Netflix par le menu

15 octobre 2014 à 8:30

Voilà un mois que Netflix est apparu en France et comme beaucoup de monde cette semaine, est arrivé pour moi le moment de prendre une décision qu’advient-il de mon compte au-delà de la période d’essai.
Alors si vous le permettez, je vais m’emparer de cette opportunité pour parler de Netflix au sens large, et inclure tous les éléments qui sont intervenus dans ma prise de décision.

Je ne saurai assez insister sur la fait que je ne m’intéresse pas au côté mainstream de Netflix dans cet article. Je l’ai évoqué parfois dans des articles passés, ce n’est pas mon objectif aujourd’hui. Je ne suis pas une consommatrice mainstream, mes raisons n’ont rien à avoir avec celles des abonnés qui se sont rués sur The Mentalist lors de l’ouverture du service le mois dernier (cet animal existe-t-il et peut-on alors l’observer dans son milieu naturel ?). Ne m’obligez pas à truffer mon article de disclaimers sur le fait que c’est mon point de vue consommatrice qui domine les prochaines lignes !

Voici donc, en 3 points, les raisons qui font que pour le moment, je ne donne pas mes sous à Netflix. Et ça va de soi, vous êtes libres de ne pas toutes les partager, ou aucune.

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1/  NETFLIX C’EST L’ACCÈS A DES SÉRIES ORIGINALES ?

Ce qui m’intéressera, ce sera d’ici peut-être un an, quand Netflix aura étendu son armée de fictions originales.
Je ne veux pas forcément parler de la prochaine saison d’Orange is the new black (bien que c’est certainement quelque chose que je mettrais dans la colonne des « pour », en gras et souligné, si je faisais une liste des pour et des contre), de Hemlock Grove ou de House of Cards (ne regardant pas ces deux séries, leur reconduction m’indiffère en tant que spectatrice). Je suis plutôt attirée par l’offre « locale » de Netflix et la façon dont elle va être gérée ; pour le moment, voilà le peu de recul qu’on a.

Quand Lilyhammer est arrivée sur Netflix, début 2012, c’était sa première fiction originale. Pour la produire, Netflix s’était alliée à la télévision publique norvégienne NRK, qui avait d’ailleurs diffusé la série en primetime avant même que les abonnés Netflix ne puissent mettre la main dessus. Ça allait à l’encontre de la logique de lancement de beaucoup de séries ; un nombre croissant de séries sont d’abord rendues disponibles, pour un épisode ou deux, sur internet… et ensuite ont droit à leur première télévisée. Mais le fait que Netflix n’était pas encore présent en Norvège a influé sur ce choix : les abonnés dans les autres pays n’allaient pas se casser la tête pour télécharger illégalement quelque chose qui arriverait sur Netflix quelques semaines plus tard, et au moins NRK jouissait-elle d’un inédit à proposer à ses propres spectateurs nationaux. L’arrivée de Netflix en Norvège, ce serait fait avant la fin de l’année 2012 ; depuis, NRK continue de diffuser les saisons suivantes de Lilyhammer avant qu’elles n’atteignent Netflix.

L’empire géographique de Netflix s’est étendu : fin 2012 elle était désormais accessible dans toute la Scandinavie ; puis elle établit ses quartiers aux Pays-Bas fin 2013 ; nous avons été les suivants sur sa liste à l’automne 2014 alors que Netflix s’est installée en France, en Allemagne, en Autriche, en Suisse, au Luxembourg et en Belgique.
Le prochain objectif évoqué explicitement est l’Asie à présent ; des rumeurs évoquent aussi l’Océanie pour courant 2015.

Mais aucun de ces pays n’a eu les honneurs des États-Unis : toutes les séries originales post-Lilyhammer y sont nées. Impliquer une chaîne, des producteurs, des auteurs, et/ou des acteurs locaux dans une fiction originale, pour pouvoir asseoir Netflix dans le pays ciblé tout en offrant du contenu à ses abonnés américains/canadiens/britanniques de longue date, a été mise de côté. A la place, Netflix s’est uniquement intéressé à des séries américaines.
C’est ainsi que sont nées House of Cards, les cancres de la classe Bad Samaritans et Hemlock Grove, et Orange is the new black. Pour étoffer son catalogue sans grande prise de risque, Netflix a également ressuscité Arrested Development et The Killing, venues de la télévision traditionnelle. Je ne parle même pas des séries d’animation puisque comme vous le savez, ça n’entre pas dans le domaine de ces colonnes, mais elles étaient également américaines. Pour les Américains abonnés à Netflix évidemment c’était la fête ; pour les autres, eh bien comme à la télévision traditionnelle, il faut bien souvent se contenter de nouveautés US et des séries déjà diffusées à la télévision locale. Plus un service de catch-up que l’offre d’un pure player avec lequel on doit compter, donc.

