultat ? Une myriade de créatures fantastiques (généralement mi-humaines, mi-quelque chose d’autre, comme on a pu le voir dans le fun fact de ce soir), et quelques superhéros totalement inconnus en Occident, existent depuis plusieurs décennies, et permettent au public philippin d’exorciser des démons sociaux.

L’une des plus célèbres de ces bestioles est Dyesebel (et si vous commencez à comprendre comment fonctionne le Philippine English, vous avez deviné que ça se prononce Jezebel et que ce n’est pas super bon signe pour elle). Née dans les années 50 dans les pages d’une revue spécialisée, astucieusement nommée Pilipino Komiks, Dyesebel est une sirène, donc mi-humaine mi-poisson.
Il faut dire que, si vous avez l’obligeance de regarder par le hublot sur votre gauche, vous observerez que les Philippines sont en fait un archipel. En fait, on déconne, on déconne, mais plus de 7000 îles constituent le pays ; allez vous étonner que les sirènes soient particulièrement présentes dans le folklore national ! Et comme beaucoup de komiks de l’époque, ainsi que je l’ai dit, Dyesebel est inspirée des très nombreux mythes et légendes, ici à base de sirena (je ne vous le traduis pas, hein) et de siyokoy (l’équivalent masculin).
La différence, c’est que le personnage de Dyesebel n’est pas une sirena comme une autre : elle est née d’une mère qui était elle-même sirena (mais qui avait pris forme humaine), et d’un père humain. C’est précisément ce qui cause la majeure partie de ses tourments, car elle est mise au ban de la société humaine ; exilée en haute mer par sa famille qui souhaite la protéger, Dyesebel découvre alors qu’elle n’est pas non plus la bienvenue dans le royaume des être marins. Les komiks suivent ses malheurs subaquatiques, ainsi que son histoire d’amour tragique, et forcément impossible, avec un humain, Fredo.

La popularité de Dyesebel est énorme ; si bien qu’évidemment, l’industrie audiovisuelle n’allait pas laisser passer pareille opportunité, tiens ! Notre petite sirena va donc vivre des aventures au cinéma, à travers 5 opus au total (le premier dés 1953 !), chacun étant une occasion plus ou moins explicite d’utiliser le nom célébrissime de Dyesebel sans nécessairement coller trop près à sa mythologie ; ses origines plus ou moins humaines varient par exemple d’un film à l’autre. Mais tous les films basés sur Dyesebel sont des succès incroyables, et chaque actrice ayant enfilé la queue à écailles est entrée dans la légende du cinéma philippin. Ou au moins en a tiré un immense succès public, si on veut raison garder.

J’en vois parmi vous qui commencent à se dire que ouaaais, ok, super, mais on est ici sur un site supposé parler de séries et, euh, de série je ne vois point. Bon bah deux secondes, j’y viens. Vous êtes durs quand même, c’est un jour férié aujourd’hui, on devrait pouvoir prendre le temps.

La dernière fois que je vous ai parlé de l’histoire télévisée philippine (et dans le doute, pour les têtes en l’air, j’ai remis l’article ci-dessous), je vous ai dit que les séries fantastiques étaient un apport relativement récent à la télévision nationale.
Alors bon, je vous ai dit ça, et j’ai une autre confession à vous faire : c’était une petite simplification. En fait c’est un peu plus compliqué : des séries fantastiques, il y en a eu avant 2004. Techniquement, c’est Okey Ka Fairy Ko! qui est la première série fantastique de l’histoire de la télévision philippine, en 1987, là, voilà, je l’ai dit. Mais Okey Ka Fairy Ko! est à peu près aussi fantastique que Ma Sorcière Bien-Aimée, au sens où il s’agit plus d’une comédie s’appuyant sur des prétextes surnaturels ; sauf qu’ici, au lieu d’une sorcière, on a une fée. D’ailleurs Okey Ka Fairy Ko! est tournée dans les conditions d’un sitcom, avec assez peu d’effets spéciaux.
Et puis évidemment, il y a l’anthologie Wansapanataym, que j’ai déjà mentionnée et qui date de 1997, et qui donne encore un sérieux coup de canif à mon propos de l’été dernier. Nan mais j’ai une bonne raison de vous avoir simplifié le truc, vous allez voir.

