She’s a dead marshmallow

22 mars 2015 à 20:52

Ne m’obligez pas à compter combien de comics ont trouvé le chemin du petit écran ces derniers mois. Entre Gotham et Constantine, ça n’a vraiment pas manqué. Mais apparemment ce n’était pas encore assez puisque cette fois, c’est iZombie qui a démarré sur The CW où pourtant les adaptations ne manquent déjà pas.
Le principe en est simple : une jeune médecin devenue zombie s’est reconvertie dans un boulot à la morgue afin d’avoir accès à de la cervelle. Sauf que manger la matière grise de quelqu’un lui donne accès à ses souvenirs, et que ça peut rudement aider dans une enquête…

Oui, iZombie est une série policière, on y mélange le fantastique à des fins de suspense, entre quelques échanges marrants et beaucoup d’observations en voix-off. Olivia Moore est un peu la fille inespérée de Veronica Mars (héroïne de la série éponyme et du même créateur) et de Tru Calling (héroïne de la série éponyme et d’un autre créateur), et très franchement, on a vu plus original. Mais ça signifie aussi que la recette est éprouvée, et du coup ça se laisse regarder.

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Tout comme Veronica au début de sa série, une expérience traumatique a radicalement changé Olivia, ici au propre comme au figuré, et elle est désormais désenchantée quant à sa propre condition. Terrifiée en permanence d’être découverte, de ne plus pouvoir contrôler ses envies de cervelle, et de perdre ce qui reste de son humanité, elle découvre qu’elle est aussi largement morte à l’intérieur, et qu’elle n’a pas fait grand’chose pour l’empêcher, puisqu’elle a abandonné son plan de carrière dans la médecine, ses activités extra-professionnelles, et même son fiancé. En gros, elle n’a plus de vie, et tout tourne autour de son état.
L’enjeu dramatique d’iZombie est donc de la confronter à son état dépressif (ici mis sur le dos de la zombification) et de la voir, d’une part, détailler son découragement, mais aussi l’obliger à en sortir.

Ce qui l’y pousse, c’est que son patron à la morgue, Ravi, a découvert qu’elle était zombie… et que ça ne l’angoisse pas du tout ! Il trouve au contraire ça fascinant, et entend bien mettre ses compétences médicales à profit pour étudier, et peut-être comprendre voire guérir l’état d’Olivia. Le fait qu’il connaisse sa vraie nature permet d’avoir des discussions enlevées, avec humour et sarcasme, sur tous les sujets relatifs à Olivia, de sa santé au sens strict, à ses activités au sens large.
Ces activités en question sont qu’elle aide le détective Babinaux à résoudre des affaires, ce qui s’explique par les visions qu’elle a et qui ont été présentées à Babinaux comme dues à un don surnaturel (ce qui n’est même pas entièrement faux, osons le dire). Celui-ci accepte, là encore, cette révélation, et désormais elle travaille un peu comme sa partenaire.

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En-dehors du teint blafard et de la perruque de mauvaise qualité, il n’y a vraiment pas beaucoup de différences entre l’état d’esprit de Veronica et celui d’Olivia. Mais au lieu de laisser la jeune femme dans le même état que notre détective neptunienne préférée, ou de la voir s’embourber dans le secret, elle se trouve ici, rapidement, deux personnes qui sont tout-à-fait ouvertes à la fréquenter « en dépit de » : en dépit de sa nature effrayante, en dépit de son étrangeté, en dépit de son regard découragé sur tout.
C’est l’opposé complet de ce qu’elle vit avec ses proches (sa coloc, sa mère, son ex-fiancé) qui, loin d’accepter les changements en elle, essayent de les combattre ; mais d’un autre côté, Olivia persiste à garder le secret et crée elle-même le fossé. Tout cela, on voit qu’iZombie va pouvoir l’exploiter à l’envi par la suite. Et la série aura clairement pour sujet la façon dont Olivia crée des barrières, se distance de ceux qui l’aiment, en dépit du bon sens. A charge pour elle de remettre tout cela en question, et étant donné le caractère introspectif de la voix-off qui hante le pilote, il ne faut pas beaucoup d’imagination pour voir que cela va occuper la série en tant que fil rouge de façon abondante.

Alors après, il reste les enquêtes. Télévision de network oblige, on est ici dans du purement procédural pour le moment. La chute du pilote laisse entendre que les enquêtes ne seront pas nécessairement éloignées de la question zombie, mais enfin, les possibilités de format feuilletonnant sont pour le moment assez maigres sur ce plan.

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En revanche, difficile de ne pas remarquer la forme d’iZombie. On l’a dit, il s’agit d’une adaptation de comics, eh bien le rappel est régulier. L’intrigue se découpe en actes qui sont présentés, comme autant de chapitres, avec un renvoi aux vignettes dessinées par Michael Allred, créateur original du comics qui signe d’ailleurs également le générique de la série.

C’est essentiellement un rappel de forme, et le look d’iZombie reste très conventionnel par ailleurs. On n’est franchement pas dans la recherche esthétique, les filtres et les effets spéciaux, ce qui est plutôt normal étant donné que le but est de jouer sur l’aspect métaphorique en première intention, et sur le côté policier ensuite. Du coup, le réalisme est un peu un passage obligé.

Mais il y a après tout bien des façons d’adapter un comics. La surenchère esthétique n’est certainement pas la seule, ni la plus indiquée d’ailleurs quand une histoire se donne explicitement comme objet d’explorer le vide intérieur de son personnage principal.
D’ailleurs, hm… ça me fait penser que je pourrais vous parler de ces autres adaptations. Tiens, vous savez quoi ? Revenez demain, j’aurai quelque chose pour vous.

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

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