Courant 2014, Netflix passe dans une nouvelle phase, alors que progressivement on commence à annoncer l’arrivée du service dans plusieurs pays d’Europe occidentale (c’est nous !). Marseille, une série française, est annoncée quasiment en même temps que la mise en ligne de la version française du site ; elle ne sera visible qu’en 2015 (personnellement j’aurais proposé la série dés le lancement du service pour frapper un grand coup, là pour moi, ça fait un peu « abonnez-vous maintenant, une série originale dans un an).
Au même moment qu’elle annonçait Marseille en France, la société Netflix annonce qu’elle a le souhait de développer également une série en Allemagne aussi (sans plus de précision ni horizon spécifique). Le monde hispanophone, jusque là peu considéré (alors qu’après le Canada, l’Amérique du Sud et l’Espagne ont été les premiers pays étrangers où l’offre s’est installée), a aussi droit à ses annonces vagues autour de fiction originale. A l’heure actuelle, ce seraient pas moins de deux projets qui seraient envisagés dans la région (dont le crime drama Narcos, réalisé par un cinéaste brésilien). Également grand oublié de Netflix jusque là (alors que le pays a pourtant rejoint le service dés 2013), le Royaume-Uni devrait aussi avoir une série, The Crown. Enfin, quelques annonces embryonnaires évoquent un projet au Pays-Bas.

On est donc passés dans une nouvelle phase concernant les fictions originales de Netflix : il est ostensiblement voulu par le service de créer des fictions originales dans chaque zone linguistique déjà acquise. Et quand ce n’est pas possible, pas tout de suite du moins, les futures séries américaines Marco Polo ou Sense8, produisent un effort différent. Leur cast et les lieux de tournages choisis sont cosmopolites, et permettent d’inclure les pays qui n’ont pas encore leur propre fiction locale sur mesure en développement.

Pour moi, c’est là que ce sera intéressant de s’abonner à Netflix. Quand j’aurai accès aux fictions d’ailleurs, et pas quand j’aurai uniquement l’impression d’être noyée sous les séries US, encore. Beaucoup des projets US de Netflix sont des déclinaisons autour de l’expression « c’est dans les vieilles marmites ». Ainsi, deux saisons ont déjà été commandées pour Love, une série d’Apatow et il n’y là, pour moi, aucune incitation à m’abonner.

D’une façon générale, à quoi sert de s’abonner à un géant international si c’est pour avoir uniquement les miettes de son catalogue américain ?

Or même quand on regarde son catalogue de séries originales US, ça a des airs de gruyère. Lilyhammer, bien-sûr, déjà attrapée par des chaînes françaises, est désormais compliquée à offrir ; même problème pour House of Cards. Plus agaçant, Bad Samaritans est une fois de plus oubliée, alors qu’il ne me semble pas que sa carrière en France soit un gros obstacle. Résultat, vous allez rire : ça ne vaut pas le coup d’avoir Netflix… pour trouver 3 des séries originales Netflix !

2/ NETFLIX, C’EST PRATIQUE ?

Pendant ce mois-d’essai, j’ai plusieurs fois tenté de dresser un inventaire de ce qui m’intéressait. Une tâche compliquée par deux faits :
– les outils d’exploration du catalogue Netflix sont minimalistes
– la pratique des « recommandations » remplace les fonctions de recherche
C’est assez logique vu la taille du catalogue séries de Netflix pour ce premier mois, et Rome ne s’est pas regardée en streaming en un jour. Quand on n’a pas beaucoup de diversité à offrir, autant ne pas encourager les abonnés dans leur quête d’avoir du choix !
Mais voilà comme ça se passe si je veux regarder une série sur Netflix.

Si je cherche une série en particulier, je peux entrer son nom dans un champs de recherche.