Car ce n’est que depuis 2004 que la télévision s’est vraiment emparée du fantastique… et surtout de l’univers des komiks.

Pourquoi ? Bah déjà, parce que la télévision philippine n’a jamais produit autant de fictions, et donc n’a jamais eu autant besoin de matériau. Et ensuite parce que, depuis quelques temps, les komiks connaissent une perte de vitesse notoire aux Philippines.
Ça a commencé dans les années 80, sous le régime du Président Ferdinand Marcos, qui d’une part, impose une immense censure sur les médias, dont les komiks, et en plus, décrète que ces derniers seront édités sur un papier moins cher, donc de moins bonne qualité. Les komiks commencent à avoir un look dégueulasse et l’encre qui bave, alors le public s’en détourne. Même si après la présidence de Marcos, à la fin des années 80 et début des années 90, les ventes reprennent un peu de couleurs, cela ne sera qu’un dernier sursaut d’une industrie condamnée, dont d’ailleurs la majeure partie des auteurs les plus proéminents sont partis faire carrière aux USA. Quelques nouveaux créateurs de komiks émergent à cette période ; mais très vite ce sera le plongeon.
Hm. Voyons-voir. Des histoires profondément ancrées dans les traditions philippines ? Des personnages connus par le public philippin depuis des décennies ? Et last but not least, des éditeurs sans le sou qui sont prêts à vendre des droits pour une bouchée de pain juste pour écouler quelques exemplaires de plus ? C’est la combinaison parfaite pour que les networks philippins mettent le grappin sur des franchises de komiks !

En 2004, la première d’une longue série d’héroïnes de séries fantastique est justement une sirena. Mais ce n’est sûrement qu’un hasard.
La série s’appelle Marina et révolutionne pour ainsi dire le paysage audiovisuel : le public est captivé, la série amplement récompensée, et les audiences sont géniales. Jackpot pour ABS-CBN, le network qui diffuse la série et l’a vendue comme la toute première fantaserye de l’histoire des Philippines. C’est là que la machine s’est emballée, que le network concurrent GMA a répliqué en lançant la première telefantasya de l’histoire des Philippines, et vous connaissez la suite. Ou vous pouvez choisir de cliquer discrètement sur les articles liés ci-dessous pour aller lire l’air de rien ce que j’en ai dit l’été dernier.

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C’est donc ce besoin télévisuel soudain pour des créatures fantastiques qui a permis à tant de komiks de se trouver un public… qui sans cela, les aurait passablement ignorés. En effet, la grande majorité des séries philippines s’adresse à un public féminin, rarement concerné au premier degré par les komiks.
En fait c’est à un tel point que désormais, les komiks font d’immenses audiences à la télévision philippine. Je suis sûre que vous aurez noté l’ironie là-dedans.

Une excellente illustration de cette situation, est la façon dont le network ABS-CBN a décidé de franchiser la chose : en 2006 naît la série Komiks, tout simplement. Qui d’ailleurs n’est pas tant une série qu’une sorte d’anthologie, de franchise, ou de label, comme souvent à la télévision philippine, à plus forte raison pour les séries hebdomadaires. Ainsi, les intrigues de Komiks peuvent ainsi durer 1 épisode, 2 épisodes… ou 1 saison, ou même 2 saisons ! En tous cas, et à l’instar de Wansapanataym, ces histoires peuvent parfaitement donner lieu, si elles sont jugées réussies, au développement de toute une série indépendante, avec de plus gros moyens et un cast plus prestigieux. C’est bien ce sur quoi compte le network !

