Operation New Start

9 mars 2015 à 20:54

Il faudrait avant de parler d’Unbreakable Kimmy Schmidt que je vous dise combien je suis fascinée par les fictions à base de sectes. Très honnêtement, il y en a trop peu à mon goût ; j’en ai abordées plusieurs dans ces colonnes, bien-sûr : la néo-zélandaise The Cult à ne pas confondre avec le drama américain Cult, The Following même si elle m’a déçue, et plus récemment, bien-sûr, The Leftovers. On pourrait même pousser jusqu’à inclure Yehefim à l’extrême rigueur. Ou bien je n’en connais pas assez ce qui est possible aussi. De vous à moi, mon idéal de fiction sur le sujet serait une série historique sur Waco ou Jonestown, mais bon, je comprends que ce soit un peu hardcore. Ma fascination malsaine pour la fameuse cassette du drame de Jonestown a eu raison de ma santé mentale il y a quelques années, je suis immunisée.
Du coup quand on me dit qu’on va sortir une comédie sur une jeune femme qui sort d’une quinzaine d’années passées dans un groupe sectaire, je dis « oh yes oh God yes right there that’s the spot« . Parce que qui, sinon une comédie, est capable de parler de ce genre de choses à la télévision ? Ou Netflix, dans le cas présent ? Pas grand’monde. Et c’est la seule raison pour laquelle il existe des comédies comme Rude Awakening, Titus, ou Mom.

Et c’est donc à ce moment que je commence à vous parler du pilote d’Unbreakable Kimmy Schmidt, maintenant que vous savez combien la barre était placée trop haut.

UnbreakableKimmySchmidt-650

Car Unbreakable Kimmy Schmidt, dans ce premier épisode, ne se sert de son sujet que comme d’un prétexte. Que l’épisode ne traite absolument pas des retombées de l’évènement (Kimmy ne semble réaliser que pendant une fraction de secondes combien le monde tel qu’il s’était construit pendant 15 ans n’a plus de valeur), je peux le comprendre, mais ça me reste un peu en travers. Le vrai soucis c’est que la naïveté de Kimmy est surfaite, extrême, et que vient ne la relativise en dépit du bon sens. Je n’ai rien contre une bonne dose d’optimisme, au contraire, mais si cet optimisme est forcené j’ai du mal à le ressentir.
Ces ingrédients, bien-sûr, peuvent s’améliorer au-delà du premier épisode. C’est toujours le piège quand on parle d’un pilote, forcément. Mais à ce stade je ne ressens pas l’enthousiasme général parce que si l’aspect secte n’est que peu développé (pourquoi ne pas avoir gardé les trois autres femmes bloquées avec Kimmy pendant 5 ans ?!), si l’optimisme de Kimmy n’est jamais durablement remis en question (alors qu’elle vit à New York !), alors on perd tout ce qui faisait la saveur et l’originalité d’un pitch comme celui d’Unbreakable Kimmy Schmidt. On se retrouve avec une espèce de personnage classique d’imbécile heureuse, comme la fiction en a des tonnes (et en a eu des tonnes pendant ses premières décennies d’existence, au passage, c’est vous dire l’originalité du truc). Un personnage qui, alors qu’il commence une nouvelle vie, devrait m’émouvoir, surtout que j’adore les histoires de personnages qui changent tout et repartent à zéro, mais qui ici, ne laisse aucun doute sur le fait que ça va lui être facile, et agréable, et évident, et que jamais elle ne va plier ; sans même parler de rompre.

Je suis parfaitement consciente qu’Unbreakable Kimmy Schmidt peut évoluer, et c’est tout ce que je lui souhaite au-delà de cet épisode inaugural. Je suis tout aussi consciente du fait qu’initialement elle était commandée par NBC, et que sa prise de risques initiale était donc minime. Et elle a déjà deux saisons devant elle, après tout, et pas mal de temps pour se réorienter comme plein de comédies avant elle également.
Mais voilà, je ne suis pas tombée amoureuse d’Unbreakable Kimmy Schmidt alors que je l’attendais comme le Messie. C’est très dérangeant, pour une série qui parle d’une ancienne membre d’une secte.

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

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