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Je n’ai en revanche aucun outil pour affiner ma recherche. Personnellement je n’ai acheté que le DVD de la saison 1 de Suits pour le moment, je m’étais dit que j’allais regarder la saison 2 sur Netflix, pour voir. Je tape « Suits« , je trouve Suits. So far, so good.
Mais si je tape « Suits saison 2″, alors là c’est la panique.

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Pas dramatique, agaçant mais pas dramatique ! Je reprends ma première recherche avec Suits uniquement, je pense bien à ne pas cliquer directement sur l’image (ça lancerait la série depuis le début) mais plutôt à ouvrir la fiche/info-bulle, je clique sur le titre de la série, je change la saison qui par défaut est la première, et ensuite je sélectionne le season premiere de la saison 2 et on est partis. Ça ne fait que 3 clics de plus, c’est pas la mort.

Une note complémentaire, et en l’occurrence un VRAI bon point pour Netflix : on peut tout-à-fait chercher une série selon son titre original, c’est dans la base !
Ainsi Contre-enquête, titre absolument pas parlant surtout vu le peu de monde qui avait remarqué cette série sur TFHein, peut être trouvée sous son titre original Oskyldigt Dömd ; test effectué également, avec succès, pour Taken, Forbrydelsen, Mako Mermaids et The Bletchley Circle. En ce qui me concerne c’est vital parce que je suis l’actualité des séries dans leur pays original, et je ne m’amuse pas à vérifier si elles ont été acquises/diffusées en France, et donc sous quel titre, avant d’aller me mettre en quête des épisodes ; ça tombe sous le sens, non ? N’est-ce pas la raison essentielle pour laquelle de moins en moins de séries US ont des titres traduits en Français (hors-Québec) ?
Vraiment contente de ce détail de la part de Netflix.

Ça se complique quand je viens sur Netflix pour regarder quelque chose, mais je ne sais pas quoi précisément. Avec son système de recommandations basées sur un algorithme qui piste vos visionnages précédents et vos notes, on imagine que Netflix privilégie largement cette option. C’est une bonne façon d’appâter le chaland avec la promesse d’une découverte, d’un binge watch imprévu, bref, la technique de l’achat impulsif (sauf qu’ici ce n’est pas un achat puisque c’est compris dans le forfait).
Et c’est là que personnellement j’ai déchanté très vite. Car une fois qu’on sélectionne les séries en page d’accueil, comme suit :

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On se retrouve avec des recommandations qui semblent assez aléatoires (oui j’ai noté Orange is the new black et Suits, je ne comprends en revanche pas ce qui fait croire à Netflix que Fargo et The Killing m’intéressent spécifiquement).

A ce stade, on peut encore affiner par sous-genres, mais voyons-les, ces sous-genres. Ce qui a tout de suite attiré mon oeil, c’est la partie « Séries US ». Ça c’est intéressant parce que je n’avais aucune idée de comment trouver des séries US sur le site… à moins que, oui, peut-être…? Ne sont-elles pas celles qui sont systématiquement en tête des recommandations ?

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Par contre pour trier par « tout sauf US », mettons, là ya plus personne. Au moment de son ouverture, Netflix proposait pourtant un nombre très décent de séries britanniques, mais il est impossible de les viser spécifiquement par une recherche. L’algorithme s’en charge sûrement une fois qu’on a regardé au moins l’une d’entre elles, je suppose, mais j’ai pas testé.
Pire encore, Netflix propose çà et là des séries venues d’ailleurs : les canadiennes Mr. Young et Heartsland, l’australienne Mako Mermaids (sous le nom Les Sirènes de Mako), les danoises Forbrydelsen (très intelligemment nommée The Killing sur le service, ce qui est pratique) et Oskyldigt Dömd (sous le titre Contre-enquête, et par le passé diffusée par TFHein dans l’indifférence totale), quelques séries françaises comme Les Hommes de l’Ombre, Fais pas ci, Fais pas ça et Un village français. Peut-être d’autres. Difficile à dire.
Il aurait été TELLEMENT pratique pour moi, et logique surtout, de permettre de trouver toutes les séries françaises du catalogue. Ou toutes les séries australiennes, canadiennes, danoises et ainsi de suite. Ça n’est pas une spécificité Netflix mais une spécificité Netflix France : la catégorie « Scandinavie » existe dans les pays concernés, leur permettant de trier leurs séries locales plus facilement.
Au passage : quand je choisis les séries dans le menu « Parcourir », je ne veux pas de série documentaire : si ça m’avait intéressée, j’aurais cliqué sur… documentaires.