C’est par exemple le cas d’Agua Bendita, issue d’un komiks des années 80 du même nom créé par Rod Santiago, et qui a déjà eu une vie au cinéma.
Récupérée par la télévision en 2006, l’histoire Agua Bendita commence comme un épisode en deux parties de Komiks. Les deux épisodes rencontrent un fort succès, et sont prestement rediffusés l’année suivante… ce qui a pour effet d’inciter ABS-CBN a déclencher le développement d’une série à part entière, dans le cadre de la commémoration des 60 ans de la première série philippine (donc avec des moyens !).
Agua Bendita débutera donc, avec un tout nouveau cast, en 2010, et rencontre un immense succès pendant toute sa diffusion, en quotidienne dans le créneau de primetime (et pas qu’un peu : environ 40% de parts de marché, et leader de la tranche horaire).

Mais parlons un peu intrigue : si vous m’avez suivie depuis le début de cet article (quel courage), vous allez vite remarquer qu’Agua Bendita coche absolument toutes les cases d’un komiks classique, avec tout ce que cela inclut de particularité philippine.
L’histoire commence alors qu’un couple tente désespérément de procréer, mais la grossesse tant attendue se passe mal car la jeune mère souffre d’un problème cardiaque… Fort heureusement, l’administration d’eau bénie par un prêtre également capable de soigner parvient à sauver les jumelles attendues par le couple. Sauf que la future mère est prise de fringales d’eau bénie, ce qui la conduit à voler le précieux liquide que notre prêtre réservait pour d’autres nécessiteux. En punition de ce vol, les deux bébés naissent avec une malédiction : l’une d’elles hérite de la maladie cardiaque de la mère… l’autre naît sous forme liquide, constituée uniquement d’eau bénie qui lui donne des pouvoirs de soin. La seconde est donc prestement exilée par l’entourage des parents, qui élèvent leur fille fragile, laquelle devient rapidement pourrie-gâtée, tandis que la pauvre créature faite d’eau est recueillie par un homme pauvre mais bon, qui l’éduque correctement et lui donne un sens des vraies valeurs.
Alors on résume : personnage mi-humain, mi-aquatique ; opposition entre deux êtres d’origine similaire mais diamétralement opposés ; mise au ban de la société ; tiraillements religieux… plus fidèle à l’origine des komiks et la culture philippine, ça va être difficile. Mais ici, c’est sous forme d’une série dramatique destinée essentiellement au public féminin, ce qui rend la consommation d’Agua Bendita beaucoup plus mainstream.

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Des séries comme Agua Bendita, on en trouve de plus en plus, donc. Plus rares sont les superhéros (ils étaient déjà en infériorité numérique au format papier), mais ils existent. Généralement, ce sont ceux qui ont le plus hérité des comics américains, aussi bien en matière d’intrigue que de style graphique.

Pour la beauté de l’exemple, j’ai décidé de vous parler ce soir de l’une des plus anciennes superhéroïnes des komiks : Darna, apparue sous sa forme dessinée en 1950, mais dont les premières traces dans les travaux de son créateur Mars Ravelo remontent à 1939 ; il dit qui plus est s’être inspiré à la fois des tous premiers comics de Superman… et de sa propre mère qu’il considérait comme une héroïne. Il ne fait pas grand doute que l’évolution du look de Darna sera également dû au look de Wonder Woman.
Les premières versions de Darna sont ignorées par tous les éditeurs auxquels il la propose… parce que c’est une femme. L’ironie c’est que 64 ans plus tard, je suis ici à vous en parler !

