Earth, wind and fire (and then some)

8 mai 2015 à 12:00

On en parlait il y a quelques semaines, les Nowhere Boys sont revenus fin 2014 pour une de nouvelles aventures sur ABC3 ; une deuxième saison à laquelle il était lourdement fait référence à la fin de la première, qui se concluait sur un semi-cliffhanger. Les garçons avaient en effet réussi à revenir de la dimension alternative dans laquelle ils avaient basculé, mais étaient revenus à la maison avec des pouvoirs nouveaux…

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Nouvelle saison, nouveaux pouvoirs… mais aussi une nouvelle façon d’envisager la série. Car désormais, les épisodes ne démarrent plus sur un flashback d’un des héros, ni ne s’intéressent à leur vie « normale ». Leurs relations familiales, les drames ordinaires qui fondent leur personnalité ou peuvent les rendre vulnérables, les blessures d’adolescents, tout cela disparaît (à l’exception d’une très rapide intrigue pour Jake). L’aspect dramatique de Nowhere Boys est presque totalement délaissé à présent que la magie prend de l’importance.
Cela implique que les familles des garçons deviennent plus que secondaires. Les pères ont pour la plupart disparu, les mères ont un rôle superficiel, et les relations que tout ce petit monde entretient avec sa progéniture est désormais relégué au strict minimum. Même la grand’mère d’Andy ne fait plus beaucoup d’apparitions, alors que le personnage est truculent et que son rapport à la magie aurait pu être entretenu.
Au terme de quelques hésitations, la saison finit également par se débarrasser de la plupart des intrigues amoureuses (notamment entre Mia et Sam, qui après être devenue quasiment une blague récurrente, est enfin mise de côté ; la romance naissante d’Andy est elle aussi oubliée progressivement pour éviter l’impasse). C’est un choix qui semble avoir été très difficile, mais qui finalement a d’excellentes conséquences : les adolescentes de la série deviennent pour la plupart des protagonistes actifs, en particulier Ellen. Ironiquement, c’est une intrigue amoureuse, celle autour de la nouvelle venue Saskia, qui sert de point charnière entre les deux traitements des personnages féminins !
Après une première saison qui avait totalement occulté les personnages féminins (les mères étaient des mères ; les filles étaient avaient le choix entre un enjeu amoureux, ou, pire, être des empêcheuses de faire de la magie en rond ; seule Phoebe, bien qu’ayant un rôle un peu maternel, semblait de toutes ses forces essayer d’éviter de tomber dans ce piège), ce changement fait du bien même si à aucun moment les garçons eux-mêmes ne semblent en être conscients. Ainsi, lorsqu’ils découvrent que d’autres ados qu’eux pourraient avoir du potentiel pour faire de la magie élémentaire, leur premier réflexe est de scruter les autres garçons de leur entourage au lycée ; sans succès. C’est finalement par surprise qu’une fille va avoir des pouvoirs, qui pourront ensuite faire avancer l’intrigue. Personne ne fera la remarque qu’ils auraient pu passer à côté s’ils avaient élargi leur champ de recherche aux camarades de sexe féminin…

Deux autres personnages féminins se sont considérablement enrichis, Phoebe et sa sœur Alice (qui dans la première saison n’était jamais apparue à l’écran mais avait de nombreuse fois été mentionnée), en raison de leur connexion avec le monde surnaturel. Et c’est véritablement là que tout se joue pour Nowhere Boys dans cette deuxième saison, qui va régulièrement opposer les garçons à Alice et, par voie de conséquence, à Phoebe.
La série construit sur la mythologie existante de la saison précédente : le voyage entre dimensions, le démon de restauration, les pouvoirs élémentaires, et ainsi de suite. En augmentant les pouvoirs des garçons, en laissant une plus grande place au « Fifth Boy », en insistant sur les pouvoirs d’Alice, en découvrant de nouvelles personnes dotées de pouvoir, en impliquant toujours plus de monde dans les voyages dimensionnels ou les incantations, la série élargit considérablement ses possibilités d’aventures et de retournements de situation. Et si elles paraissent parfois essayer de gagner du temps plus que vraiment faire avancer l’intrigue de fond, ces péripéties ont au moins le mérite de rendre la saison passionnante.

Pour souligner l’aspect fantastique que la série utilise désormais à absolument chaque épisode, les effets spéciaux semblent avoir gagné une grosse enveloppe budget. Sans être forcément spectaculaires, les sorts et les phénomènes surnaturels sont franchement réussis, loin du côté parfois un peu léger de certains effets de la première saison. Nowhere Boys prend son aspect magique au sérieux, et Nowhere Boys est vraisemblablement prise elle-même au sérieux, ce qui forme un cercle vertueux !
Puisqu’on parle réalisation, prenons une minute pour souligner de Rachel Griffiths (woui, LA Rachel Griffiths de Six Feet Under, Brothers & Sisters, etc. et qui confirme ici son retour au bercail ; on la voit ainsi dans Deadline Gallipoli) est passée pour la première fois derrière les caméras à l’occasion de la série, et que le résultat est vraiment bon. On lui doit deux des plus réussis épisodes de la série jusque là, à plus forte raison parce qu’elle a obtenu un excellente performance de Matt Testro (alias Jake). Un jeune acteur qu’il faudra vraiment surveiller à l’avenir, d’ailleurs.

Puisqu’il a été annoncé qu’un film poursuivrait la saga, on peut imaginer que le niveau va encore augmenter d’un cran lors des prochaines aventures de Nowhere Boys. Est-on en train d’assister à la naissance de nouveaux superhéros australiens ?

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

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