Jailbait

24 avril 2016 à 14:00

On arrive à la fin de Séries Mania, on est tous fatigués, excités par l’imminence des résultats des votes pour les récompenses, et animés par l’envie de profiter une dernière fois cette année de la convergence de quelques uns des plus géniaux téléphages du pays (et même quelques frontaliers). Aussi, je serai brève pour vous parler de la série japonaise Kangoku Gakuen projetée hier soir dans le cadre de la séance « Orient Extrême » sous le titre Prison School.

KangokuGakuen-SeriesMania-650

Nope.

…Trop court ? Booooon, ok, je veux bien développer, mais parce que vous insistez : c’est en montrant des séries comme ça (à plus forte raison en les faisant passer pour une norme télévisuelle de l’Archipel) que les gens qui regardent du dorama nippon sont regardés d’un drôle d’air. C’est difficile d’être pris au sérieux quand une comédie ouvertement vulgaire est présentée comme parfaitement courante sur les écrans japonais !
Hier, le public de Séries Mania riait pendant Kangoku Gakuen (parfois avec, souvent de, j’ai eu l’impression). Mais en-dehors de l’anecdote cocasse, entonnée sur l’air de « les Japonais, ces pervers complètement dingues avec leurs idées loufoques et leur obsessions fétichistes », on n’en retiendra rien sinon que la télévision nippone ne peut être prise au sérieux. Vous comprenez sûrement pourquoi cela me chiffonne.

KangokuGakuen-PresentationSeriesMania-650

Or soyons clairs : Kangaku Gakuen est diffusée à destination d’une minorité (certes très vocale) de spectateurs de type otaku, avec pour seul produit d’appel un manga polisson au public déjà restreint (et méprisé dans la plupart des autres cercles sociaux), dans un format qui n’est pas le standard japonais (les épisodes de la série durent une demi-heure au lieu de la majoritaire série d’une heure), en 712e partie de soirée (un peu avant une heure du matin). L’humour est à l’avenant, et les plans rapprochés sur les seins ou culottes des personnages féminins sont le fruit direct de cette diffusion à part.
Ce n’est pas non plus que Kangoku Gakuen soit une totale exception : ponctuellement, des séries similaires apparaissent sur les écrans, rarement avec du fond (j’ai eu l’occasion par le passé d’évoquer Shimokita GLORY DAYS), mais parfois, avec des surprises (on parlait encore de l’épatante Toranai de Kudasai!! l’an dernier). TV Tokyo, chaîne qui cible les otaku, est à l’origine de la plupart d’entre elles (même si Kangoku Gakuen est une série nocturne des chaînes privées MBS/TBS). Le reste de la télévision nippone ignore copieusement le « genre ».

Voilà, ce rappel ne vous en dit pas long sur la série, mais pour les centaines d’autres fois où j’ai envie de stimuler votre curiosité, aujourd’hui j’ai juste envie de vous supplier d’oublier l’existence de Kangoku Gakuen. Personnellement il me faudra quelques séances d’hypnothérapie, mais ça en vaut la peine.

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Et pour ceux qui manquent cruellement de lecture…

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