Rekindling the fire

9 novembre 2015 à 9:03

Au début, on se réunit parce qu’on aime la musique ; on aime se retrouver pour répéter, déconner et boire, et ça suffit à avoir des rêves plein la tête. On crée des chansons, on commence à les interpréter devant un public, on se repait de l’enthousiasme de la salle. Peut-être que ces rêves valent quelque chose, après tout. Et puis vient une chance de percer, un premier single, des couvertures de magazines sur le rock indé, et il semble qu’une avenue s’ouvre devant quelques copains qui au départ ne pensaient pas aller si loin. Et après, il se passe quoi ? Eh bien, si vous êtes Ivy, du groupe Ivy and The Poison, ça peut aller jusqu’au sommet.
Par contre, si vous êtes, The Poison, du groupe Ivy and the Poison, ça s’arrête plus ou moins là.

Coverband-650

Malgré ce point de départ, Coverband n’est pas simplement une histoire sur une opportunité manquée. La comédie néo-zélandaise (dont je vous parle aujourd’hui avec du retard parce que j’étais en train de trier mes archives !) s’intéresse plus à la façon dont les trois musiciens laissés sur le carreau vont tenter de raviver leur passion.

Après avoir accompagné Ivy à Los Angeles, où elle a décroché un contrat en majors (…en solo), Matt revient en Nouvelle-Zélande la queue entre les pattes. Il est accueilli par son ami de toujours et ancien batteur, Knuckles, qui a gardé sa fourgonnette en son absence : c’est là que Matt va désormais crécher. Mais lorsque l’engin cale devant The Roach Room, un bar qui accueille de jeunes talents, tous les deux n’ont besoin que d’une seconde pour décider de reformer un groupe.
Problème : le bassiste Alex, qui est le frère de Matt, a largement tourné la page (en partie parce qu’il est écœuré que Matt et Ivy soient partis seuls à LA, en partie parce qu’il a dû avancer l’argent pour que Matt revienne des States). Il a désormais une petite amie plus âgée que lui (et plus riche, aussi), un emploi de bureau et un… costard ?!

Et même s’ils parviennent à former un groupe à nouveau, quelles sont leurs perspectives ? Ils n’ont écrit qu’une chanson à succès, et ils sont dépassés. Ils décident donc de se tourner vers des reprises, parce que l’essentiel est de jouer, et pas vraiment ce qu’ils jouent.
C’est là l’avantage essentiel de Coverband, cette façon qu’ont les personnages d’essayer de recapturer une passion, et pas absolument de viser la gloire. Il y a tellement de séries musicales tournées vers le succès (quelle que soit la forme qu’il puisse prendre), que cette volonté rend service à la comédie pour sortir du lot même si son sujet de départ n’est pas révolutionnaire. Pour les héros, ce qui compte, c’est de retrouver la joie de jouer ensemble. Inutile de se prendre au sérieux ! Le premier épisode parvient à dépeindre cela sans tomber dans une description déprimante de ses personnages ou de leur situation (la fourgonnette de Matt ou l’appart délabré de Knuckles ne sont pas accablants mais plutôt drôlatiques), mais sans perdre de vue qu’ils ne sont pas que des losers : ils sont à la recherche de quelque chose d’essentiel.
Et du coup, quand les trois copains décident de rejouer ensemble, et de se mettre à la recherche d’un chanteur, ce qu’ils recherchent n’est pas seulement quelqu’un qui chante juste, ou qui est sympa ; ils cherchent quelqu’un qui a du charisme avant tout. D’abord parce que, trivialement, c’est un prérequis pour pouvoir être acceptés au Roach Room, mais surtout parce qu’ils ont besoin de retrouver de la passion. Ce n’est pas pour rien qu’ils le trouvent en fin de pilote, lorsque, désemparés, ils sont allés noyer leur médiocrité dans de la bière bon marché d’un bar à karaoké.

Coverband parvient à dire tout ça en une vingtaine de minutes, avec un ton léger mais sans jamais virer dans la comédie lourdingue, ce qui est un miracle vu le thème, les personnages, et la bière. Un miracle accompli par des habitués de la fiction néo-zélandaise de qualité, puisque la série est créée et produite par le collectif thedownlowconcept, déjà à l’origine de l’excellente dramédie canine Hounds. Je regrette un peu de ne pas avoir pris le temps de regarder ce premier épisode plus tôt, mais il vaut mieux tard que jamais. Par chance, et c’est rare pour une série néo-zélandaise, les épisodes sont tous mis à disposition par le collectif. Vous n’avez aucune excuse pour laisser le feu s’éteindre.

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

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