Passons sur la classification par genre de nombre de ces séries, qui est pour le moment plus boiteuse qu’autre chose.
Dans mon souvenir, Lie to Me relève plus de la série policière que dramatique, par exemple. Pourquoi ne pas avoir de catégorie « séries policières » ? Ca n’a pas de sens vu le nombre de séries concernées (Lie to Me, The Mentalist, Forbrydelsen et The Killing, Sherlock, Life et j’en passe).
Et au passage encore : quand je choisis la comédie dans le menu « Parcourir », je ne veux pas de séries pour enfants : si ça m’avait intéressée, j’aurais cliqué sur… séries pour enfants.

Autre soucis, quand j’ai eu envie de regarder quelque chose d’un peu moins récent que les séries mises en avant : impossible de trier par date.
Si je veux une série un peu âgée, pour combler des lacunes téléphagiques, par nostalgie, ou simplement parce que c’est la quasi-assurance d’avoir plein de saisons à rattraper, je n’ai aucun moyen d’en chercher spécifiquement. Il existe pourtant quelques séries de ce type dans le catalogue actuel de Netflix, puisque s’y trouvent Deadwood, Firefly, Prison Break, Les 4400 ou encore Taken (sous le titre français Disparition).
Si je ne les cherche pas spécifiquement par leur nom, ces séries sont assez peu visibles, alors qu’un tri par année simplifierait tellement les choses. Surtout que, pour le coup, l’année est déjà dans la base de données de Netflix, comme on peut le voir sur la fiche/info-bulle de chaque série.

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Pas de tri par pays, pas de tri par année : c’est pas exactement une façon de procéder qui encourage chaque utilisateur à consommer à la carte. Ça me donne l’impression de voir Orange is the new black à peu près où que j’aille sur le site, pour schématiser.
J’ajoute que pouvoir trier par nombre de saisons, pour savoir dans quoi on s’engage (« non, j’ai juste envie d’une mini-série ce soir »/ »eh, si on se faisait un marathon ce weekend ? »), est également une option totalement absente, ce qui est dommage bien que moins vital. Mais cela permettrait aussi de remarquer que seules 4 saisons sur 6 de The Mentalist sont actuellement visibles sur Netflix…

3/ NETFLIX C’EST LE ROYAUME DE LA SÉRIE ?

Netflix n’est pas le géant de la centralisation que les amateurs de séries purs et durs attendaient, pas encore (dans une certaine mesure, il l’est si on inclut toutes ses versions internationales, mais dans ce cas il faut utiliser les outils techniques adaptés ET parler aussi l’Anglais, le Suédois, l’Espagnol…). Pour le spectateur moyen, celui qui n’a aucun problème avec 712 séries policières américaines sur TFHein, je suppose que ça n’est pas un soucis.

Mais pour un vrai amateur de séries, le téléphage qui est mû par la curiosité, le service n’est pour le moment pas très alléchant. Des pure players comme Netflix, Hulu et tous ceux qui sont à leur suite, sont supposés remplacer la licence globale qu’on réclame à corps et à cris depuis des siècles (bon, ok, depuis la fin du siècle dernier, disons). Le catalogue supposément gargantuesque de ces sites devait nous détourner de la Force (à savoir les MegaUpload et autres corporations qui avaient compris que les gens sont prêts à payer, encore faut-il leur donner une raison de le faire), et nous placer sur le doux et délicat chemin de la légalité. Mais l’offre de Netflix actuellement ne remplace pas le téléchargement, elle le complète. Quand bien même Netflix ne peut pas, avec toute la bonne volonté du monde, centraliser toutes les séries de la planète, le service pourrait non, devrait faire l’effort d’être incitatif, d’être une véritable alternative.
Or pour son premier mois, Netflix a joué la carte de la sécurité au lieu de montrer pourquoi on devrait lui confier nos petits sous. En proposant des séries très connues et grand public, Netflix ne cherche pas à attirer le féru de séries mais juste les utilisateurs lambda qui n’aime pas, ne savent pas, ne veulent pas apprendre à télécharger illégalement. Et c’est bien. Mais c’est trop peu.

