Cold cases

20 août 2015 à 20:45

Ce soir, arte propose une nouvelle série européenne, près de deux ans après The Spiral. L’expérience précédente (avec sa diffusion tard dans la soirée et son dispositif transmedia) n’avait pas été un énorme succès public ; aussi, au lieu cette fois de diffuser la série en même temps que les différents partenaires européens, arte s’y est prise un peu plus tardivement, sans doute afin de s’assurer de pouvoir offrir un créneau en primetime et ainsi ne pas gâcher la bonne marchandise.
Écrite par le duo de scénaristes danois Mai Brostrøm et Peter Thorsboe, The Team est en effet le fin du fin en matière de production européenne. Non seulement on y retrouve la patte scandinave qui s’exporte si bien depuis quelques années, en particulier en matière de fiction policière, mais s’ajoute aussi le savoir-faire suédois, belge, allemand et, plus méconnu, autrichien. C’est difficile de refuser ce genre de cocktail par les temps qui courent, vous en conviendrez.

TheTeam-EU-650

Le premier épisode est assez conventionnel, et c’est un peu le lot de toute série ayant un tel pédigrée. The Team ne prend pas beaucoup de risque, commençant par imposer un personnage d’enquêteur, sur lequel se greffent deux autres enquêtrices, puisque l’enquête démarre simultanément dans trois pays. La raison ? Le même soir, trois meurtres similaires se sont produits à Copenhague, Berlin et Anvers. Trois prostituées, tuées d’une balle dans l’œil, et avec un doigt coupé… mais pas le même.
Plus intéressant encore : Europol soupçonne qu’un seul et même tueur est à l’origine de ces crimes, et a rapidement un nom…

Que réserve cette enquête ? Cela semble plié aux deux-tiers de l’épisode, et puis bien-sûr, en fait non. Après quoi la fin de l’épisode semble à nouveau donner une piste plus ferme et définitive, mais, aha, maintenant The Team a instauré LE DOUTE. C’est précieux mais espérons que la série ne se repose pas exclusivement sur ces retournements de situation pour progresser.
Fort heureusement quelques « conflits » sont insérés du côté des enquêteurs, qui promettent un peu plus d’émotion et/ou de réflexion, de l’inspectrice flamande Alicia Verbeek à laquelle on impose un « assistant » sexiste qui en fait passe le plus clair de son temps à la surveiller/freiner, à l’assistante de l’inspectrice allemande qui est en fait la fille d’un grand ponte d’Europol, sans oublier le fait que les enquêteurs danois et allemande ont apparemment un passif, l’aspect dramatique ne manque pas. Il n’émeut pas souvent (bien que Veerle Baetens, déjà impressionnante dans Cordon par exemple, se batte avec férocité pour donner de la fougue à son personnage), et semble inséré précisément pour remplir un quota, mais l’angle dramatique est là et c’est quand même appréciable vu la teneur de l’intrigue pour le moment.
Qui plus est, il semblerait que le fait que les victimes soient des prostituées ne soit pas totalement traité comme un gadget narratif, et fasse peut-être l’objet d’une réflexion commune autour non seulement du trafic d’être humains au sens large, mais aussi pour apporter ses deux centimes d’euros à la discussion sur la légalisation ou non de la prostitution. Chose qui serait autrement plus intéressante que tout ce que The Team met sur la table pendant ce premier épisode introductif, propulsant la série policière dans une toute autre dimension que celle qui est, pépère, la sienne pour le moment.

The Team est de la belle ouvrage, c’est propre, c’est froid, c’est rythmé (c’est très blanc), bref c’est tout ce qu’on a pris l’habitude de voir dans le domaine. Ça manque parfois de tripes, mais enfin, le produit est calibré pour « faire Scandinave », et c’est précisément ce qu’on a. Alors pourquoi râler ? On parlera d’originalité un autre jour. Pour l’heure… et je veux dire, là, dans une minute… réjouissons-nous de ce qui nous est donné.

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

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