L’héroïne de Ravelo s’appelle Narda, et tient ses pouvoirs d’une pierre venue d’une autre planète, et qu’elle a avalée (ne me demandez pas…), lui permettant une transformation en Darna, une guerrière aux superpouvoirs qui peut ainsi affronter toutes sortes de créatures maléfiques, comme une déesse/serpent (toujours cette dualité humaine et surnaturelle…). Darna, princesse guerrière, ne durera en fait pas très longtemps au format papier (28 numéros), mais dés 1951, elle décroche sa première adaptation au cinéma. Mais ce qui la rend carrément plus précoce que Dyesebel dont on parlait plus haut, c’est que dés 1977 débute la première série télévisée à son nom, la bien-nommée Darna, sur la station KBS9.
Cependant, il faudra attendre le boom des séries fantastiques et des séries adaptées komiks post-2004 pour que Darna retrouve les petits écrans philippins. C’est le network GMA qui s’en charge avec deux séries : l’une en 2005… et la suivante en 2009. Ce qui prouve que décidément les networks philippins n’ont aucun soucis avec les séries similaires peu espacées dans le temps. Les deux versions récentes de Darna font, là aussi, d’excellentes audiences. En fait, la version 2009 de Darna bat même un record : son pilote, qui réunit 44,1% de parts de marché, est le deuxième meilleur lancement de l’histoire pour une série de primetime… après le pilote de Dyesebel, en 2008.
Ah oui, c’est vrai, parce que finalement je ne vous ai pas dit : Dyesebel aussi a trouvé le chemin des télévisions en 2008 ! Et une autre fois au début de l’année, d’ailleurs.

En fait, GMA a acheté les droits pour faire la série Darna en 2005 mais aussi ceux d’un autre komiks, Captain Barbell, dont une version télévisée apparait en 2006. Et c’est là que franchement la chose est de toute beauté : ce n’est pas assez de puiser abondamment dans le catalogue de vieux komiks pour jouer à la fois sur la nostalgie mais aussi la popculture typiquement philippine. ABS-CBN comme GMA sont passés maître dans l’art non seulement de rebooter leurs séries à succès… mais les networks sont aussi très forts quand il s’agit de faire apparaitre des personnages d’une franchise dans une autre série. Et vice-versa. Ok, ça devient compliqué, je vous l’accorde.
En fait, pour résumer, l’avantage qu’offre une série au format de Komiks, ou l’achat « en gros » des droits de plusieurs séries d’un même auteur (c’est le cas pour Darna et Captain Barbell qui font partie de la longue liste des komiks créés par Mars Ravelo), c’est la possibilité d’entremêler encore et encore les univers, de reprendre des thèmes et les réorchestrer une nouvelle fois, tout en réemployant de vieux personnages. Cette joyeuse pagaille permet à la fois de renouveler régulièrement le genre et de ne pas prendre trop de risques, et même, de former une certaine continuité d’une série à l’autre, quand bien même les acteurs changent. N’est-ce pas splendide ?

Hélas, cela n’aura pas sauvé les komiks au format papier.
Désormais, les publications spécialisées ont quasiment disparu des étalages des marchands de journaux, et la plupart des titres lancés ces dernières années n’ont pas réussi à percer. Pour essayer de capter un nouveau public, les auteurs ont tenté de s’inspirer d’un peu tout ce qui passait, et notamment des franchises de superhéros américaines, ou des manga. Sans effet. Pire encore, les superhéros récemment conçus ont reçu une volée de bois vert pour être trop inspirés de leurs cousins américains, et les komiks en noir et blanc sont fustigés pour copier les manga ; du coup, les habitués du genre aussi se sont détournés des komiks ! Beaucoup d’auteurs ont aussi essayé de passer d’une publication en tagalog à une publication en anglais, entre autres pour faciliter l’exportation, mais les effets sont restés marginaux (et sont également méprisés par les puristes).

On peut le dire : c’est une fichue ironie qu’une industrie qui permet à la télévision philippine de s’enrichir (et ce, en réutilisant sans problème des personnages à quelques années d’intervalle) soit incapable de survivre. Mais ça nous aura permis de découvrir quelques unes des nombreuses séries fantastiques qui peuplent les écrans philippins, alors… merci pour le poisson ?

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

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