Voici donc une liste de 6 types de séries qui auraient pu me faire prolonger mon abonnement Netflix :

Runforyourlife-300 Les « vieilles séries »
On pourrait penser que, pour une bouchée de pain, des séries des années 50, 60 voire 70 seraient un moyen idéal d’épaissir le catalogue Netflix. C’est, dans une certaine mesure, le cas pour le catalogue US mais à l’heure actuelle, les séries proposées aux abonnés français sont toutes récentes (rien avant 2000 pour autant que je puisse voir).
Il y a pourtant des classiques de la télévision, même américaine, qui pourraient tout-à-fait élargir l’offre, soit parce qu’ils sont peu diffusés à la télévision française… soit parce qu’ils ne le sont pas du tout. Je vous renvoie d’ailleurs à mon article sur Run for your life : trois ans et demi plus tard, rien n’a changé. C’est pourtant sur des choses comme ça que Netflix est supposé être une alternative.
Urgences-300 Les « classiques »
Alors bien-sûr, tout de suite c’est un peu plus cher à acquérir ! Mais on pourrait imaginer que Netflix serait une opportunité en or pour regarder de grandes séries de l’histoire de la télévision, genre, allez au pif, la franchise Star Trek, Hill Street Blues, X-Files, Frasier, Urgences et j’en passe.
Bref, des séries à binge watcher pour parfaire son éducation sérielle et/ou par nostalgie. De quoi passer des jours, des semaines devant Netflix, ce qui semble pourtant être le but recherché par le service, et pourtant l’opportunité est absente.
TheNeighbors-300 Les « inédites »
Jamais venue en France ? Netflix assure le rattrapage. Certaines séries n’ayant jamais traversé l’Atlantique (genre The Neighbors) ou même simplement la Manche (mon Dieu par laquelle commencer ?) pourraient ainsi trouver une nouvelle vie dans le catalogue. A chaque saison, beaucoup de séries sont ainsi totalement oubliées des chaînes françaises ; c’est facile de proposer The Mentalist mais, entre nous soit dit, TFHein s’occupe déjà abondamment de son cas. Et encore une fois, ce ne sont sûrement pas les fictions les plus chères à négocier…
LaFamilleGreen-300 Les « introuvables »
Diffusée une fois tous les 10 ans à la télé française dans le meilleur des cas ? Sans diffusion fixe depuis le début des années 2000 ? Jamais sortie en DVD ? C’est une mission pour Netflix. Il semblerait évident qu’en s’orientant vers le marketing de la rareté, Netflix prendrait une position unique.
Prenez la notoriété d’acteurs comme Anne Hathaway et Jessie Eisenberg ; leur carrière au cinéma leur a valu prix et nominations. N’est-il pas fort opportun de sortir comme par enchantement la série où ils étaient tous les deux au générique, Get Real (La famille Green sur France 2 au moment de ce qui, je crois, a été son unique diffusion). Il y a plein d’acteurs aujourd’hui bien bankable dont on pourrait ressortir les premières apparitions à peu de frais, et jouer ainsi sur leur notoriété. En plus, personne d’autre n’en a eu l’idée !
StrangeEmpire-300 Les « séries exotiques anglophones »
Pour beaucoup de chaînes encore, tout ce qui ne vient pas des USA est hautement exotique. Les séries britanniques commencent à se soigner, les canadiennes persistent à être prises pour des séries américaines, et le reste de la télévision anglophone est glorieusement ignoré en dépit du bon sens. L’Australie ? La Nouvelle-Zélande ? Allez, même pas aussi loin : l’Irlande ? Inconnues au bataillon pour la plupart. Gageons que ce ne doit pas être extrêmement coûteux de récupérer ces séries qui n’ont pas trouvé acquéreur sur les canaux traditionnels.
Le pire c’est que très peu de ces séries font l’objet d’une bataille d’acquisition comme les séries de la rentrée US. Il serait peut-être intéressant de se rancarder sur les nouvelles fictions canadiennes (Strange Empire, mettons) ou irlandaises (An Bronntanas a quand même l’actrice Saoirse Ronan au générique, ça peut aider). Mettez-vous sur le coup, surtout que personne d’autre ne s’en charge !
Woman-300 Les « séries exotiques » tout court
Netflix est sur une piste en proposant de l’animation japonaise ; les séries asiatiques ne sont pas loin derrière, il suffirait de tendre le bras. Il y a aussi toutes sortes de contrées peu ou pas accessibles (dont par exemple, une foule de séries scandinaves qui ne nous parviennent jamais… or leur acquisition par Netflix en France est facilitée par l’acquisition dans leur pays d’origine) sur lesquelles Netflix obtiendrait un immense avantage compétitif. Pour le moment celui-ci est totalement négligé, à l’heure où on n’a jamais autant regardé de séries étrangères. Allez comprendre.
Bon je mets une photo de Woman, c’est au hasard, hein, pas du tout parce qu’elle a gagné un prix sur notre propre sol lors de Séries Mania au printemps. Le hasard, j’vous dis.

