K.O. total

19 avril 2015 à 18:30

De toutes les séries projetées dans le cadre du « marathon comédies » pendant le festival Séries Mania, cet après-midi, La théorie du K.O. est sûrement la moins drôle. Mais n’allez pas penser que c’est un défaut : ce serait au contraire la preuve qu’elle a réussi son objectif.

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Il faut dire que son sujet de départ ne fait pas spécialement pouffer : Carl est veuf depuis environ un an, et assure désormais seul l’éducation de ses deux enfants. Et il est dépassé. Au juste, difficile de déterminer qui est plus difficile à gérer : son aînée Jaimie commence à devenir le genre d’adolescente qui sort sans arrêt, n’obéit plus au consignes simples comme l’heure du couvre-feu, et ignore totalement tout ce que Carl peut lui dire ; de l’autre, il y a le petit Jonathan, qui a bien du mal à se remettre de la mort de sa maman et s’absorbe dans des histoires de superhéros et d’extraterrestres pour ne pas avoir à affronter la réalité. Accessoirement, Jonathan parle toujours à sa mère comme si elle était encore là, mais sur ce point, Carl peut difficilement lui en vouloir : il fait la même chose. Pire, feue son épouse Chantal lui apparaît !
En plus de tout ça, Carl doit aussi plus ou moins s’occuper de son père Carol, un ex-lutteur désormais reconverti dans la sécurité privée, pas très responsable (il vit sur un bateau parqué dans l’allée de jardin de Carl, parce que Carol n’a payé ni le loyer de son appart ni l’emplacement du bateau à la marina). Carol passe son temps à mettre des histoires un peu folles dans la tête de Jonathan, comme jadis il le faisait à Carl, sur son passé de lutteur, ce qui a le don de rendre la tâche de notre veuf encore plus difficile. Et c’est sans parler de ce travail de bureau vide de sens et d’intérêt auquel Carl passe ses journées.

Rien n’est très hilarant dans ces prémisses… jusqu’à ce que Carl décide d’emmener toute sa famille à un combat de lutte, histoire de remonter le moral des troupes et en particulier de son fils, forcé par l’école à entamer une thérapie à laquelle il n’a aucune envie de se rendre. Lorsqu’à la fin du combat, l’organisation demande si un volontaire veut venir se battre contre « Sugar Chris », Carl finit par lever la main… et on ne peut pas dire que la suite soit très agréable pour lui ! Malgré tout, il finit par se voir offrir un job de lutteur…

La théorie du K.O. relève plus de la dramédie, donc : on y trouve une situation dramatique qui, grâce à une situation qui devient clownesque, essaye de traiter les choses avec un peu de second degré et d’humour. Ce ne sont pas tant les dialogues qui ici font le plus gros du travail (même s’il est vrai que, dans son défaitisme, Carl sait parfois répondre du tac-au-tac), mais plutôt les jeux de réalisation : montage rythmé, effets surréalistes pendant lesquels des scènes se mettent en pause pour laisser les personnages discuter entre eux, et autres flashbacks décalés, permettent de ne pas prendre les faits au tragique. Même s’il y aurait de quoi.
Aux Etats-Unis, une série comme ça serait diffusée par Showtime (ou peut-être FX vu que ça va se passer dans l’univers de la lutte). Au Québec, c’est sur une chaîne publique telle qu’ICI Radio-Canada qu’on peut y voir des thèmes bien sombres être montrés avec un peu de légèreté. Insérer ici un soupir envieux pendant que je coule un regard vers France2.

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

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