Ce qui ne veut pas dire que le catalogue actuel est à jeter, évidemment ; il contente probablement les amateurs de séries les plus mainstream et/ou le grand public. Mais comment inciter les téléphages à changer leurs habitudes quand on n’a que de la banalité à offrir ? Or, ce sont eux qui forment le plus gros des téléchargeurs… et aussi, de ceux qui sont prêts à dépenser pour des séries.

Tout comme Hulu, Netflix fait l’effort d’intégrer des fictions venues d’un peu partout dans son catalogue ; ces deals sont pour le moment très limités pour les abonnés français, mais même dans le catalogue US, ces initiatives se cantonnent à quelques séries qui deviennent des exceptions, et non la norme.
Netflix n’a pour le moment aucune intention de rendre un maximum de séries de la planète accessibles à ses abonnés : toute sa logique tourne autour d’un objectif de centralisation de ce qui est déjà populaire, facile à fourguer (ou facile à acheter, comme Oskyldigt Dömd qui devait être incluse dans un deal, et qui doit être la seule série scandinave diffusée sur une chaîne française dont personne n’a jamais rien à foutre).
Je m’attendais à trouver au moins quelques unes des séries proposées par Netflix en Scandinavie, par exemple, et j’ai été gravement détrompée . En Norvège, l’unique saison de Hellfjord est disponible sur le site, ainsi que dans d’autres pays scandinaves. Par contre, pas de trace au Royaume-Uni (et n’allez pas me dire que c’est un problème de sous-titres, puisque le DVD de Hellfjord lui-même a des sous-titres anglais… c’est pour ça que je l’avais acheté !) et moins encore en France. Vu que Hellfjord n’a jamais trouvé le chemin d’une chaîne française ni même d’une distribution direct-to-DVD, je n’ai pas l’impression que ce serait difficile d’unifier le catalogue d’un pays à l’autre. Pas gratuit, certes, il faudrait traduire les sous-titres en français, mais ce n’est pas non plus la ruine.

Oubliez tout espoir de curiosité avec Netflix, son objectif en matière d’acquisitions est de surfer sur ce qui est couru d’avance.

Actuellement, il existe pour les téléphages curieux de vraies alternatives spécialisées à Netflix :
Viki pour un peu de tout mais surtout beaucoup de séries asiatiques (sud-coréennes) et telenovelas ; quelques séries d’autres nationalités, dont turques (à noter qu’il est possible de visionner un grand nombre des séries de Viki tout-à-fait gratuitement et légalement). A noter que les sous-titres sur Viki sortent de façon très inégale.
DramaFever (en anglais ; qui récemment s’est lancée dans la co-production) et DramaPassion (en français) pour les séries sud-coréennes
Wabona (en anglais) et Afrostream (en français ; essentiellement des séries US « black » sont mises en avant, mais produira bientôt une série franco-africaine) pour les séries africaines
Sans doute que plusieurs autres se cachent dans les recoins d’internet.

En attendant que Netflix prenne mieux en compte les séries étrangères, vous pouvez envisager de donner votre argent rudement gagné à ces sociétés plutôt qu’au géant américain. Juste une suggestion, de téléphage curieuse à téléphages curieux…

Et en ce qui me concerne, Netflix, ce n’est pas un adieu, c’est un au revoir : améliore ton offre et je signerai avec plaisir.

par

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

1 commentaire

  1. La série extraordinaire….frasier….en…vostfr…..est elle sur…netflix?

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